14 juin 2009
Le XV de France a écrit une nouvelle page glorieuse de son histoire en allant s'imposer en Nouvelle-Zélande (27-22) hier à Dunedin en ouverture de sa tournée estivale, au terme d'un match référence, débordant d'enthousiasme et d'abnégation.
Les Français, jamais menés au score dans ce premier test, ont remporté leur douzième victoire contre les All Blacks en 47 confrontations depuis 1906. La quatrième en terre néo-zélandaise, après les pionniers de 1979 et les héros de 1994 (deux victoires). L'équipe entraînée par Marc Lièvremont semble d'ores et déjà tournée vers la réédition de cet exploit réalisé il y a quinze ans, concentrée sur la seconde manche du 20juin à Wellington face à des All Blacks assurément remontés à bloc après leur pâle performance de Dunedin. «Je n'ai pas envie que les choses s'arrêtent là, a prévenu Lièvremont. Il ne faut pas considérer une victoire contre les Blacks comme une finalité. Je sais que ce qui nous attend samedi prochain est suffisamment copieux pour ne pas tomber dans des éloges excessifs, même si c'est vrai que les joueurs ont besoin d'être félicités.»
«On ne s'est pas laissé impressionner»
Les Français se sont en effet montrés à la hauteur de leur réputation de meilleurs ennemis des All Blacks, déjà confirmée en octobre2007 à Cardiff lors du quart de finale du Mondial-2007 (20-18). Survoltés dès le coup d'envoi, ils ont rapidement pris l'ascendant grâce à leur défense intransigeante et leur occupation subtile du camp adverse, servie par le jeu au pied de Damien Traille et Maxime Médard. Après un échange de pénalités entre Julien Dupuy et Stephen Donald, les lions furent lâchés. «Dès l'entame, on ne s'est pas laissé impressionner, a expliqué le capitaine Thierry Dusautoir. On n'a pas subi le Haka, on a su rentrer avec beaucoup d'agressivité dans cette partie. On a su être agressifs et en même temps, tactiquement, on a su être intelligents.» Les All Blacks, diminués par de nombreuses blessures, ont été rapidement débordés, tel le centre Ma'a Nonu commettant un en-avant sur sa ligne des vingt-deux mètres. La mêlée apportait le premier essai français sur un départ canon du 3e ligne Louis Picamoles pour une conclusion de l'ouvreur François Trinh-Duc au nez et à la barbe de trois défenseurs.
Médard porte le coup de grâce
Picamoles s'illustrait à nouveau dix minutes plus tard sur le deuxième essai en stoppant net une relance adverse, qui permettait à Damien Traille de s'engouffrer dans une plaie béante et de servir Maxime Médard pour une conclusion en force de William Servat. «Il faut féliciter les Français, a déclaré l'entraîneur néo-zélandais, Graham Henry. Ils étaient plus physiques que nous dans tous les secteurs de jeu et après une demi-heure de jeu, ça ne sentait déjà pas très bon.» Les All Blacks ont tout de même chèrement vendu leur peau. Un contre de quatre-vingts mètres conclu par le 3e ligne Liam Messam sur une des rares erreurs du demi de mêlée Julien Dupuy les remettait dans la partie juste avant la pause. Puis Stephen Donald ramenait les siens à égalité en inscrivant deux pénalités après la reprise mais flanchait au moment décisif en trouvant le poteau. La chance néo-zélandaise était passée. Sur une nouvelle phase de défense conquérante, Médard cueillait comme une fleur une passe de Luke McAlister pour inscrire en contre le troisième essai tricolore. La messe était dite, malgré l'essai de Nonu à cinq minutes du terme, pour l'honneur.

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