13 février 2012 - 1 réactions
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Depuis le mois de septembre, Jean-Baptiste (7 ans) et Paul-Antoine (5 ans) ne pensaient plus qu'à ça, ou presque. France- Irlande, le Tournoi des six nations, le Stade de France! Cinq mois que les visages des deux frères s'éclairaient à l'évocation de cette rencontre. Pour les deux rugbymen en herbe du RC Morlaix, le rêve allait, enfin, devenir réalité.
180 € de billets
Samedi, comme pour des centaines d'enfants venus de toute la France, le jour de fête était enfin arrivé. Partis à l'aube de Morlaix dans la voiture familiale, les précieux, et coûteux - 180 € -, billets en poche (*), ils sont arrivés en compagnie de leur père et de leur oncle au Stade de France vers 19h. Les yeux grands ouverts, ils n'ont pas raté une miette du spectacle aux abords de l'enceinte, de cette joyeuse agitation qui fait aussi le sel du Tournoi. Transis de froid mais vite réchauffés par un en-cas (au prix exorbitant), ils ont pris place derrière la moitié de terrain où se préparaient les Français. Ils ont suivi avec une minutieuse attention l'échauffement, scrutant le moindre geste de leurs héros, avec un petit faible pour Morgan Parra. Ils ont bien fait car ce fut la seule fois de la soirée où ils les auront vus...
«L'annonce? On ne l'a même pas entendue»
Bien calés dans un duvet - «merci papa» -, Jean-Baptiste et Paul-Antoine ont ensuite attendu l'entrée officielle des joueurs, la Marseillaise qu'ils chantent d'habitude devant la télé et ce fameux match. En vain et sans comprendre le pourquoi du comment. C'est par la rumeur des travées puis les huées du public que leur père a appris la nouvelle. «Des bruits circulaient mais on avait du mal à y croire. L'annonce au micro? On ne l'a même pas entendue, couverte par les bordées de sifflets», confie Julien, le papa fana de rugby, remonté par cet événement («le rugby, c'est l'après-midi!») et aussi déçu que ses enfants par cette brutale annulation. «Heureusement, les petits ont digéré assez vite la déception, persuadés que, de toute façon, ils le verront, ce France - Irlande. J'ai préféré ne pas leur dire que c'était loin d'être fait».
On remet ça?
Comme beaucoup d'autres familles, un retour au Stade de France pour assister, enfin, à cette rencontre n'est pas encore acquis. «Ça tombait vraiment bien samedi, déclare encore Julien. C'était le début des vacances, on pouvait profiter pleinement de ce week-end. Si le match se déroule en fin de semaine prochaine, nous nous arrangerons pour revenir. Sauf si c'est le dimanche soir». Sur ce point, toute la famille peut être rassurée. Il serait plus que surprenant que le comité d'organisation décide de faire rejouer ce match en nocturne. Le ridicule ne tue pas, mais il a déjà fait assez de déçus ce week-end.
(*) Pour être assurés d'avoir quatre billets pour France - Irlande, ils ont dû en acheter un autre - inutile- pour France - Italie.

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