25 janvier 2012
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> Mourad Boudjellal : "le rugby français est raciste"
Mourad Boudjellal, ancien important éditeur de BD et président de Toulon depuis 2006, comparaissait ce mercredi, pour avoir déclaré avoir "vécu une sodomie arbitrale" le 8 janvier après la défaite de son équipe à Clermont (25-19) en Top 14.
La commission annoncera sa décision ce jeudi, a indiqué son président, François Guers. Elle est susceptible d'appel sous dix jours devant la Commission fédérale.
Une trentaine de journalistes, photographes et caméras attendaient M. Boudjellal avant son audition à laquelle a également participé Pierre-Yves Revol, le président de la LNR, à l'origine de la saisine avec son homologue de la Fédération, Pierre Camou. "On a compris qu'on n'était pas d'accord. Deux mondes se sont affrontés, deux conceptions des choses. Les gens que j'ai rencontré ont du mal à dire qu'il y a des problèmes d'arbitrage. Ils parlent d'évolution quand moi, je parle de révolution. Donc, on ne peut pas s'entendre", a déclaré M. Boudjellal à la sortie de l'audience.
"C'est ma façon de parler, c'est mon éducation"
Le président toulonnais n'a "pas de regrets particuliers". "C'est ma façon de parler, c'est mon éducation. J'aurais pu dire une nouvelle fois: "ce soir, on était seize contre quinze". Je suis issu d'une culture... si vous regardez Groland, les Nuls, le mot "sodomie" ne vous choque pas", a-t-il souri, amusé de ce débat étymologique "avec des gens très sérieux."
"Je reconnais que je mérite une sanction"
"Je reconnais que je mérite une sanction. J'ai mis en cause l'impartialité d'un arbitre", a cependant déclaré M. Boudjellal, qui avait de nouveau concentré l'attention mardi en estimant, dans un entretien accordé au quotidien La Provence, que le rugby français était "raciste." "J'ai passé 25 ans dans l'édition, j'étais un éditeur énervant, il n'y avait jamais de commentaires racistes. Cela fait six ans que je suis dans le rugby et il y a un certains nombre de commentaires qui sont racistes. C'est un simple constat. Mais je n'ai pas attaqué les institutions", a-t-il martelé mercredi.
Ces propos sur le racisme, qui n'étaient pas l'objet de l'audience disciplinaire de mercredi, ont été condamnés par le président de la Fédération française de rugby, Pierre Camou.
M. Boudjellal a en revanche reçu ce mardi le soutien de la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab. "Déporter le débat sur le racisme" est "complètement hors sujet", a de son côté estimé M. Revol. "Cela fait 24 ans que je suis dans le rugby, que je m'occupe de clubs de rugby. J'ai eu des joueurs de toutes nationalités, de toutes couleurs et je ne crois pas, heureusement, avoir été confronté à un problème de racisme", a-t-il déclaré à la sortie de l'audience, avant de convier M. Boudjellal dans un bar proche de la rue de Liège (9e) à la vue des caméras.

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