19 septembre 2009 - 1 réactions
Laure Manaudou, la plus grande championne française des années 2000, a annoncé, hier, à l'âge de 22 ans qu'elle prenait sa retraite, après avoir dominé la natation mondiale entre2004 et2007.
Championne olympique et du monde, seule sportive française contemporaine dont l'image a largement dépassé les limites de son sport, Laure Manaudou a choisi d'annoncer son retrait des bassins de natation dans le quotidien LeParisien d'hier: «J'arrête. Cela n'a pas été une décision difficile à prendre (...). Ce n'est pas un coup de tête. Tout cela a mûri doucement», a-t-elle déclaré. Enceinte, selon plusieurs sources dans son entourage, elle est aujourd'hui installée à Marseille, où elle partage sa vie avec Frédérick Bousquet, l'un des meilleurs nageurs au monde sur 50 et 100 mètres. La médaillée d'or aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 (400m nage libre) n'avait plus nagé en compétition depuis les jeux de Pékin en août2008, qui avaient tourné au fiasco pour elle. Fatiguée moralement, elle avait décidé de faire une longue pause. À22 ans, c'est donc clairement par lassitude que Manaudou a jeté l'éponge. Après avoir passé son adolescence, depuis l'âge de 14ans, à nager au moins 14km par jour et à fréquenter les salles de musculation, elle avait tout simplement perdu l'envie.
Tout pour plaire
Laure Manaudou avait pourtant tout pour plaire. Elle est jolie, élancée et fine. Elle est jeune, outrageusement talentueuse, a un caractère bien trempé et s'est associée avec un entraîneur très atypique, PhilippeLucas, qui l'a menée au sommet. Le côté glamour de la jeune femme séduit également. Les entreprises ne s'y sont pas trompées et les contrats ont afflué. À son apogée, en mars2007, la nageuse gagnait 2,3millions d'euros par an, selon le journal L'Équipe, contre «seulement» 200.000EUR en 2009. Manaudou, déjà sous contrat avec un équipementier, est ainsi devenue l'ambassadrice d'une marque de produits de luxe en avril2005 (environ300.000EUR annuels). Surtout, sur les braises de son triomphe aux Mondiaux 2007, à Melbourne (cinq médailles dont deux en or), Laure Manaudou a paraphé un contrat avec la holding Artemis, portant sur un million d'euros par an, dont la seule contrepartie était la poursuite de sa carrière. Une opération de mécénat unique dans le sport français. Jamais une sportive n'avait autant suscité l'intérêt économique. Mais depuis qu'elle avait quitté, fin 2007, PhilippeLucas, la nageuse n'avait jamais retrouvé le niveau qui avait été le sien entre les Jeux d'Athènes et les championnats du monde de Melbourne. Et la longue pause qu'elle avait observée depuis les jeux de Pékin ne lui a pas rendu sa motivation. «L'envie n'est pas revenue», avoue-t-elle. «J'ai aujourd'hui d'autres centres d'intérêt, d'autres passions...».
«J'espère qu'on va me laisser tranquille»
«Il y a aussi la pression médiatique. Quoi que je fasse, je suis toujours épiée (...). J'espère qu'on va me laisser tranquille», avoue aussi l'ex-championne, dont la vie était devenue un feuilleton pour magazines people. Malgré sa réussite totale sur le plan sportif, Manaudou regrette d'avoir abandonné ses études à14ans pour tout sacrifier à la compétition. «J'ai toujours parlé de natation toute ma vie, confesse-t-elle. Quand je suis en face de quelqu'un qui n'est pas de ce milieu, je n'ai pas grand-chose à raconter. Et en plus, je suis timide». Aux jeunes qui rêvent d'une carrière comme la sienne, Manaudou conseille aujourd'hui la prudence: «Qu'ils vivent leur passion... mais qu'ils n'arrêtent pas leurs études. C'est important pour se construire, s'évader, penser à autre chose. Moi, j'aurais eu besoin parfois d'avoir quelque chose à côté de la natation».
«Que les jeunes qui rêvent de carrière vivent leur passion... mais qu'ils n'arrêtent pas leurs études. C'est important pour se construire, s'évader... ».»
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