11 mai 2009
Qui est plus heureux qu'un nageur avec palmesdans l'eau ? Réponse :60 nageurs.Ceux quiont assuréla 28e descente du Trieux, hier matin.
8h30, hier, à la cale de LaRoche-Jagu. Le ciel nuageux apporte un petit air plus que frisquet. Sur place, petit à petit, de drôles d'énergumènes arrivent. Frileux, le bout des doigts déjà violets, ils se déshabillent pourtant sans retenue pour enfiler une bonne combinaison de 2,5mm d'épaisseur minimum. Aux pieds, des palmes. Deux ou une seule, c'est selon. L'humeur. L'envie. La sensation. Venus de toute la région Bretagne, ils se préparent à descente le Trieux à la nage. Soit neuf kilomètres dans une eau qui avoisine à peine les 13º.
Avec le sourire
Masochistes? Même pas? Confirmés. Ils affichent tous une belle bonne humeur et un large sourire. Jacques et Françoise, venus de Rennes pour la troisième fois, confirment le plaisir. «On fait partie d'un club et on participe à plusieurs sorties par an. Ici, c'est facile jusqu'au pont de Lézardrieux. Passés les premières sensations de froid dans l'eau, le pont est toujours un problème à cause des courants. Il ne faut pas se tromper d'axe. Si on le prend bien, il nous est favorable. Sinon, ça peut être franchement la galère». Un peu plus loin, Simon, de Concarneau, se graisse le corps. «Pour enfiler la combinaison c'est mieux». À côté, Jacques sourit en dévoilant une légère bedaine. «Moi, la graisse, je l'ai naturelle!». Faut-il un super-équipement à la Alain Bernard, le nageur sans palmes? ThierryPotonnier, responsable régionalà la Fédération de la nage palmée est venu de La Roche-sur-Yon pour la première fois.
Le plaisir de la glisse
«À mon avis, 2,5mm d'épaisseur pour une combinaison, c'est l'idéal. Le plaisir réside dans la palme elle-même. Quel que soit le choix, mono ou bi, elle apporte une sensation de glisse, de vitesse, et tout cela, en milieu naturel. C'est formidable!». S'il le dit, on veut bien le croire... Les plus anciens ont 78 et 82 ans. Bon pied, bon oeil, les dames veillent à l'intendance à terre et n'ont pas oublié l'appareil photo. «Tant qu'ils pourront le faire, c'est formidable. Ils n'ont pas de problèmes de santé, mis à part un peu d'asthme mais ça va, ils assurent». Jean-Paul Le Goffic, président du club organisateur, donne le top départ avec quelques minutes de consignes et de conseils. Vite, on ne distingue plus les têtes mais comme une immense vague de marsouinage. De drôles d'énergumènes, on vous disait.
