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Handisport. Le judo pour oublier le handicap

16 février 2010

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Formidable moyen d'intégration, le judo est proposé aux résidants malvoyants ou malentendants dufoyer Pipark àBrec'h.

Le foyer Pipark à Brec'h accueille une cinquantaine d'adultes déficients visuels et auditifs avec pour but de favoriser leur ouverture sur le monde extérieur en promouvant leur autonomie. Beaucoup de résidants ont besoin de faire des activités car les journées sont longues autrement. Depuis un peu plus d'un an, ils ont la possibilité de découvrir le judo, deux vendredis sur trois, avec Lionel Le Dorze, professeur au Dojo alréen. Si les activités manuelles se font en interne, le sport nécessite un contact avec le monde extérieur, au même titre que le théâtre et les sorties médiathèque ou ludothèque.

Gommer les différences

«Nous mettons tout en oeuvre pour favoriser l'intégration de nos résidants. Le sport est une activité essentielle pour y parvenir car il permet de côtoyer des valides et de gommer certaines différences. Randonnée, tandem, expression corporelle, piscine, équitation, judo, sont très appréciés par nos résidants qui n'ont vraiment pas le temps de voir passer les journées», rappelle Chantal Mahieux, directrice du foyer. Ce n'est pas tout à fait par hasard que l'atelier «découverte du judo» a été mis en place en janvier2009. «Le but était avant tout de faire découvrir le judo. Etre handicapé n'exclut pas la pratique du sport, bien au contraire. Mon père est président du club de judo et ma mère présidente de l'association Gabriel-Deshayes. Alors forcément ça a favorisé le rapprochement», explique Nicolas Renard, qui était à la première séance et vient aider Lionel Le Dorze dès que son emploi du temps le permet.

Une autre façon de s'exprimer

En général, la séance dure une heure et demie, mais il arrive qu'elle soit écourtée comme ce fut le cas vendredi. Parce qu'ils n'étaient que cinq présents (ils sont dix participants réguliers), la fatigue a obligé Lionel Le Dorze à interrompre l'atelier au bout d'une heure. «Ils viennent vers toi et à un moment ils reculent. Ça veut dire qu'ils en ont assez. Inutile alors d'essayer de continuer». Les séances d'handijudo sont identiques à celles des débutants, seule la façon de s'exprimer est différente. «Il faut répéter, sans arrêt répéter. Et il n'y a pas que le judo, le jiu-jitsu est également préconisé. Comme pour un entraînement classique, la séance démarre toujours par un échauffement debout et au sol. Vient ensuite la phase où ils s'amusent à faire chuter les autres sur des gros tapis, puis le travail spécifique». Parce qu'il ne maîtrise pas le langage des signes, Lionel Le Dorze doit tout baser sur le visuel pour expliquer les exercices auprès des malentendants et sur la parole pour les malvoyants. Et ça marche. Rodolphe suit l'entraînement des valides le vendredi soir et Carole a participé au grand gala du Dojo alréen. En effet, quand c'est possible, ils suivent les entraînements du Dojo alréen. «Ça permet aussi aux valides de relativiser et de mieux se rendre compte que la vie n'est pas toujours facile», conclut Lionel Le Dorze.

Et du côté de la compétition?

Il est encore trop tôt pour oser parler compétition au sein du groupe Judo handisport du foyer Pipark. «L'apprentissage vient de commencer, il faut encore attendre pour en envisager cette éventualité. Et puis ce n'est pas aussi simple que ça à mettre en place», annonce Lionel LeDorze. Le judo pour déficients visuels est une discipline des Jeux paralympiques depuis 1988 (Séoul en Corée du Sud). Le sport pratiqué est le même que celui des valides et les grades sont identiques. Les seules adaptations concernent l'arbitrage. Certaines tactiques, comme les sorties de tapis et la rupture de garde, ne sont pas utilisées, ce qui donne un combat plus orienté vers l'offensive que chez les valides. Les compétitions féminines et masculines sont organisées depuis le degré national jusqu'au plus haut niveau international. Les handicapés physiques (amputés, hémiplégiques, infirmes moteur d'origine cérébrale, paraplégiques) pratiquent en loisir un judo différent, axé sur la maîtrise technique et débouchant sur la self-défense. Des challenges régionaux commencent à se mettre en place pour ces catégories de pratiquants.

«Ça permet de bouger!»

Il y a environ un an, Carole a intégré le groupe handijudo à la suite d'un essai pour faire comme ses copains et ses copines. «J'ai voulu essayer et ça m'a plu. Faire du judo, c'est un peu fatigant mais ça fait du bien, ça permet de bouger». Le 30mai 2009, elle a participé au grand gala du Dojo alréen à Athéna. Elle participe, elle aussi, au projet de randonnée Auray-Vannes.

«C'est mon sport!»

Rodolphe a commencé le judo en 1995, à 16 ans. Après quatre ans de pratique, il arrête, pour reprendre il y a un peu plus d'un an. Parce que le judo lui permet de se dépasser, Rodolphe se sent bien sur le tatami. «J'adore le judo. Lionel est un bon prof qui m'a permis d'obtenir ma ceinture verte et bleue l'an dernier». «Je fais aussi de la marche. Nous avons commencé à préparer Auray-Vannes».
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