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Mathieu Le Dour. Maout costaud du gouren

11 août 2009

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Meilleur lutteur des championnats de luttes celtiques au printemps dernier à Glasgow, Mathieu Le Dour attache aussi beaucoup d'importance au «Maout». Son cinquième mouton gagné au Tournoi de St-Cadou à Gouesnac'h est tout un symbole.

En dix ans de lutte bretonne, Mathieu Le Dour aura porté sur ses solides épaules plus d'une tonne de moutons vivants. «Avec celui de Saint-Cadou c'est le 38e!», se remémore celui qui n'en fait pas un élevage pour autant. Quid de ces braves ovidés une fois durement gagnés? «Ça dépend. Je les offre à des amis. Certains coulent une vie paisible à tondre les jardins. Mais la majorité, moins chanceuse, finit en méchoui!» Comme celui qu'organisera Mathieu chez lui, début septembre à Saint-Hernin : «Il est normal que celles et ceux qui ont transpiré aient aussi leur part du festin». Un bon moment en perspective où l'on se repassera le film d'une saison de gouren et de back hold (lutte écossaise) prolifique pour les «Gwen ha du».

Entre les deux

Ces couleurs nationales, Le Dour, licencié au Faouët, et toute l'équipe de Bretagne les ont portées vers des sommets rarement atteints cette année. Né en 1980 à Carhaix, Mathieu Le Dour a commencé à 8ans par le judo. Aujourd'hui ceinture noire deuxième dan au Dojo Club de Quimper (vice-champion de Bretagne 3edivision) il se partage entre les deux disciplines. Alors pourquoi et comment le gouren? «Je l'ai découvert en 1999, à Langonnet lors de la Fête de la langue bretonne. Deux semaines plus tard, je disputais ma première compétition. Le judo, c'est très bien, mais puisque nous avons ici un sport de tradition, pourquoi aller le chercher aux antipodes?»

«Une famille»

Très attaché à la culture bretonne, ce champion bivalent n'hésiterait pas s'il fallait choisir. «Le gouren assurément. La Bretagne est seule à posséder sa propre lutte régionale officielle. Et puis, l'état d'esprit me convient. Au judo, le club est une famille, mais au gouren c'est toute la fédération qui en est une. Mes adversaires sont forcément mes amis.» Pas du genre, toutefois à leur faire de cadeaux au combat le Mathieu! Quant à la technique, le beau duel donné dans la sciure de Saint-Cadou (patron des lutteurs), contre son ami quimpérois Tudy Le Meur (lui aussi champion d'Europe), aura impressionné les spectateurs, néophytes ou non. «C'est plus difficile à gagner qu'un championnat d'Europe», certifie ce sportif au palmarès significatif. Digne descendant de la lignée des Padrig Le Goarnig, Patou Le Meur et quelques autres, l'époux de Marie Anna Sohier, Reine de Cornouaille 2003, aspire à promouvoir son sport davantage: «À commencer par le réintroduire au Festival à Quimper, par exemple.»

  • Gérard Classe
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