14 décembre 2010
DIMANCHE 15 NOVEMBRE 2009.
Non qualifié pour le tournoi de Hong Kong, François Delamontagne se rabat sur le JBWere Masters, en Australie, où il doit réussir une belle perf' pour rester dans l'élite européenne sans passer par le couperet du barrage des cartes. Pari réussi pour le Rennais qui décroche le premier podium de sa carrière pro. «S'il n'y avait que des parcours comme ça, je finirais dans les 30 premiers européens tous les ans. Il faut être créatif, inventif, c'est ce qui m'amuse quand je joue au golf. C'est vraiment un week-end parfait», déclare-t-il alors, soulagé.
JEUDI 10 DÉCEMBRE 2009.
Le but de la saison 2010 est de remporter, enfin, un tournoi. Premier rendez-vous à Malelane, en Afrique du Sud, et premier accroc. Dix trous et puis s'en va! «De reprendre après un petit mois de vacances, ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux. J'étais parti pour jouer deux semaines. Le premier jour, au trou nº11, après avoir déjà mis trois balles à la frontière mozambicaine (sic), j'ai décidé de rentrer. Je ne pouvais plus. Il me restait six balles dans le sac et je savais que j'allais toutes les perdre. Autant arrêter les frais...»
DIMANCHE 31 JANVIER 2010.
Premier cut passé, au Qatar (45e), après un nouveau break. Entre-temps, le Rennais, qui réside à Paris, s'est remis en question et a décidé de consulter un psychologue, à Lyon. La raison? «J'ai des crises d'angoisse qui durent depuis deux ans et qui me bloquent lors des mises en jeu. On essaye d'identifier le problème et de l'éradiquer. On discute, on réfléchit, je pense qu'on est parti sur la bonne voie. Ça va déjà un peu mieux depuis 15 jours...»
VENDREDI 23 AVRIL 2010.
Deux mois et demi plus tard, Delamontagne, qui a décroché une 12e place en Andalousie, ne parvient pas à passer le cut de l'Open de Chine. Ce n'est pas dès le vendredi soir qu'il rentre en France mais une petite semaine plus tard. La faute à... Eyjafjöll. Non, ce n'est pas un golfeur finlandais mais le volcan islandais entré en éruption, dégageant un nuage de cendres qui bloque tous les transports aériens. «Ce sont les aléas quand on voyage beaucoup... Je m'en suis hyper bien sorti, ça m'a juste coûté cinq jours de plus au Méridien de Shanghaï. Ce fut juste une histoire de temps... et une anecdote marrante à raconter après.»
DIMANCHE 16 MAI 2010.
Sous les yeux de sa mère et de sa soeur, Delamontagne termine à la 32e place de l'Open de Majorque, qui suit une 17e à celui d'Italie. «J'ai repris confiance», annonce-t-il. A voir...
LUNDI 30 AOÛT 2010.
Les sourires se sont envolés depuis longtemps à l'heure de prendre le train pour la Suisse après un énième passage chez son psy à Lyon. Les résultats sont catastrophiques et son coach (Patrice Amadieu) désemparé. Un cut passé sur les neuf derniers tournois avec, quasiment à chaque fois, une bonne journée et une seconde à oublier. «Ce n'est pas trop le problème du vendredi. En Ecosse, malgré une première journée correcte, je ne me faisais assez peu d'illusions pour le lendemain. J'ai fait une grosse partie de putting donc j'ai réussi à m'en sortir, mais je me doutais bien que je n'arriverais pas à jouer aussi bien deux jours de rang. Ça fait six mois que je ne peux pas driver. Je bricole un peu. Je préfère donc assurer mais, du coup, les parcours sont longs... Je vais me battre jusqu'au bout mais je me sens un peu impuissant. C'est mental. Avec mon psy, on travaille. Ça ne va pas venir comme ça mais quand on trouvera la solution, ça sera très très bon.» Heureusement, il lui reste le Stade Rennais, son club de coeur, pour lui remonter-un peu - le moral...
DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010.
Delamontagne aime Paris, c'est d'ailleurs là où il a récolté le meilleur gain de sa carrière (4e à l'Open de France en 2005). Cette fois, c'est lors de la Vivendi Cup qu'il est en passe de s'imposer. Quatrième avant la dernière journée et à trois coups du leader, toujours dans le coup à six trous de la fin, le rêve finit par s'envoler. «Je rate cinq puts de trois mètres sur les six derniers trous. Deux puts réussis auraient suffi à mettre plus de pression sur les autres. Cela reste un bon week-end. C'est la première fois que je suis en position de gagner et où, vraiment, j'en ai envie et je fais tout pour. J'étais pourtant bien malade en début de semaine et ça a peut-être joué sur la fin.» Un déclic? «On verra.» Sa voix n'incite pas vraiment à l'optimisme...
LUNDI 8 NOVEMBRE 2010.
Depuis le rayon de soleil parisien, trois tournois et trois nouveaux cuts manqués. L'heure est à l'attente d'un éventuel engagement pour Hong Kong. «J'ai le billet d'avion et la réservation pour l'hôtel. Mais je ne suis que 23e réserve pour l'instant. Je ne m'attendais pas à me retrouver si loin.» La sanction tombera une semaine plus tard: pas d'Asie pour le Rennais, qui jouera sa survie dans l'élite européenne sur un tournoi de six tours.
MERCREDI 1er DÉCEMBRE 2010.
«Avec la saison que je viens de faire, c'est la suite logique de passer par les cartes», constate, amer, le Breton. «Les sept premiers mois de l'année ont été catastrophiques. J'ai la sensation d'avoir commencé la saison mi-septembre». Et c'est du 4 au 9décembre, à Gijon, qu'il aura la possibilité de la sauver lors de la finale des cartes européennes. En attendant, celui qui avait évoqué l'intention d'arrêter sa carrière en cours de saison dernière est déjà motivé pour la prochaine. «Je ne jouerai pas de tournois pendant trois voire quatre mois, je ne vais faire que m'entraîner. Ça va être intensif au niveau physique. J'irai deux fois une semaine à Dubaï, une semaine à la montagne faire du ski de fond. Le premier tournoi en Afrique du Sud, l'année dernière, m'avait bien mis la tête à l'envers...»
VENDREDI 10 DÉCEMBRE 2010.
17h : le Rennais peut déguster une bière bien méritée après avoir sauvé sa place au terme d'un tournoi riche en émotions, à l'image de sa saison, résumée par un dernier jour à grand suspense. Remonté au courage durant quatre jours après un premier tour catastrophique (+3, -4, -4, 0, -4), Delamontagne a cru tout perdre en six trous et trois bogeys alors que le maintien semblait en poche. Finalement, c'est avec un coup d'avance sur le premier «recalé» qu'il sauve son année. Un coup. «Ce fut une saison frustrante mais pleine d'espoirs», conclut Delamontagne, soulagé après avoir vécu douze mois en enfer.
13 mai 2012 à 20h10

12 mai 2012 à 13h49 - 1 réaction(s)