18 mai 2009
Lee S James a remporté, hier, l'Open de Pléneuf-Val-André après un dernier tour à grand suspense achevé par un play-off entre l'Anglais et l'Allemand Florian Fritsch.
14etrou, hier après-midi à Pléneuf-Val-André. L'Allemand Florian Fritsch, en tête depuis la veille, mène de trois coups, -9 contre -6, devant l'Anglais Lee S (pour Scott) James. Leur partenaire de partie, le Suédois Joel Sjöholm, tout de jaune et bleu vêtu, les couleurs de son pays, est déjà loin derrière.
Deux doubles bogeys d'affilée
Fritsch (23 ans), impérial depuis le début de la journée malgré le vent et la pluie s'invitant par intermittence, n'a jamais été rejoint. Et quand James (36 ans) est revenu à un coup au trou n°5, il a vite repris ses distances avec des birdies au 7, au 10 et au 11. L'Anglais eut beau réussir un eagle au trou n°11, l'Allemand a de la marge et rien ne semble pouvoir l'inquiéter à l'entame de la 14eétape avant son sacre. Mais, sur ce par 4, tout va basculer! Un deuxième coup trop loin du green qui finit dans les arbres, une balle à rejouer et un put trop long. Résultat: un double bogey quand James, qui a attaqué avec brio au drapeau, réussit un birdie. Les deux hommes sont à égalité! Et la chute va continuer pour le golfeur d'Hendelberg, qui trouve le bunker au 15 avant d'y retomber en tentant d'en sortir. Nouveau double bogey! James ne laisse pas passer cette occasion en or et, avec le par, prend deux coups d'avance sur l'ancien leader (-7 contre -5).
La tension monte
Alors que les deux hommes plaisantaient entre les coups depuis le départ, que les sourires et les mots d'encouragement étaient de mise, la tension monte de plusieurs crans en quelques minutes. La pression a changé d'homme car, au trou suivant, James, avec un bogey, perd un coup sur Fritsch, auteur d'un par au poing rageur. Malgré des approches délicates, les deux hommes restent sur leur position avant le dernier trou et son green pour le moins délicat à négocier. Fritsch, qui n'avait pu réaliser qu'un bogey la veille, s'en souvient encore mais n'a pas le choix: il doit reprendre un coup à James. Ce dernier, serein malgré les terribles rafales de vent, réalise un beau par avant que Fritsch ne joue son va-tout sur un put de trois mètres en dénivelé... qui rentre! Birdie, -6 partout et play-off à suivre!
Un put à 24.000euros
Le temps de valider leurs cartes, les deux hommes sont de nouveau au départ du 18. Premier coup sur le fairway, deuxième sur le green, à un mètre du drapeau pour James, à trois pour Fristch, qui manque le birdie. James a la victoire, et les 24.000euros de dotation, au bout de son club. Cette fois, il ne tremble pas et peut, la balle entrée, afficher un sourire éclatant au public, aux anges avec cette fin de partie sous haute tension.
James ravi... Fritsch aussi
«Cela représente beaucoup pour moi. Ça fait sept ans que je n'ai pas remporté de tournoi. J'ai su restercool. Les trois derniers jours ont vraiment été très durs mais je suis ravi que cela se termine comme cela», pouvait déclarer, après avoir joint sa famille par téléphone, le vainqueur du Challenge Tour 2002. De son côté, Florian Fritsch gardait le sourire: «C'est OK, il n'y a pas de problème pour moi. Je suis heureux d'avoir réussi une belle fin de partie sur trois derniers trous difficiles alors que je venais de faire deux doubles bogeys. C'était la première fois que je jouais un play-off. Cela me servira pour la suite. C'était un très beau tournoi pour moi.» Un très beau tournoi pour lui, pour James évidemment, mais aussi pour tous les spectateurs et les organisateurs, qui ne pouvaient rêver meilleur dénouement que ce final haletant.
Lorsque les éléments se déchaînent, les golfeurs perdent souvent leurs repères. Hier, les deux Julien, Guerrier et Quesne, premiers Français avant d'entamer le final, ont établi des performances mi-figue, mi-raisin. Parti avec un score de - 4 au matin de ce dernier jour de compétition, Julien Guerrier, 23 ans, était la meilleure chance tricolore de victoire, d'autant plus qu'il avait déclaré aimer le... vent. «Mais, il y a eu un vent de fou, souffle-t-il! J'ai eu des surprises au trou 8 et au 9 et ça m'a coûté cher. Puis, le vent au putting, c'était dur.» En fait, le neuvième trou a été le tournant pour le natif d'Evreux qui a dû se résigner à rendre les armes. Un drive calamiteux suivi d'une balle dans un... rocher, Guerrier n'a pu éviter un triple bogey. Rédhibitoire pour jouer le titre. S'il a rendu une carte de 75, hier, se classant sixième et... meilleur Français, Julien «le caïd» a confié n'avoir «pas si mal joué que ça» avant de prendre la direction de Turin où il disputera une autre étape du Challenge Tour. Turin est aussi la prochaine destination de Julien Quesne. Malgré un score de+8, hier, l'un des grands espoirs du golf «bleu blanc rouge» a apprécié son séjour venteux à Pléneuf. «Il fallait s'accrocher pour mettre les puts mais j'ai pris les choses avec philosophie», sourit le 25e (+8hier, 6 sous le par total) du classement final derrière ses compatriotes Nicolas Joakimides (6e), Dominique Nouailhac (14e) et l'amateur Victor Dubuisson (17e). «La semaine a quand même été bonne, estime Julien Quesne. Je participe à ce tournoi pour la cinquième fois et j'aime l'ambiance chaleureuse, le joli cadre d'ici. Cette année, parmi le public, il y avait mon père, venu de Nogent-le-Rotrou ainsi que des amis. Malgré la tempête, voir autant de spectateurs sur ce parcours, c'est beau!» Oui, l'ouverture de la saison en Europe du Challenge Tour a été belle. Dans le vent!
1. Lee S James (274) (65,70,71,68) -6, vainqueur en play-off; 2. F.Fritsch - 274 (65, 73, 66, 70) -6; 3. J.Parry - 277 (67, 68, 72, 70) -3; 4. M.Korhonen - 278 (69, 72, 71, 66) -2; 5. Th. Feyrsinger - 280 (69, 69, 70, 72) 0; 6. A.Marshall - 281 (70, 68, 70, 73) 1, L.Kennedy - 281 (69, 74, 71, 67) 1, S.Jeppesen - 281 (65, 70, 75, 71) 1, J.Guerrier - 281 (66, 69, 71, 75) 1, J.-A. Larsen - 281 (67, 71, 72, 71) 1, N.Joakimides - 281 (69, 72, 70, 70) 1; 12. J. S.Lima - 282 (68, 70, 70, 74) 2, N.Colsaerts - 282 (68, 73, 71, 70) 2; 14. D.Nouailhac - 283 (70, 68, 73, 72) 3, N.Smith - 283 (70, 74, 69, 70) 3, A.Butterfield - 283 (75, 69, 67, 72) 3; 17. J.Sjoholm - 284 (66, 74, 66, 78), 4, A.Tampion - 284 (68, 68, 73, 75) 4, V.Dubuisson (AM) - 284 (66, 77, 67, 74) 4; 20. B.Teva Lecuona - 285 (70, 72, 73, 70) 5... 25. A.Kaleka (AM) - 286 (68, 71, 76, 71) 6; 43. G.Plumet - 289 (69, 71, 74, 75) 9, B.Hébert - 289 (69, 73, 74, 73) 9; 49. F.Calmels - 291 (70, 71, 74, 76) 11; 54. Ch. Brazillier - 292 (68, 75, 69, 80) 12; 58. F.Cupillard - 293 (72, 72, 72, 77) 13, J.-F.Remesy - 293 (73, 69, 74, 77) 13; 64. V.Riu - 296 (64, 73, 77, 82) 16; 66. J.-N. Billot - 297 (68, 73, 77, 79) 17; 69. A.Bernadet - 298 (69, 74, 80, 75) 18; 70. F.Schoettel - 299 (69, 72, 85, 73) 19, J.Guillet - 299 (70, 73, 75, 81) 19.
«Ça fait sept ans que je n'ai pas remporté de tournoi. J'ai su rester cool.»
