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Football

Mondial 2010 (barrages). L'Eire veut rejouer le match ! [Video]

20 novembre 2009 - 5 réactions

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«Volée» par un «tricheur», l'Irlande veut rejouer son match retour en France, indignée d'avoir été éliminée du Mondial 2010 par la faute d'un but venu d'une «main volontaire» de l'attaquant Thierry Henry.

Au moment exact où le sélectionneur italien Giovanni Trapattoni expliquait que rejouer cette rencontre lui semblait «impossible», sa fédération (FAI) a publié un communiqué pour demander, au contraire, à la Fédération internationale (Fifa) de se prononcer en faveur d'un nouveau match. «Cette décision grossièrement incorrecte de l'arbitre (suédois Martin Hansson) a mis à mal l'intégrité du sport et nous demandons désormais à la Fifa, en tant qu'instance mondiale de notre sport, de faire en sorte que ce match soit rejoué», a fait valoir la FAI, insistant sur le caractère «volontaire», selon elle, de la main de Henry.

«Petits poucets irlandais»

Le règlement de la Fifa, comme la jurisprudence, donnent peu d'espoir aux Irlandais. Cette réaction de la fédération fait suite à des demandes du Premier ministre irlandais Brian Cowen, du ministre irlandais de la Justice Dermot Ahern, et du sélectionneur adjoint Liam Brady.

Selon Ahern, «si le match n'est pas rejoué, cela renforcera l'idée que si vous trichez, vous gagnez». Il s'est toutefois montré peu optimiste sur l'issue de cette requête des «petits poucets» irlandais. L'élimination de la France a été accueillie avec indignation en Irlande.

«Nous, les Irlandais, haïssons Thierry Henry le tricheur» : ce groupe, sur le site de socialisation Facebook, a immédiatement réuni des milliers d'internautes, l'un d'eux annonçant qu'il allait vendre sa voiture de marque française acquise la semaine passée. Un appel à boycotter les produits français est lancé.

Tony Cascarino, ancien buteur de l'Irlande et de l'Olympique de Marseille, n'a pas mâché ses mots : l'attaquant de Barcelone est «un tricheur hypocrite qui a terni sa réputation pour de bon», «un faussaire».

Déjà outrés par la décision de la Fifa d'introduire des têtes de série pour les barrages, de nombreux Irlandais sont convaincus que les instances internationales souhaitaient, pour des raisons commerciales, que les grosses nations, dont la France, se qualifient pour la phase finale du Mondial.

Vidéo et arbitrage à cinq

Le capitaine Robbie Keane l'a explicitement dit sur la BBC: «Ils sont sans doute en train d'applaudir, (le président français de l'UEFA Michel) Platini assis, au téléphone avec (celui de la Fifa) Sepp Blatter, ou s'échangeant des SMS, ravis du résultat».

L'actuelle comme les anciens ministres des sports se sont, eux, prononcés pour un renforcement de l'arbitrage. Comme Marie-George Buffet (PCF), ministre entre 1997 et 2002, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, s'est dite favorable à l'arbitrage à cinq «avec deux arbitres derrière les cages», une organisation actuellement testée par l'UEFA dans des rencontres d'Europa League.

Jean-François Lamour (UMP), ministre de 2002 à 2007, a plaidé pour l'utilisation de la vidéo «qui marche très bien en rugby» mais auquel la Fifa et l'UEFA sont opposés.

La presse européenne se déchaîne

«Une honte», s'exclame à Lisbonne le Diario de Noticias, tandis que Record titre: «Un but scandaleux qualifie la sélection gauloise». «La France, une championne du Monde, arrivera au Mondial avec le maillot entaché par un but de tricherie marqué au cours d'une prolongation d'agonie au terme d'un match lamentable», assène de son côté l'Espagnol El Mundo. L'Italie, pays du sélectionneur de l'Irlande Giovanni Trapattoni, est également sévère: «Trap: quel vol», titre en une et en lettres énormes le quotidien spécialisé Gazzetta dello Sport, qui commente: «Un but salaud, amené par Henry avec une action digne du handball en plein coeur de la prolongation, arrache le vieux Trap du Mondial 2010», poursuit le quotidien. En Espagne, le quotidien sportif AS s'interroge sur la coupable erreur d'arbitrage du Suédois Martin Hansson, y voyant «un coup de main à Platini» (président de l'UEFA). Cet arbitre «est de ceux qui se trompent toujours de la façon qui convient au patron, en l'occurrence Platini, c'est ainsi qu'il fera carrière», assène AS dans son éditorial.

Parmi les plus grands tricheurs du sport

Mais, plus que l'arbitre, c'est surtout l'auteur de la faute que condamnent les journaux. Rappelant que Thierry Henry avait été «jusque-là un modèle», le quotidien portugais A Bola écrit: «Henry, l'insoupçonnable Henry, a en plus eu le culot de fêter dans l'euphorie l'un des tirs les plus mensongers de l'histoire du jeu (...) Mentir en mots c'est moche, mais mentir en gestes peut être obscène». A Madrid, le quotidien sportif Marca publie la photo de la faute de main et estime que «la France se qualifie avec un scandaleux but irrégulier (qui porte) un coup à la ligne de flottaison du fair-play». Même tonalité en Grande-Bretagne: «Henry le tricheur fait une Maradona» (en référence à un but célèbre de la main en 1986), titre le Sun, tandis que le Daily Express se contente de: «Le Cheat» (ndlr: le tricheur), à côté d'une photographie de l'ancienne idole d'Arsenal. En Allemagne, SportBild accompagne son article d'un diaporama ur les «plus grands tricheurs du sport» parmi lesquels figurent Maradona, Flavio Briatore, ou encore Ben Johnson. Het Laatste Nieuws, le quotidien le plus lu en Belgique, conclut en affirmant que cette main restera aussi célèbre que celle de Maradona à la Coupe du monde en 1986, la fameuse main de Dieu.

Une image détestable

Aujourd'hui, on ne voudrait pas être à la place des éducateurs sportifs. Comment véhiculer aux gamins, mus par la passion de leur sport, l'image du fair-play? Comment leur expliquer qu'un capitaine doit toujours montrer le bon exemple, lorsque le plus emblématique d'entre eux, Thierry Henry, s'est comporté comme un infâme tricheur? Comment leur ôter de la tête que le football n'est pas le handball et ne se joue pas avec les mains? Comment être crédible lorsque l'un des entraîneurs les plus respectés, Arsène Wenger, déclare avec d'autres que l'important, c'était de se qualifier? Comment? Dans ce monde où l'argent est roi, les enjeux économiques considérables, il semble acquis que la fin justifie les moyens. Et on ne doit pas s'en réjouir. Espérons simplement que les instances du football, toujours trop frileuses, prendront vite les mesures qui s'imposent: deux arbitres supplémentaires, un derrière chaque but, ou, mieux encore, la vidéo sur les actions de but. Car on ne peut accuser l'arbitre du match, le Suédois Martin Hansson d'être malhonnête. S'il l'avait été, il aurait accordé un penalty à Anelka, et on n'aurait pas eu grand-chose à lui reprocher, même côté irlandais. Il n'a pas vu la main d'Henry, c'est tout. Mais soyez certain que si, tout aussi aveugle mais en son âme et conscience, il avait fait pencher la balance du côté de l'Eire, la France entière aurait crié au scandale... On imagine déjà les pleurs et les incidents qui n'auraient pas manqué de se produire. Mais scandale, il y a eu. De cette soirée, tout juste pourra-t-on se souvenir du comportement exemplaire des Irlandais, infiniment tristes, bafoués, mais dignes dans l'injustice. Eux pourront toujours marcher la tête haute. Pas Thierry Henry qui, comme Maradona, devrait traîner longtemps cette «main de Dieu» comme un boulet de canon. Car l'image véhiculée mercredi soir était détestable. Et le restera.
  • Michel Geffroy

Comme un avion sans ailes

«Laissez-moi partager ce bonheur avec tous les gens qui sont contents que l'équipe de France soit qualifiée. Et il y en a, je peux vous assurer». Raymond Domenech n'a peut-être pas tout à fait tort. Mais au moins celui d'avoir raison trop tôt.

Quelle image!

En juin sans doute, la France du foot sera heureuse, voire fière, d'avoir une équipe à la Coupe du monde. Mais, hier, d'autres mots revenaient en boucle. Honteux. Pathétique. Affligeant. Scandaleux. Pitoyable... La tricherie de Thierry Henry sur le but des Bleus et la façon dont il a ensuite célébré sa forfaiture resteront dans les mémoires. En Irlande, où s'est levé un vent de protestation et d'écoeurement. En France et partout dans le monde, puisque cette image n'a pas fini d'en faire le tour. En soi, ce qui s'est passé à la 103eminute est une atteinte si forte à l'esprit du sport que d'être cette fois du côté du boucher plutôt que de celui du veau ne console en rien. Après les pathétiques convulsions corporatistes du milieu contre la suppression de l'exonération de cotisations sociales, cette saloperie ne va pas redorer l'image du football français.

Le désert du jeu

Mais pour les amateurs, qui restent quelques millions malgré tout, cette avanie ne fut que la goutte de trop dans une marre de purin. Car avant de tricher, l'équipe de France avait déçu, dépité même, ses plus fidèles supporters au-delà de ce qu'on peut imaginer. On a l'habitude, dans une analyse découplant la manière du résultat, d'évoquer des défaites qui rassurent. Rarement on a assisté à un succès (en l'occurrence un nul) aussi inquiétant. Le désert français en matière de construction et d'animation offensive n'est pas nouveau, même si on avait constaté du mieux ces derniers mois grâce à l'avènement de Yoann Gourcuff. Mais choisir d'avoir un meneur de jeu implique de lui abandonner la baguette, ce qu'Henry et Anelka ne semblent pas décidés à faire. Du haut de sa tribune, Zidane, dont on disait naguère qu'il n'aimait pas Henry et que celui-ci le lui rendait bien, n'a pas dû être surpris.

Sans réaction

Contre l'Eire, l'expression de l'équipe de France en milieu et en attaque est la plus faible qu'on lui ait vue depuis au moins quinze ans. A côté des carences techniques, de l'absence de mouvement, de percussion et de la désorganisation générale, les petits soucis rencontrés par la défense font figure de détails. Sur le match de mercredi, c'est à peu près le seul domaine où Domenech peut avoir une relative confiance. Mais ce qui est nouveau, soudain et aussi brutal qu'un uppercut à l'estomac, c'est l'absence de réaction d'une équipe dont on déplorait souvent «elle réagit, elle n'agit pas». Là, même pas de réaction. Au point que c'est un miracle qu'il y ait eu une prolongation. A lui seul, ce match de la peur vient de mettre par terre l'idée de continuité et de progression qui se faisaient jour ces derniers mois. Et là, la forme et le fond se rejoignent. Car au moment de faire le bilan il faut se souvenir que depuis l'Euro 2008 la France n'a gagné que trois matchs (sur 18) par plus d'un but d'écart. Contre la Turquie (3-1), les Îles Féroé (5-0) et l'Autriche (3-1). Et pour trouver une victoire sur une nation d'importance il faut remonter à mars2008 (1-0 contre l'Angleterre). En clair, l'équipe de France n'a pas le niveau. L'aura-t-elle dans sept mois?
  • Benoit Siohan

Repartir de zéro. ..

La troisième mi-temps médiatique n'a pas volé plus haut que les deux qui avaient précédé. Comme souvent, Raymond Domenech nous a pris pour des truffes. Comme d'habitude le sélectionneur a gardé pour lui le fond de sa pensée, habillant son mutisme de mensonges grossiers et de mauvaise foi carabinée. Au milieu de cette logorrhée, toutefois, un message en forme de supplique: «Laissez-moi savourer. Il sera temps après les fêtes d'évoquer la suite». Bien sûr, Domenech ne va pas savourer. Quoi qu'il se dise, l'homme n'est pas maso. Et la potion ingurgitée mercredi est trop amère pour savourer.

Un homme en colère

Forcément, le sélectionneur est un homme en colère ce matin. En colère contre ses cadres vieillissants, qui comme d'autres avant eux font désormais passer leur intérêt personnel avant le collectif. C'est d'abord Gallas, qui refuse de faire pour Squillaci ce que Thuram lui imposait: jouer axe gauche. Sa (bonne) prestation d'hier, lorsqu'il dut finalement faire l'effort en raison de la blessure d'Escudé, prouve pourtant qu'il en est toujours capable. Ce sont ensuite Henry et Anelka, qui n'en font qu'à leur tête, défendent quand ils veulent, mettent l'organisation cul par-dessus tête dans leur quête de l'axe et qui sont en train d'étouffer Gourcuff comme ils ont auparavant rabaissé le caquet de Nasri et de Benzema.

Pas de chaînes à accepter

Mais ce matin, Domenech est de nouveau seul maître à bord. Seul face à la page blanche sur laquelle, en mai, il couchera 23 noms. A l'aube de sa dernière aventure à la tête de l'équipe de France, le sélectionneur n'a de comptes à rendre à personne. Pas de cadeaux à faire, pas d'ascenseur à renvoyer, pas de chaînes à accepter. Rendu provisoirement à sa liberté par cette qualification qui était son engagement moral, Raymond Domenech sait qu'il serait désigné responsable d'un naufrage en Afrique du Sud. Condamné à endosser tous les risques, il a donc intérêt à reprendre tous les leviers de commandes. En seize années dans les couloirs de la fédération, au cours desquelles il a côtoyé ses prédécesseurs et eu accès à leurs débriefings, Domenech a fait le tour du drame intérieur du sélectionneur contraint par ses vaches sacrées: Lemerre en 2002, Santini en 2004, lui-même en 2008... la liste est déjà trop longue des sélectionneurs brisés pour n'avoir pas su ou pu trancher. Domenech sait ce qui roule et ce qui termine dans le mur. Il connaît les footballeurs et les hommes, les connivences et les incompatibilités, les fidèles et les filous. Il a quelques semaines pour réfléchir, quelques mois pour agir. En mars, contre l'Espagne, il y aura du changement. Ou alors on connaît déjà la fin de l'histoire et elle est plutôt vilaine.
  • B.S.

Domenech. «L'objectif est atteint»



Raymond...
«Attendez, en préambule je voudrais rendre hommage à cette équipe irlandaise, à son public, à ce qu'ils ont fait sur les deux matchs. C'est presque regrettable que cette équipe ne soit pas aussi qualifiée pour la Coupe du monde parce qu'elle le mérite amplement. Elle nous a posés beaucoup, beaucoup de problèmes. Et, vraiment, je les félicite parce que c'était une belle bataille. C'était super et bravo à eux».

Avez-vous eu peur de ne pas y arriver?
«Non. Ça allait venir. On n'était pas tout à fait comme on l'espérait, mais on s'accrochait».

Imaginiez-vous que votre équipe serait aussi apathique?
«Je ne dirais pas apathique. Elle a été bousculée par une solide équipe d'Irlande qui jouait son va-tout. Ça n'a pas été un grand match, je vous l'accorde. Tout le monde espérait qu'on gagne 2 ou 3-0 facile, mais désolé, il y avait onze Irlandais en face qui n'ont pas voulu. Ce soir (mercredi soir, NDLR) plus que dans les détails et les explications, je suis dans l'émotion, dans le bonheur d'être qualifié. Ça fait deux ans qu'on se bat, qu'on galère, qu'on s'accroche, qu'on a des moments difficiles, qu'on s'est fait critiquer de tous les côtés, et au moment où l'objectif défini est atteint, vous me parlez des péripéties qui s'accumulent. C'est votre métier. Le mien, c'était de participer à la qualification. On est qualifié pour la Coupe du monde. J'ai envie d'en profiter».

Vous vous qualifiez sur un but qui n'aurait pas dû être validé. C'est miraculeux, non?
«Contre la Serbie, quand notre gardien de but se fait expulser dès la 10eminute alors qu'il n'a touché personne, on ne me demande pas si les Serbes sont miraculés. Le football, c'est comme ça. Il y a des moments où on a un peu plus de réussite, d'autres où on en a un peu moins. Quand vous allez vous inscrire à la fac, on ne vous demande pas si vous avez eu le bac avec mention ou non. On est inscrit à la Coupe du monde».

Comment avez-vous réagi au moment de la main d'Henry?
«De là où je suis, je ne vois rien. Je vois tout le monde qui saute dans le paquet. Je pense qu'il y a faute sur Toto Squillaci qui est arraché. Il y en a eu tellement des fautes dans ce match... ».

Que vous a dit Trappatoni?
«On s'est salué. Je lui ai dit : ?désolé? et il m'a dit : ?c'est le football?».

Comment auriez-vous réagi si c'est l'Irlande qui s'était qualifiée dans ces circonstances?
«Ce n'est pas le cas».

On n'a pas senti d'enthousiasme au coup de sifflet final...
«Pas d'enthousiasme? Il y a eu un partage. Les joueurs sont respectueux de l'adversaire. Courir dans tous les sens, ça a parfois quelque chose d'humiliant pour l'adversaire. Ils ont été bien, sobres et ils ont partagé avec le public, ce qui était bien».

Que ressentez-vous à titre personnel par rapport à cette troisième qualification?
«Sur le plan personnel, rien. En tant que sélectionneur de l'équipe de France, je me dis que c'est super de participer à la Coupe du Monde et d'y emmener des anciens et des jeunes, avec l'envie d'y faire quelque chose».

Quelle était l'ambiance dans le vestiaire?
«Les joueurs étaient sereins. Presque un peu déçus. Ils auraient eu envie de faire un vrai grand match pour le public. Mais je leur ai trouvé d'autres vertus. Celles qui nous serviront à la Coupe du monde. Il faut s'arracher, se battre, souffrir. Et ce que j'avais regretté à l'Euro, où on s'était qualifiés sans avoir à batailler, eh bien je l'ai eu ce soir».

Cette équipe a-t-elle un destin 2006 ou un destin 2008?
«Un destin 2010».
  • Propos recueillis par Benoit Siohan

Et le sport dans tout ça ?

Il était une fois un monde de fair-play. Un monde où les coups de vice, petits ou grands, subtils ou non, pardonnables ou pas, seraient bannis. Un monde où le sport ferait exemple de sportivité. Un monde où l'esprit sportif ne serait pas une vue de l'esprit. Un monde... non, stop, réveillez-vous Monsieur! Ce monde n'existe pas. Pire, l'époque idyllique où le fair-play était la valeur cardinale n'a jamais existé. Même les temps anciens sont truffés de coups bas et de hauts méfaits. Les temps modernes, eux, ont fini par inventer une expression destinée à pardonner l'offenseur. «Il a du métier», dit ainsi le spécialiste ès football à propos du petit génie qui a simulé un penalty ou volé de précieuses secondes. Bien à lui, pauvre pécheur. Et le sport dans tout ça? Son Histoire est heureusement faite de jolies bizarreries. Dont certaines, exemplaires. En 1928 aux Jeux d'Amsterdam, l'Australien Henry Pearce s'arrêta de ramer en quart de finale pour laisser passer une cane et ses canetons, ce qui n'empêcha le paisible gaillard de devenir champion olympique d'aviron. En 1966 à Roland-Garros, Istvan Gulyas demanda à ce que la finale du tournoi soit reportée de 24heures après la légère entorse dont fut victime Tony Roche en double. Finalement battu, le Hongrois fut baptisé «Monsieur fair-play». Plus près de nous, en 1999, Arsène Wenger fit rejouer le match qu'Arsenal avait gagné (2-1) contre Sheffield United parce que son joueur (Kanu) avai
t adressé une passe décisive à son camarade plutôt que de rendre le ballon que ses adversaires avaient volontairement expédié en touche. «Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play», disait l'écrivain an
glais Geor
ge Orwell. Et le sport dans toute sa noblesse, vous en faites quoi? U
ne vague idée pour vrais naïfs ? Amis Irlandais, pardonnez-les ! Ce monde n'est pas le nôtre.
  • Laurent Rivier

Le Graët. «On a bien fait de garder Domenech»



Votre sentiment sur cette qualification laborieuse?
«C'est une qualification difficile. On a fait douze matchs, on en a perdu qu'un. Donc, la performance est malgré tout convenable. C'est vrai que le spectacle n'a pas été de grande qualité. C'était presque mieux à Dublin mais bon il ne faut pas se plaindre, on est content d'y aller».

Et il y a cette main de Thierry Henry qui entache la qualification...
«Je ne l'ai pas vue des tribunes. J'ai revu les images et effectivement, il semblerait que la main soit réelle. Le joueur le confirme. C'est une action de jeu. Vous savez, Thierry Henry n'est pas habitué à ce genre de choses. Ce n'est pas moi qui vais critiquer l'arbitre».

Cela ne gâche pas un peu votre joie?
«Alors pas du tout. On pense d'abord à la qualif. Vous savez, notre gardien a été expulsé en Serbie. Y avait-il penalty ou pas? On a joué à dix et on est revenu. Sur douze matchs de qualification, il y a des faits de match positifs et d'autres négatifs. Il faut toujours faire un bilan global».

Justement, à l'heure du bilan, vous pensez que le choix de garder Raymond Domenech était le bon après l'Euro 2008?
«Il n'a perdu qu'un seul match de qualification sur douze. Le premier. C'était en Autriche et on a été ridicules ou en tout cas très mauvais. Et depuis, on n'a pas perdu un match. Donc, oui, on a bien fait de le garder».

Malgré tout, cette équipe et cette qualification sont beaucoup critiquées.
«Oui mais le plus dur a été fait. Maintenant c'est à la presse de choisir le ton de ses articles...»
  • Propos recueillis par Dominique Morvan

L'Algérie à la Coupe du monde Une chaude nuit

Au lendemain de la nuit de fête après la première qualification de l'Algérie à la coupe du monde 2010 depuis 1986, ternie par des incidents dans plusieurs grandes villes de France, l'heure était hier au bilan, entre blessés légers, verre brisé et véhicules incendiés. Près de 150 véhicules ont été brûlés, dont 64 dans le Nord, 44 dans l'agglomération lyonnaise, une quinzaine à Marseille... Plusieurs vitrines ont été brisées par des projectiles à Lyon, Marseille, Grenoble, Roubaix et à Paris, sur les Champs-Elysées. Les policiers ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, notamment sur les Champs-Elysées et à Grenoble, puis en chargeant par endroits. Fermés à la circulation dans un premier temps, les Champs-Elysées ont été transformés l'espace de quelques heures en piste de rodéo, avant que la circulation ne soit progressivement rétablie dans la nuit. Selon un bilan provisoire, plus de 150 personnes ont été interpellées dans la nuit.
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«Si le match n'est pas rejoué, cela renforcera l'idée que si vous trichez, vous gagnez».

  • Dermot Ahern, ministre irlandais de la Justice

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5 réactions

  • LAGODS
    Mesdames, Messieurs,.
    Comme tout le monde j'ai lu j'ai vu j'ai entendu la longue liste des "écoeurements" des supporters du foot, auxquels s'ajoutent diverses déclarations officielles de personnalités plus ou moins proches du sport. FOOT BALL = BEAU SPORT= EXEMPLE POUR LA JEUNESSE. Eh bien retournez à vos chères études. Le clou est enfoncé par la révélation des primes versées aux acteurs.....ne souriez pas....j'ai dit acteurs...... L'entraîneur , 862000 euros( plus de 5,6 milliions en francs) avant impôt dira le bénéficaire, et ce à juste titre. La messe est dite : seul l'argent compte. Monsieur Thierry HENRYa "réalisé "une main "dite volontaire" = tricherie. Mesdames, Messieurs, demain vous applaudirez de nouveau aux " pompueux " exploits de l'équipe française.Joueuses et joueurs, sans retenue, vous paierez votre obole de 100 EUR en licence à la fédé. A quoi sert cet argent ? Avez vous compris ? La qualification de l'équipe de foot va entraîner un certain budget en dépenses : voyages, réceptions, tourisme, accompagnateurs de tout bord, etc, etc. La liste des personnes qui en profiteront sera longue. Face à un système où se mêlent primes, sponsors, droits de ceci de celà, les chiffres donnent un certain vertige. Qu'importe, il y a du rêve pendant la coupe du monde....Et les médias ne sont pas en reste : une grande chaine de télé avant la qualification, avait "les boules"...110 millions d'euros en sursis. Que faire si la France ne se qualifiait pas ? Demander à ses concurrents de partager l'ardoise.....eh oui...Donc il fallait que la France gagne, quelque soit le moyen, la méthode. La main en aura été une occasion... Mesdames, Messieurs : a vos réflexions......................
    Ajouté le 20 novembre 2009 à 10h36
  • Granit Rose
    minable!!!!
    Etonnant toutes ces réactions des personnalités : ha moi dans les tribunes j'ai rien vu !! c'est le problème de l'arbitre!! Bande de faux cul!! L'école du sport et ses valeurs en prennent un sacré coup. Pas vu pas pris!! C'est bien triste comme raisonnement. Quel exemple pour les jeunes!! En plus venant de la part du capitaine de l'équipe de France.
    Ajouté le 20 novembre 2009 à 09h01
  • Bird
    Mémoire courte
    Le geste est condamnable, la célbration du geste est obscène. L'image de Thierry Henry est à jamais salie. Il ne devrait plus être sélectionnable. Cependant le déchaînement de la presse étrangère me paraît exagéré et souvent déplacé. Les Espagnols, évoquant la tricherie de la France, oublient qu'ils pourrissent le Tour de france depuis des années (Delgado avait ouvert le défilé de tricheurs!). Que vient faire l'Italie dans ce débat? Sous prétexte que l'Eire est entraînée par l'un des leurs, ils crient au scandale, le scandale qui est présent en permanence dans leur cyclisme (la liste des tricheurs serait trop longue!) et la corruption et la magouille dans leur calcio (affaire Juventus par exemple!). Nos amis d'outre-Rhin présentent un diaporamas des plus grands tricheurs du sport auxquels ils se sont bien gardés d'ajouter "Ulrich" . Et l'attentat impuni de Schumacher sur Battiston lors de la Coupe du Monde en Espagne en 1982? Les Portugais se sont également déchaînés contre nous mais le rôle de ce pays dans le concert du sport international est inexistant et il est difficile de leur reprocher quelque vilenie. Nos voisins belges y sont aussi allés de leur plume mais avec plus de retenue. On pourrait facilement recenser un grand nombre de tricheurs dans leur cyclisme! Personne n'est parfait en ce bas monde et avant de critiquer le voisin, il convient de balyer devant sa porte!
    Ajouté le 20 novembre 2009 à 08h47
  • Philibert
    Qu'en pensent vraiment les politiques de la triche?
    Si on pouvait pardonner à Henry d'avoir volé la victoire, on ne pourrait pas reprocher à des politiciens de bourrer les urnes ou d'utiliser les moyens publics pour assurer leur victoire.? Mais eux sont rarement filmés sur le fait.Pour s'épargner tous ces scandales qui démoralisent les supporters en période de crise je suggère qu'on fasse comme en Chine, pour les J.O. Les images seront retransmises en différé si il n'y a pas de problème, sinon la caméra sera en panne!
    Ajouté le 20 novembre 2009 à 11h14
  • cude...
    Faut rejouer ou donner la victoire au Irlandais
    Je suis d'accord avec les Irlandais faut rejouer le match, et invalider le match, car ya faute l'arbitre aurais du réagir, et annulé le but de William gallas. faut sanctionner l'équipe de France et la victoire reviendras à l'Irlande qui pourrais faire ses valises pour l'Afrique du sud, et les bleus devront défaire leur bagages.
    Ajouté le 21 novembre 2009 à 18h33
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