26 janvier 2012
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"Il faut arrêter les slogans sur la grande famille du foot. En fait, c'est chacun pour sa gueule, chacun dans sa merde", explique posément l'ancien gardien des Eperviers.
Revenu vivre à Lorient (Morbihan) après deux mois d'hospitalisation en Afrique du Sud et six mois de rééducation au centre breton de Kerpape, l'ex-gardien de Pontivy (CFA), 27 ans, ne se déplace plus qu'avec des béquilles. "Je ne peux pas faire plus de 100 mètres d'un coup, à cause de la douleur. Mais c'est déjà ça: c'était pas au programme que je remarche", dit-il.
Comment vivre avec 700 euros de pension d'invalidité ?
De son passé de footballeur, l'ancien joueur a conservé une belle prestance et une voiture puissante. Mais il doit se contenter aujourd'hui de 700 euros de pension d'invalidité et a dû troquer son ancien appartement pour un modeste rez-de-chaussée. "Sept cents euros, tu ne vis pas avec ça. J'ai encore quelques économies. Mais demain? Ma carrière est finie, je fais comment ?", s'interroge ce père de deux enfants de 3 et 9 ans.
L'ancien joueur a passé un bilan de compétences et veut suivre une formation "en informatique ou en comptabilité": "Mais rien n'est possible tant que je n'ai pas le titre de travailleur handicapé, que j'attends depuis deux ans".
Il a également déposé les statuts d'une association, "Joie de vivre", pour "accompagner les sportifs qui sont oubliés. Ceux qui n'ont pas pu atteindre leur rêve, suite à un drame ou une blessure". "Il faut rester un guerrier, un exemple", martèle-t-il.
"Un monde de mythos"
Aujourd'hui, Kobilalé compte ses alliés sur les doigts de la main. Parmi eux, son ancien sélectionneur Hubert Velud, qui prend régulièrement de ses nouvelles, son compatriote du FC Lorient Alaixys Romao, rescapé du mitraillage, et l'Union nationale du football professionnel (UNFP), qui défend son dossier.
"Heureusement que l'UNFP est là, alors que comme amateur je n'étais pas adhérent. Mais je suis déçu par le monde du foot. Je trouve davantage de soutien chez des inconnus. Avant, je ne voyais pas les choses comme ça, c'était la fête. Maintenant, je comprends mieux. C'est un monde de mythos", dit-il..