29 janvier 2009
C'est champagne tous les jours depuis l'arrivée de Luis Fernandez à Reims. Gouaillleur à souhait, l'animateur de «Luis Attaque» sur RMC Info a déjà marqué les esprits en battant Strasbourg (4-1) lors de la dernière journée de L2.
Pourquoi avoir accepté de rejoindre le Stade de Reims lors de la trêve hivernale? «Parce que c'est un joli challenge. Reims n'est pas loin de Paris, signer là-bas me permettait aussi de continuer mes activités radio.»
Avez-vous craint, à un moment, de ne jamais redevenir entraîneur?
«On ne sait jamais ce que la vie vous réserve. Ce qui est sûr, c'est que j'aime le terrain, être proche des joueurs, leur parler, leur apporter un peu de mon vécu.»
Y-a-t-il eu de l'émotion quand vous avez dirigé, le 2janvier, votre premier entraînement?
«Non, non, non... il n'y avait pas de place pour l'émotion et puis j'ai quand même un peu d'expérience dans le métier, vous savez. Je suis venu à Reims pour mener à bien la mission qui m'a été confiée. En arrivant, j'ai tout de suite pensé aux difficultés qui m'attendaient. Le challenge est difficile mais il est passionnant.»
Ce challenge est-il comparable à ceux que vous avez relevés à l'Espanyol Barcelone et au Betis Séville?
«Oui, même si je maîtrisais un peu mieux le foot espagnol du fait de mon passage à Bilbao. À chaque fois, ça s'est relativement bien passé. J'espère que ce sera encore le cas cette fois.La deuxième division, je l'ai connue avec l'AS Cannes. J'ai fait remonter le club en D1. Signer à Reims, c'est un peu comme revenir à mes débuts. La période cannoise fut un grand moment. Ici aussi, c'est une aventure humaine que je suis venu chercher.»
Comment vivez-vous l'engouement que suscite votre arrivée?
«Je le vis normalement. J'ai beaucoup aimé l'accueil des supporters qui m'ont tout de suite témoigné énormément d'affection. Le Stade de Reims appartient à l'histoire du foot français. Je suis content que l'on parle du club à travers moi.»
Dès votre arrivée, vous avez précisé que vous étiez venu pour le challenge sportif et pas pour l'argent...
«C'est vrai, je ne fais pas ça pour l'argent. Ce challenge, c'est d'abord celui du coeur. Il y a trois ans, les dirigeants m'avaient déjà sollicité, j'avais été très touché que le président vienne me voir à Paris. La chose n'avait pas pu se faire (sa mère, décédée depuis, était alors gravement malade, ndlr). Là, j'ai tout de suite été sensible à son discours.»
Certaines personnes du milieu n'espèrent-elles pas que vous allez échouer?
«Ça, franchement, je m'en fous, c'est même le dernier de mes soucis. Ce que je veux, c'est simplement que les gens qui m'emploient soient contents de mon travail. Ce que peuvent penser ou dire les gens de l'extérieur, je n'y attache pas du tout d'importance, j'ai passé l'âge.»
Vous voulez être un homme libre, c'est ça?
«Exactement!»
Que pensez-vous de Guingamp, votre prochain adversaire?
«Je compare Guingamp à Lens, Metz ou Strasbourg. Oruma, Eduardo, Mathis, Deroff ou Bassila, ce ne sont pas des joueurs de Ligue 2! Ils ont beaucoup d'expérience, du foot plein les pieds. C'est juste dommage qu'ils aient eu un départ difficile, sinon ils étaient des candidats pour la montée. Noël Le Graët est un passionné de foot, c'est lui qui a fait que ce club est monté en première division. Après, vous savez, il y a des années plus ou moins bonnes. En Ligue 2, les matchs se gagnent au mental, il faut avoir une force, la volonté de ne rien lâcher. Je sais qu'avec Xavier Gravelaine, Noël Le Graët a l'ambition de reconstruire un groupe capable de remonter en première division. Pour y parvenir, il lui faudra aussi un peu de réussite.»

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