11 avril 2009
Incroyable! Le Stade Brestois, qui menait 1-0 à la 78eminute, a laissé filer une énorme occasion de faire un grand pas vers le maintien. Rien ne va, Brest coule à pic.
Si le Stade Brestois descend en National, ce sera bien de sa faute et entièrement de sa faute. Ce ne sera pas à cause de Reims, ce ne sera pas non plus la faute du bon Dieu. Hier, il n'aurait jamais dû perdre et la façon dont cette défaite s'est construite en dit long sur les faiblesses d'une équipe qui ne met plus un pied devant l'autre. On espère se tromper mais on ne voit plus comment il peut s'en sortir surtout après une telle catastrophe. Il y a quand même quelques explications rationnelles à cette incroyable défaite. Comment ce Stade Brestois sado-masochiste s'est-il débrouillé pour perdre un match qu'il avait à peu près bien géré jusqu'à vingt minutes de la fin? La maladresse est la première explication. Après le but inscrit dès la 6eminute par De Carvalho, Brest a eu une petite dizaine d'occasions pour plier l'affaire mais n'a pas su le faire.
Poyet est maudit
Poyet, qui n'a toujours pas marqué le moindre but cette saison et qui a été plutôt bon dans le jeu hier soir, est vraiment maudit cette année. Hier, il raté quatre énormes occasions d'alourdir la marque: les deux premières furent stoppées par Perraud (17e, 18e), la troisième, de volée, passa à côté (21e), et la quatrième, un missile à bout portant (60e) fut sauvée par un geste désespéré de Jarjat. Il n'est pas question de faire reposer cette lamentable défaite sur les épaules du seul Poyet, qui aurait aussi pu bénéficier d'un penalty lorsqu'il fut balancé par Morisot dans la surface (58e).
Coaching gagnant... à Dijon
En revanche, le coaching de Baticle, qui croyait sûrement aller au bout comme ça, est un vrai sujet de débat. Car, quand Hadzibegic fit entrer trois joueurs à vocation offensive à la 71e minute (Souyeux, Ribas, Carrière), il ne bougea pas le petit doigt. Le Stade Brestois, grâce à une belle sortie de Lachuer dans les pieds de Mangione, menait toujours 1-0 mais Poyet tirait la langue. Sur le banc, Socrier devait penser à juste titre qu'il pouvait tout casser et Masson aurait certainement fait plus de travail défensif qu'un Traoré essoufflé. Le problème, c'est que Baticle ne choisit de les envoyer au feu qu'à la 86eminute quand le mal était fait. Brest avait cédé à deux reprises sous la pression d'une équipe de Dijon qui avait décidé de jouer son va-tout. Ce matin, Brest peut se mordre les doigts alors qu'il aurait dû se frotter les mains avec le nul entre Châteauroux et Reims (0-0). En souffrance depuis longtemps, le Stade Brestois a pris, hier soir, un sacré coup de poignard. Il ne respire presque plus.
LES ÉQUIPES
BREST: Lachuer - Ferradj (Socrier 87e), Brou Apanga, Kantari, Lorenzi - Guégan (cap.) (Masson 87e), Bigné - De Carvalho, A.Traoré, Sitruk (Le Gall 62e) - Poyet. Entraîneur: G.Baticle. DIJON: Perraud - Le Brun, Lotiès, Vosahlo (cap.), Jarjat - Linarès, Morisot (Carrière 71e) - Periatambee (Ribas 71e), Robail - Mangione (Souyeux 71e), Aubameyang. Entraîneur: F.Hadzibegic.
Un bon dégagement sur un coup franc vicieux et deux sorties gagnantes en première. La suite est cruelle pour lui, impuissant sur les deux réalisations dijonnaises. Choisi à la place de Bourgis, il a bien géré son côté, sans prendre de risques offensifs. Très bon début de match et une grosse présence sur l'adversaire. La bonne surprise de la saison. Impérial comme souvent, il est le maître de la défense. Une transversale royale pour Poyet et jamais pris en défaut. Le caler arrière gauche a du bon. Il a organisé le jeu, alternant passes longues et courtes. C'était de l'excellent Guégan hier soir. Discret 90 minutes durant. Il n'a pas eu son rendement habituel. Deux bons centres et surtout ce tir tendu qui bat Perraud (6e). Une touche ratée, un rapide avertissement et une belle occasion gâchée (37e). En dedans. Un départ timide et une prestation quelconque. Remplacé par Le Gall, toujours aussi brouillon. Il récupère le ballon dans les pieds de Vosahlo sur le premier but (passeur décisif). Il échoue face à Perraud par deux fois. Présent, sans être explosif. Toujours près des joueurs, vif à sortir les cartons et agaçant. Il ne voit pas un penalty sur une charge de Morisot sur Poyet (58e).
«Je dirais que dominer n'est pas gagner. On a l'occasion de mener 1-0 et d'avoir le match en main rapidement. On a eu beaucoup de situations pour mettre ce deuxième, on ne l'a pas mis. On les maintient en confiance, malheureusement, car ils ont un bon fonds de jeu et on les sent capable de marquer à tout moment. Je pense qu'en mettant le deuxième but, qui aurait été mérité, la tournure de la rencontre aurait été tout autre. Il faudra travailler pour être plus serein lorsque l'on a le bonheur de mener au score.» «Je ne peux pas dire autre chose que c'est une pleine satisfaction. Au-delà des trois points, il y a eu la manière. Pourtant, on s'est mis en difficulté en première période. On a eu du mal avec Poyet sur les deuxièmes ballons. On avait dit à la pause, déjà, qu'on tenterait le tout pour le tout, on l'a fait avec ces trois changements. Cette victoire, je la dédie à tous les joueurs qui n'ont pas fait le déplacement à Brest.»
Vosalho tente de repartir balle au pied mais Poyet lui subtilise le ballon d'un tacle glissé. De Carvalho s'en empare, s'avance et, de l'entrée de la surface, décoche une frappe tendue qui passe sous le gardien dijonnais Perraud. coup franc de Robail tiré dans la surface. Ribas profite d'un énorme cafouillage pour égaliser d'une frappe en pivot. centre de Souyeux repris par Ribas, intercalé entre deux défenseurs brestois, qui place une tête hors de portée de Lachuer.
Le tribunal administratif de Rennes a examiné, hier, le référé déposé par Brest, visant à suspendre la décision du Conseil Fédéral de la Fédération de faire rejouer le match Reims-Brest (0-1, 11ejournée de Ligue2). Devant le président breton Michel Guyot et le directeur général du club Michel Bucquet, tous deux présents, le juge rennais a estimé qu'il n'y avait pas de caractère d'urgence à la requête brestoise et que le jugement sur le fond de l'affaire sera rendu le vendredi 15mai. Rémois et Brestois se retrouveront donc le mardi 21avril (20h) au stade Auguste-Delaune. Michel Bucquet a exprimé la position du club finistérien, après ce nouvel épisode d'un feuilleton qui a débuté il y a six mois déjà: «Nous sommes obligés d'aller à Reims. Lorsque le TA de Rennes rendra son jugement le 15mai, il restera encore trois journées et on verra bien où en seront les deux équipes au classement.»
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