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Football

Ligue 1. Saint-Etienne - Lyon (0-1) La griffe de Gomis

2 novembre 2009

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Buteur de la victoire de Lyon sur Saint-Etienne, Bafétimbi Gomis a fait fi des sifflets et des insultes d'un Chaudron en ébullition lors de son entrée en jeu et posé sa patte sur le derby, délivrant ainsi un pied de nez à son ancien club.

En août, lors de son transfert de l'ASSE vers le grand rival lyonnais, il affirmait vouloir devenir «un lion» après avoir été une panthère, l'emblème des Verts qu'il mimait après chacun de ses buts. Il n'a cependant pas voulu rééditer cette attitude samedi. «Non, j'ai beaucoup de respect. Il n'y a pas eu que des sifflets. Je sais que des supporters stéphanois m'aiment bien encore. Pour eux, je n'ai pas voulu entrer dans cette polémique ou les chambrer», a-t-il dit, avec l'intelligence de ne pas ajouter d'huile sur le feu du Chaudron.

Amour et haine

Ces déclarations illustrent l'ambiguïté de son histoire avec l'ASSE, où amour et haine se mêlent. A 24 ans, Gomis, cédé pour 13 millions d'euros plus deux millions de bonus liés aux performances, représente le plus gros transfert de l'histoire des Verts, dont il a été le meilleur buteur ces deux dernières saisons. Ce record stéphanois répondait à son rendement : il avait inscrit 16 buts en Ligue 1 en 2007-2008 et onze en 2008-2009, auxquels il faut ajouter quatre buts en Coupe de l'UEFA, à la pointe d'une équipe à la dérive en championnat, où elle a dû lutter jusqu'au bout pour son maintien (17e). Malgré cela, il a souvent été la cible, la saison dernière, de certains supporters qui lui reprochaient «un manque d'investissement». Mais il a su gérer son retour à Geoffroy-Guichard, «comme il se devait, avec un minimum d'émotions».

«Je ne suis pas un tricheur»

Et les sifflets, les quolibets et les insultes ne l'ont pas abattu. «Quand on porte le maillot de Saint-Etienne, qu'on vous siffle et qu'on fait des choses pas très gentilles au centre d'entraînement, ça casse car je ne suis pas un tricheur», rappelle-t-il. «Et quand on revient avec un autre maillot et qu'on est sifflé de la sorte, c'est sûr que cela surmotive», souligne Bafé, qui a donné la victoire à l'OL à la 83e minute. «Quand on est supporter, souvent on gronde sur tout ce qui est dit. L'année dernière, cela n'allait pas bien pour tout le monde à Saint-Etienne. On attendait beaucoup de moi et j'ai ramassé pour les autres joueurs», commente-t-il avec compréhension, confiant ?avoir encore pas mal d'amis dans l'équipe stéphanoise?. « «Quand je suis parti, j'ai souhaité bonne chance à tout le monde et j'ai laissé un mot en disant que les années se suivent et ne se ressemblent pas. Je le prends aussi pour moi», ajoute l'attaquant qui a aussi retrouvé le maillot de l'équipe de France, qu'il avait endossé pour la première fois juste avant l'Euro 2008... alors qu'il jouait avec les Verts.

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