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Football

France - Féroé. Benzema, politiquement correct

9 octobre 2009 - 1 réactions

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«Je ne viens pas en équipe de France pour faire de la politique, je viens pour être bon sur le terrain.» C'était sans doute un lapsus. Mais, précisément, Benzema en a fait, de la communication politique, hier. Il n'a même fait que ça.

> Guingamp (22). Les dessous du match France - Iles Féroé

> France-Féroé. Il reste des places au district de football

> Tréguier (22). Les Féroé s'entraînent dans l'anonymat [Video]

 

Alors que la polémique faisait rage, lui ne s'était pas exprimé depuis les propos de boutefeu qu'il avait tenus onze jours plus tôt sur TF1 (*). Forcément, il se savait attendu au tournant de son premier rendez-vous médiatique. Et, visiblement, il était prêt. Plus exactement «préparé» à (bien) répondre.

«Peut-être» ou bien «peut-être»

Invité à la traditionnelle tournée des ateliers médiatiques, presse écrite d'abord, télé ensuite, radio enfin, le Madrilène a fait preuve d'une grande constance dans ses propos. Ceux de l'autre jour, il ne les «regrette pas». Mais s'il «ne lit pas la presse», il sait que ses mots malheureux ont «fait le tour du monde». Il feint de s'en étonner, parle de multiplication par dix et affecte d'hésiter entre deux explications possibles. «Peut-être que certains ont mal compris.» Ou bien «peut-être que je me suis mal exprimé». Ni l'un ni l'autre, en réalité. Mais peu importe. L'important, pour l'ancien Lyonnais, était de clore au moins provisoirement le débat, tout en faisant passer quelques messages.

«Beaucoup de soucis en équipe de France»

Etat présent de son esprit? Il précise qu'«il ne faut pas juger sur un sourire ou pas un sourire». Mais, qu'on se le dise, Benzema est heureux en équipe de France. «Dès qu'il y a du ballon, je suis un mec heureux» lâche-t-il le visage illuminé. Le fait est que depuis trois jours, il a vraiment l'air bien dans ses souliers blancs. «L'essentiel, c'est que je suis ici et que je vais tout donner. Je suis là pour apporter un plus. Même sur cinq ou dix minutes je dois être décisif, marquer ou faire marquer. L'essentiel, c'est d'aller à la Coupe du monde ensemble.» Le reste, la polémique, n'était donc qu'accessoire? Non, parce qu'il y a un fond sur lequel Benzema insiste. «J'étais juste énervé car, en 15-20 minutes, je n'avais rien montré». «J'avais des choses sur le coeur, je les ai dites.» «J'ai eu beaucoup de soucis en équipe de France», dit-il enfin, sans laisser le temps d'approfondir.

Qui a commencé?

Comme tout le monde, le Madrilène a fait le constat qu'il est généralement «moins bon» en équipe de France qu'en club. Son souci de tourner la page ne l'empêche cependant pas de livrer son analyse. «Sur une mi-temps ou dix minutes, ce n'est pas facile de montrer.» Plus loin, il reconnaî toutefois: «Si tu n'enchaînes pas, c'est que tu ne fais pas de bons matchs». C'est toujours la même histoire, celle de l'oeuf et de la poule. Qui a commencé? Aujourd'hui, Benzema a surtout envie que ça cesse et sait qui détient la clé de la porte de sortie. «Je suis fier de jouer en équipe de France. Je viens pour jouer des matchs. Il y a un sélectionneur qui met une équipe en place. Il faut respecter les choix et tout faire pour se qualifier.» Pour autant, ne pas croire que l'avant-centre (souvent) titulaire du Real Madrid ait perdu toute idée de revendication. «Peut-être qu'il y a des joueurs qui aiment être sur le banc. Ce n'est pas mon cas».

(*) Il avait avoué qu'il n'avait «pas forcément eu envie de tout donner» quand il est entré en jeu contre la Roumanie.

  • Benoit Siohan

Les 28 Bretons de l'histoire des Bleus Yvon Goujon, une tête de buteur

«Il fallait se le farcir, le mec!» C'est au choix par une pirouette ou une forfanterie, et en parlant de lui à la troisième personne, qu'Yvon Goujon raconte sa vie. Celle d'un footballeur nomade avant l'heure qui, au coeur des années 50 et 60, a marqué pour le compte de six clubs différents (*). La légende dit qu'à l'époque le Lorientais, petit-fils, comme son cousin «Tatane» Cuissard (27sélections), de la fondatrice du FC Lorient, n'était pas simple à gérer. A 72 ans, le paisible retraité qui n'aime rien tant aujourd'hui que ses parties de pêche dans la Ria d'Etel (56) est plein d'indulgence pour le garnement d'hier. «Quand je faisais ça, on disait ça» s'emporte-t-il, théâtral, en montrant successivement deux phalanges de son index puis l'avant-bras tout entier. «On m'a fait une réputation de tête de con. Mais c'est parce que je ne me cachais pas pour boire une bière!» Le «contrairement aux autres» était dans le sourire... 40 ans après, Goujon joue encore le poil à gratter dans les réunions de vieux crampons. «Je m'engueule souvent avec les anciens quand je leur dis que les footballeurs de maintenant sont meilleurs que nous. Mais c'est incontestable!» Seul relent passéiste en une heure d'entretien: «Un entraîneur doit être en survêtement comme Guy Roux, pas montrer le dernier costume à la mode». Même Guy Roux est en costume aujourd'hui. International de la génération oubliée de l'après 1958, Goujon a joué avec Wisnieski, Kopa, Vincent, Müller, etc. Mais dans son panthéon personnel brillent surtout Mekloufi, son partenaire à Saint-Etienne et en équipe de France, et plus encore Yvon Douis, côtoyé chez les Bleus. «C'était le meilleur joueur français de l'époque. Il savait absolument tout faire. Il a été le premier à jouer de la poitrine. Ça peut faire sourire aujourd'hui, mais on amortissait de la cuisse ou du pied.» Le meilleur marqueur breton en équipe de France, six buts dont trois de la tête, raconte une époque où les footballeurs voyageaient en train, en troisième classe sur des bancs en bois. L'équipe de France, toutefois, c'était déjà le luxe des «bons hôtels». Les footballeurs connaissent le sens de la nuance entre «bons» et «grands». Noël Le Graët n'était alors qu'à Guingamp, mais il y avait des primes, déjà. Le beau-frère de Julien Stopyra, donc tonton de Yannick, se rappelle de son plus gros jackpot, le jour où il a marqué en Allemagne (2-2). «On avait eu 90.000francs». Anciens. Ça fait 135euros. Le Lorientais jure qu'il n'a jamais cessé d'être «le premier supporter des Bleus». «Comme tous les anciens, on critique mais on ne ferait peut-être pas mieux. Le pauvre Domenech ne fait pas des équipes pour perdre». Les lunettes aux verres épais n'empêchent pas l'ancien international d'avoir un regard aiguisé sur le jeu et ses parages. «Le meilleur joueur français? Aujourd'hui, c'est Gourcuff. Ribéry est en perte de vitesse. Il a été blessé. Ce n'est pas le genou, c'est la tête». On y revient.
  • Benoit Siohan

Féroé. Le pays des moutons... et des ballons

«Je ne verrai jamais mon pays à la Coupe du monde. Je le sais et tout le monde le sait chez nous.» Pauvre Rolant Waag Dam. Pour autant, le jeune journaliste travaillant à Copenhague pour le quotidien des Féroé Sosialurin (10.000 exemplaires), ne perd pas le sourire : par la force des choses, le peuple féringien ne demande pas la lune à son équipe. Il n'empêche, la dernière victoire face à la Lituanie (2-1), le 9 septembre, a déclenché les passions sur l'archipel plus qu'une qualification à la Coupe du monde ne le ferait chez nous. Car, aux Féroé, le foot, c'est quelque chose. «Tout le monde regarde les matchs de Ligue des champions à la télé, les joueurs français, on les connaît bien», dit le président de la Fédération. «Et tout le monde joue au foot», rajoute Rolant, comme s'il parlait d'un pays d'Afrique. Il y a 48.000 habitants aux Féroé et autour de 5.000 licenciés, soit plus de 10% de la population, ce qui est énorme (3,5% en France). La capitale (Torshavn, 18.071 habitants) est grande (ou petite) comme... deux fois Guingamp. Les équipes sont réparties en quatre divisions masculines et deux féminines. Même le foot prend le chemin de la parité - une qualité scandinave - sur ces bouts de terre volcanique placés au milieu de nulle part, à égale distance des côtes écossaises, norvégiennes et islandaises. Les Iles Féroé, autonomes depuis 1948, ne sont pas un pays reconnu en tant que tel par l'Onu. C'est un gouvernement territorial en communauté avec le Danemark et l'idée d'une souveraineté totale de l'île revient sur le tapis à chaque élection depuis 1998. L'équipe nationale de foot, où se côtoient «des étudiants et des charpentiers» réunit tout le monde quand elle joue. Elle est la fierté et l'identité de l'archipel où les maisons ont de la pelouse sur les toits. Le sélectionneur Brian Kerr, en bon Irlandais, n'a d'ailleurs pas mis longtemps à s'adapter : «C'est un pays incroyable et je ne comprends pas que vous n'y alliez pas plus souvent, vous les Français. J'y ai trouvé la même mentalité que chez moi, en Irlande. C'est peut-être parce que les premiers à découvrir ces îles furent des moines irlandais, je crois que c'était au VIIe siècle. Car, j'ai trouvé aux Féroé le même esprit qu'en Irlande, les mêmes regards aussi». Et si les Féringiens étaient plus proches des Bretons dans la façon de voir les choses que sur la carte du monde ? Les hommes qui vivent au pays des moutons et des ballons ne seraient-ils pas nos cousins éloignés ?
  • Eric Daniellou
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«J'avais des choses sur le coeur, je les ai dites»

  • Karim Benzema

1 réaction

  • Bird
    Pénibles
    Ils sont vraiment pénibles ces jeunes-gens avec leurs états d'âme, leurs caprices, leur maladresses, leurs difficultés à s'exprimer, leur égoisme, leur mépris pour les supporters (même vis à vis des enfants!)... Qu'ils se contentent de jouer (Ils sont PAYES pour JOUER!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!) et si possible bien jouer!
    Ajouté le 9 octobre 2009 à 10h37
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