23 janvier 2010
La Ligue du football professionnel (LFP) a publié hier le rapport d'activité de la saison 2008-2009 (exercice clos au 30juin dernier) de l'ensemble de ses 40 clubs. S'il ne détaille pas les finances - confidentielles- de chacun, ce document de 68 pages dresse le bilan de santé (financière) d'un malade sachant déjà qu'il le sera encore plus dans un an! En 2008-2009 comme d'habitude, le football français a pourtant tout augmenté: son chiffre d'affaires global, ses capitaux propres, ses affluences au stade et devant la télé, ses tarifs aux guichets, ses recettes hors transferts... et aussi sa masse salariale. «D'à peine 3%», souligne le rapport. A mettre en rapport il est vrai avec les 13% (!) de la saison précédente.
Un club sur deux en déficit!
Au royaume du toujours plus, les moins l'emportent pourtant. Après trois saisons en positif, le bilan collectif vire de nouveau au rouge. Davantage que son montant (33,5millions), relativement faible au regard du train de vie de la coterie (1,276milliard), c'est la structure du déficit qui interpelle. En effet, quand le dernier exercice déficitaire, en 2004-2005 devait presque tout aux résultats négatifs du PSG, celui-ci est une oeuvre collective: 18 des 40 clubs français (9 en L1,9 en L2) ont terminé la saison en négatif. Presque un sur deux!
Le pire est à venir
Le déficit s'explique très largement par la diminution des «droits de mutation» (transferts), qui représentent 20% des recettes globales. En la matière, le déficit collectif par rapport à l'exercice précédent se monte à 39millions ainsi répartis: - 50 en L1,+11 en L2. Etroitement dépendant des «ventes» à l'étranger, le football français va souffrir énormément dans les années à venir. Sur la foi du prévisionnel des clubs, la LFP prévoit «un déficit qui atteindrait 100millions d'euros» en 2009-2010. Mais compte tenu de la surchauffe qui frappe actuellement les principaux acheteurs étrangers (anglais et espagnols) il faut s'attendre à une ardoise plus lourde encore. Face à cette brutale baisse de recettes, les clubs français, qui ont pris des engagements de longue durée (contrats de joueurs, investissements immobiliers), sont en effet étranglés.
Vous avez dit vertu?
En même temps qu'il dénonce «un acharnement contre le football» à propos notamment de la suppression de l'exonération de charges dont il a bénéficié pendant cinq années, le président de la LFP, Frédéric Thiriez, loue pourtant «un football professionnel vertueux». Dans la mesure où il est vertueux de tabler sur des ressources aussi incertaines que peuvent l'être les transferts...