9 octobre 2009 à 09h08
Le foot tient une grande place aux Féroé, archipel de 18 îles posées dans le Nord de l'Atlantique. Le pays des moutons (1)est aussi celui des ballons.
«Je ne verrai jamais mon pays à la Coupe du monde. Je le sais et tout le monde le sait chez nous.» Pauvre Rolant Waag Dam. Pour autant, le jeune journaliste travaillant à Copenhague pour le quotidien des Féroé Sosialurin (10.000 exemplaires), ne perd pas le sourire : par la force des choses, le peuple féringien ne demande pas la lune à son équipe.
«Tout le monde joue au foot»
Il n'empêche, la dernière victoire face à la Lituanie (2-1), le 9 septembre, a déclenché les passions sur l'archipel plus qu'une qualification à la Coupe du monde ne le ferait chez nous. Car, aux Féroé, le foot, c'est quelque chose. «Tout le monde regarde les matchs de Ligue des champions à la télé, les joueurs français, on les connaît bien», dit le président de la Fédération. «Et tout le monde joue au foot», rajoute Rolant, comme s'il parlait d'un pays d'Afrique. Il y a 48.000 habitants aux Féroé et autour de 5.000 licenciés, soit plus de 10% de la population, ce qui est énorme (3,5% en France). La capitale (Torshavn, 18.071 habitants) est grande (ou petite) comme... deux fois Guingamp. Les équipes sont réparties en quatre divisions masculines et deux féminines. Même le foot prend le chemin de la parité - une qualité scandinave - sur ces bouts de terre volcanique placés au milieu de nulle part, à égale distance des côtes écossaises, norvégiennes et islandaises. Les Iles Féroé, autonomes depuis 1948, ne sont pas un pays reconnu en tant que tel par l'Onu. C'est un gouvernement territorial en communauté avec le Danemark et l'idée d'une souveraineté totale de l'île revient sur le tapis à chaque élection depuis 1998. L'équipe nationale de foot, où se côtoient «des étudiants et des charpentiers» réunit tout le monde quand elle joue. Elle est la fierté et l'identité de l'archipel où les maisons ont de la pelouse sur les toits.
«Un pays incroyable»
Le sélectionneur Brian Kerr, en bon Irlandais, n'a d'ailleurs pas mis longtemps à s'adapter : «C'est un pays incroyable et je ne comprends pas que vous n'y alliez pas plus souvent, vous les Français. J'y ai trouvé la même mentalité que chez moi, en Irlande. C'est peut-être parce que les premiers à découvrir ces îles furent des moines irlandais, je crois que c'était au VIIe siècle. Car, j'ai trouvé aux Féroé le même esprit qu'en Irlande, les mêmes regards aussi». Et si les Féringiens étaient plus proches des Bretons dans la façon de voir les choses que sur la carte du monde ? Les hommes qui vivent au pays des moutons et des ballons ne seraient-ils pas nos cousins éloignés ?
(1) føroyar (féroé) veut dire «île aux moutons» en féringien.
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