letelegramme.com

 

Football

Coupe du monde 2010 (barrage retour). France - Eire, ce soir (21 h) Retour vers le futur

18 novembre 2009

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF

Quatre jours après la victoire française en Irlande (0-1), le match retour, ce soir au Stade de France, enverra une des deux formations à la Coupe du monde en Afrique du Sud l'été prochain. La France, à qui un nul suffit, a tous les atouts en main pour être celle-là.

La dernière fois que la France a disputé quatre coupes du monde d'affilée ? Non, ne cherchez pas, une telle continuité n'existe pas dans l'Histoire de France. Au regard de celle-ci, la troupe de Domenech se trouve donc aux portes d'un exploit. Pourtant, on oubliera bien vite cette coquetterie de statisticien, tandis qu'on parlerait encore dans trente ans de la sorte d'exploit que constituerait un échec des Bleus ce soir.

Cette sorte de purgatoire...

Déjà, si elle avait tout fait comme il faut depuis quatorze mois, l'équipe de France ne se retrouverait pas dans cette sorte de purgatoire que constituent les barrages. A l'heure d'en sortir, et puisqu'elle a eu la bonne idée, à Croke Park, d'entrouvrir celle du paradis là où on lui promettait l'enfer, il n'y a désormais pas de raison qu'elle se trompe de porte ce soir. Depuis que les barrages mettent par paire les nerfs des nations en pelote, une seule équipe victorieuse à l'aller a fini par lâcher l'affaire. C'était en 2003 lorsque les Pays-Bas, piégés en Ecosse à l'aller (1-0), avaient renvoyé le football des îles britanniques -Angleterre exceptée - à ses limites(6-0). Les gênes du football français, depuis que «Jacquet et fils» sont aux affaires, ne sont hélas pas exactement ceux de la maison orange. Les 50.000 supporters français, qui tenteront ce soir de faire autant de bruit que 25.000 Irlandais, ne doivent donc sans doute pas rêver à pareille orgie. Echaudés par le précédent du France - Bulgarie de 1993, qui avait coupé la route de l'Amérique à dix secondes de la fin à la génération Papin - Cantona, ils ne seront pas si gourmands.

Motivation spéciale Afrique

Cette fois, c'est l'Afrique (du Sud) qui se profile à l'horizon si les Bleus ne perdent pas contre l'Irlande. La destination constituerait une motivation supplémentaire pour les nombreux internationaux français qui ont des origines pas si lointaines sur ce continent. Tant mieux ! Quatre jours après un match qui a vu les Français neutraliser les Irlandais dans le combat avant de les estourbir en douceur de leur supériorité technique, à quel retour faut-il s'attendre ? «Comme en Irlande, on va essayer de gagner le match», a promis Thierry Henry hier. Il devrait donc faire de la politique... Des deux côtés du barrage, marquer ne sera en effet d'abord qu'un objectif subsidiaire, le but premier consistant à n'offrir que le minimum de prise, ce que les Français avaient réussi samedi (seulement trois corners concédés). Dans l'esprit des coachs, les erreurs de l'adversaire, sa fébrilité indexée sur la pendule du stade, feront le reste, peut-être. C'est sur cette base-là que l'Irlande a marqué presque partout, y compris en Italie (1-1).

Sang-froid

La proximité entre l'aller et le retour peut toutefois modifier ces pré-supposés. Quatre jours, c'est peu pour effacer les traces physiques et morales d'un combat de l'intensité de celui de Croke Park. Dès lors, les deux équipes seront-elles aussi constantes dans l'application de leur plan de jeu qu'elles l'ont été samedi ? Pas sûr non plus que les joueurs soient aussi maîtres de leurs nerfs. Le souvenir des coups reçus est si frais qu'il existe un passif, au-delà du seul duel Andrews - L.Diarra. Ce n'est pas le moment de craquer, pourtant. «A tous les matchs, il faut du sang-froid», a évacué hier Raymond Domenech devant la presse. Il sera plus convaincant face à ses joueurs.

  • Benoit Siohan

Gourcuff aura-t-il les clés ?

Raymond Domenech en parle comme d'une «évidence». En vingt minutes jouées en Autriche, puis 90 disputées quatre jours plus tard contre la Serbie à l'automne 2008, Yoann Gourcuff est devenu incontournable.

Pas tout à fait le même poste

Après Nasri et Benzema, vite portés aux nues dix-huit mois plus tôt puis doucement happés par l'exigence de la concurrence et du haut niveau, on tenait enfin «le nouveau Zidane». En un an, Yoann Gourcuff semblait être devenu si indispensable que lorsque l'équipe de France dut s'en passer en octobre pour jouer contre les îles Féroé puis l'Autriche, Raymond Domenech choisit de mettre de côté le système (4-2-3-1) taillé aux cotes de maître Zizou et dans lequel il s'était coulé si naturellement. Remis de sa blessure, le meneur de jeu des Girondins de Bordeaux a tout naturellement retrouvé sa place de titulaire samedi en Irlande. Mais pas tout à fait son poste ni ses prérogatives. Contrairement à ce qui se produisait depuis un an, Gourcuff a évolué plus haut qu'Henry et Anelka, presque en position de deuxième attaquant. Fatalement, il a touché moins de ballons, moins de ballons exploitables surtout, et eut donc moins d'influence sur le jeu.

L'affaire des coups de pied arrêtés

Plus surprenant, le Lorientais a perdu, provisoirement ou non, ses prérogatives de tireur de coup-franc. On sait pourtant l'importance de ceux-ci dans l'efficacité offensive des Girondins de Bordeaux. Interrogé hier sur ce changement, Thierry Henry, qui a hérité du rôle, a paru gêné. «C'est une décision du coach, on en a parlé, voilà, ça s'est arrêté-là.» Raymond Domenech, qui écoutait derrière le rideau, a eu le temps de préparer sa propre réponse. «C'était variable. Dans l'organisation du jeu c'était plus clair comme ça. Peut-être que «Yo» est meilleur de la tête (sous entendu, que Thierry Henry). C'était un plus.» Parfois, quand même, le sélectionneur est plus convaincant. Mais ainsi va la vie de la sélection, avec ses codes et ses tauliers. Yoann Gourcuff a-t-il fini par faire trop d'ombre aux derniers? Il ne serait pas le premier à être ainsi mis sous surveillance par les barons. Si c'est le cas, et pas une simple vue de l'esprit, il s'en sortira en jouant simple et en servant les maîtres, au moins dans un premier temps. Le pouvoir est une école de patience.
  • B.S.

Domenech, ce héros

«Je suis toujours dans le même état d'esprit: préparer les joueurs pour qu'ils jouent le match, pas l'avant, pas l'après. Et si personne n'était là pour me le rappeler, je ne le saurais même pas.» Pour la énième fois, Raymond Domenech vient de répondre à une question sur son ressenti à la veille de ce qui est peut-être son dernier match à la tête des Bleus. Une si longue habitude pour lui...

Les sept vies du sélectionneur

Combien de fois, depuis cinq ans et quatre mois qu'il est à la tête de l'équipe de France, le sélectionneur s'est-il retrouvé face à semblable quitte ou double personnel? On compte sur les doigts et on n'en revient pas. On parlait déjà de son remplacement à l'hiver 2005 lorsque son équipe était engluée dans les qualifications pour la Coupe du monde en Allemagne. On en a reparlé une fois l'objectif atteint. Puis après le premier tour pénible du Mondial 2006. Puis après l'échec de l'Euro 2008, qu'on crut rédhibitoire. Et encore après le naufrage d'Autriche - France (3-1) en septembre2008. Puis à la veille de Serbie - France le mois dernier... Si Raymond Domenech le sélectionneur a sept vies comme les chats, il est en train de croquer la dernière. Mais il a le droit de la rêver longue. Ce soir au Stade de France, ce sera comme tous les soirs. Lors de la présentation des équipes, le sélectionneur sera copieusement sifflé par ceux qui, dans les instants précédents, auront acclamé chacun de ses joueurs, jusqu'au plus obscur pensionnaire du bout du banc. C'est ainsi, nul n'y peut rien désormais. Il y a belle lurette que cette pluie-là ne pénètre pas la carapace du Breton d'adoption. Malgré les nombreuses hostilités dont il est l'objet, Domenech continuer d'avancer et de construire son oeuvre.

Record en vue

A l'heure du bilan, la proportion de ses détracteurs aura-t-elle diminué? Ça dépendra déjà du match de ce soir, qui doit lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre en Afrique du Sud. Et de ce qui se passera là-bas, au cas où. En attendant, Domenech engrange un bilan purement comptable. Il dit que c'est le cadet de ses soucis, mais mine de rien, celui qu'on présente régulièrement comme «un sélectionneur sans palmarès» s'apprête à laisser une trace profonde dans l'histoire de l'équipe de France. Si son équipe ne perd pas ce soir, Domenech deviendra le premier à avoir qualifié les Bleus à trois reprises - aucun échec - pour une phase finale de grande compétition. Et avant même la Coupe du monde, celui qui les dirigera pour la 72efois ce soir dépasserait Michel Hidalgo, sélectionneur à 75 reprises entre1976 et1984. Ce serait sans doute un record pour toujours.

Populaire un jour?

Mais «Raymond la science» part de si bas que pour devenir enfin populaire, il devrait encore faire tellement plus! La condition de sa réhabilitation épouse sans doute l'objectif qu'il poursuit depuis une certaine séance de tirs aux buts le 9juillet 2006 à Berlin. Domenech populaire un jour? Franchement, ce serait une bonne idée!
  • Benoit Siohan

Trapattoni. «Nous pouvons y croire !»



Le sélectionneur italien de l'Irlande, Giovanni Trapattoni, a assuré hier que son équipe pouvait croire à la qualification contre la France.

- Il est rare qu'une équipe ayant perdu à domicile se qualifie au match retour. Qu'est-ce qui vous rend si confiant?
«Je suis confiant parce qu'au football, chaque match est différent. L'adversaire, la situation... Ce n'est jamais la même chose. J'ai dit à chacun de mes joueurs: ?Nous pouvons y croire!? Nous pouvons réussir cette qualification. Vous avez encore 90 minutes à jouer. Notre point fort jusqu'ici a été notre mentalité, contre la Bulgarie, contre l'Italie. Il y a toujours une chance.»

- Quelle sera votre équipe? Y aura-t-il des changements?
«Avant hier (lundi, date du dernier entraînement en Irlande), je songeais à modifier l'équipe. Même si c'est encore possible, il me reste une nuit, je pense que tous les joueurs méritent de jouer à nouveau. Ils ont tous récupéré. Je suis sûr qu'ils peuvent tenir 90 minutes et plus.»

- La France joue à domicile. Vous attendez-vous à ce qu'elle prenne le match à son compte dès le coup d'envoi? Pensez-vous qu'il y aura des changements dans son effectif?
«Ils ne pourront pas jouer de la même façon. Ils ne parviendront pas au même résultat en utilisant la même tactique. Peut-être qu'il y en aura (des changements). Nous connaissons toute l'équipe. Mettre Squillaci à la place d'Abidal ou remplacer Gignac par Benzema... Nous connaissons tous ces joueurs.»

[SIG_CAPGRASR]Règlement.[/SIG_CAPGRASR]
Prolongation et tirs au but en cas d'égalité En cas d'égalité parfaite après les barrages aller et retour du Mondial 2010, ou après un match d'appui, les deux équipes disputeront une prolongation de deux fois quinze minutes, et éventuellement, si l'égalité persiste, des tirs au but. Rappelons que, lors des barrages aller et retour, le but à l'extérieur «compte double» en cas d'égalité, selon l'expression consacrée.

Thierry Henry. «Il nous reste une bataille»



Le capitaine et attaquant de l'équipe de France, Thierry Henry, a refusé tout triomphalisme, hier, avant le match contre l'Eire, estimant qu'en dépit du succès 1-0 à Dublin, il restait encore «une bataille à mener».

- Y a-t-il du soulagement après le match de samedi et avant le match retour ?
«Je ne dirai pas du soulagement, parce que ce serait du relâchement. Il y a au contraire de l'excitation.»

- Vous êtes tranquilles ?
«Non. Il reste un match. Cela fait deux ans qu'on souffre. Maintenant, il ne reste plus beaucoup de temps avant d'y arriver. On a gagné là-bas mais il nous reste une bataille à mener. Ce ne sera pas évident parce qu'ils ne lâcheront rien.»

- Quelle devra être la tactique: défendre ou attaquer ?
«Quand on va sur le terrain, on essaie de gagner. Ce sera pareil mercredi. Il ne faut pas penser au joker que tu peux avoir. On fera les comptes à la fin.»

- Le plus dur a été fait ?
«Le plus dur reste à faire. Il faut terminer le travail. Essayons de ne pas rater la dernière marche.»

- Est-ce que ce sera l'un des matchs les plus importants de votre carrière ?
«Sur l'ensemble de ma carrière, on ne peut pas dire cela.»

- Craignez-vous les provocations des joueurs irlandais ?
«Je ne m'attends à rien du tout. Je m'attends à une équipe qui impose un combat physique, agressif. Le reste est anecdotique.»

- La télévision irlandaise a relaté une altercation entre vous et le sélectionneur à propos de la non-convocation de Patrick Vieira...
«C'est de bonne guerre. Ce que je trouve dommage, c'est que cela sorte aussi chez nous. Mais j'ai vécu huit ans en Angleterre, donc je sais exactement comment cela se passe.»
  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
Exportez cet article
Rechercher

S'abonner au Télégramme

S'abonner au télégramme
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R