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Brice Taton. La déception de ses proches après la réduction de peine de ses agresseurs

26 janvier 2012 à 16h56

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La Cour d'appel de Belgrade a considérablement réduit, ce jeudi, les peines de prison prononcées contre les 14 personnes condamnées dans le cadre de la mort de Brice Tatonce supporteur toulousain de 28 ans tué en 2009 dans la capitale serbe. Si les peines initiales prononcées par un tribunal de Belgrade en janvier 2011 allaient de 4 à 35 ans de prison, celles prononcées par la Cour d'appel vont de 4 à 15 ans de prison... Dans cette affaire, les deux principaux agresseurs, bien que condamnées, sont toujours en cavale.

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"La Cour d'appel estime que le tribunal a correctement établi les circonstances (...) mais, pour la plupart des accusés, ces circonstances n'ont pas été prises en compte lorsque les peines initiales ont été prononcées", indique cette institution dans un communiqué.

La Cour d'appel estime que ces peines, même réduites, vont "pleinement couvrir la raison de la punition"
La Cour, qui a maintenu le chef d'accusation de "meurtre aggravé", estime que même les peines réduites vont "pleinement couvrir la raison de la punition".

Selon l'avocat de la famille Taton, Me Slobodan Ruzic, désormais seul le parquet ou les avocats des condamnés peuvent saisir la Cour suprême de cassation de Serbie.

Une "décision de compromis"
Il a précisé avoir informé la famille Taton de ce verdict, sans donner de détails sur leur réaction. "J'ai le sentiment qu'il s'agit d'une décision de compromis, afin de satisfaire le besoin de punir les meurtriers, mais aussi de réduire leurs peines, car la Cour n'a pas réussi à établir ce qui s'est passé exactement", lorsque Brice Taton a été tué, a-t-il poursuivi.

Des peines réduites de moitié, voire plus
Djordje Prelic et Dejan Puzigaca, tous deux toujours en fuite depuis le drame, avaient écopé respectivement de 35 et de 32 ans de prison. Désormais, leur peines sont réduites respectivement à 15 et 14 ans. Deux autres personnes, Ivan Grkovic et Ljubomir Markovic, ont vu leurs peines initiales de 30 ans de prison chacun, réduites à 13 ans de prison chacun. Les quatre hommes étaient considérés comme les leaders du groupe et étaient accusés d'avoir "planifié et organisé" leur action.

Les huit autres condamnés pour "meurtre aggravé", mis à part les quatre organisateurs, s'étaient vu infliger des peines de douze à quatorze ans. Selon la décision de la Cour d'appel, leurs peines vont désormais de 7 à 8 ans et demi de prison.

Pour les deux derniers inculpés, Dejan Stankovic et Stepa Petrovic, reconnus coupables de violences contre d'autres supporteurs français, les peines initiales étaient de respectivement 4 et 5 ans. La peine de Stankovic a été maintenue et celle de Petrovic ramenée à 4 ans.

Rappel des faits
Brice Taton avait été mortellement frappé le 17 septembre 2009 à Belgrade, où il était venu assister à un match de l'équipe de Toulouse, dont il était supporteur, contre le Partizan Belgrade en Europa League. Quelques heures avant la rencontre, Brice Taton et ses compagnons avaient été attaqués avec une violence extrême par des supporteurs serbes dans le centre de Belgrade. Grièvement blessé à la tête et au thorax, Brice Taton est mort le 29 septembre dans un hôpital de Belgrade. Il avait 28 ans.

Ce drame avait suscité une émotion considérable en France, mais aussi en Serbie, attirant de nouveau l'attention sur la violence de supporteurs sportifs serbes, dont s'était inquiété le président Boris Tadic lui-même.

"C'est douloureux, ça remue le couteau dans la plaie"
"Pour les parents de Brice, pour moi, c'est douloureux, ça remue le couteau dans la plaie. C'est surprenant de voir que les peines sont réduites de moitié", a dit le président de l'association Brice Taton, Philippe Maury. "Mais il faut positiver: même si elles sont réduites, les condamnations sont maintenues", a ajouté M. Maury.

Il a lui-même été blessé à la tête et brûlé par des fumigènes lors de l'embuscade tendue par les ultras du Partizan Belgrade, le 17 septembre 2009. "Après ce marathon judiciaire qui a ricoché de renvoi en renvoi", les parents de Brice Taton "sont moralement fatigués", a expliqué leur avocat, Me Guy Debuisson. "Ils veulent maintenant retrouver une paix morale, à défaut de sérénité, d'autant qu'ils ont inhumé Brice il y a quelques semaines", près de Toulouse. "Pour eux, a-t-il ajouté, le livre de ce drame doit se refermer, pour faire le deuil".

  • La rédaction avec AFP
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