5 novembre 2009
En décrochant, mardi à Munich (0-2), son billet pour les 8es de finale de la Ligue des champions après seulement quatre journées, Bordeaux a changé de rang et de monde, exportant désormais en Europe les qualités qui l'ont fait champion de France.
Participants épisodiques à la C1 (quatre fois en 19 ans), les Bordelais, habitués du troisième chapeau et donc des tirages délicats, ont tranquillement franchi un cap. Comme des grands qu'ils sont devenus en France depuis deux ans, et sans toujours être brillants. Le souvenir de Chelsea en septembre2008 (0-4), et «ces petits enfants heureux d'être à Stamford Bridge» évoqués lundi par l'entraîneur Laurent Blanc, est bien oublié. En l'espace de quatorze mois, Bordeaux a mis fin à l'ère lyonnaise en France et sa nouvelle maturité lui a permis de franchir un palier sur une scène continentale qui s'annonçait trop grande avec des adversaires comme le Bayern et la Juventus Turin.
Un bloc solidaire
Certes, le Bayern Munich n'est plus ce qu'il était et, privé de ses principales forces vives, il n'a pas proposé ce que l'on attend d'un grand d'Europe. Il est resté brouillon, inefficace, sans grande cohésion et coupable de choix tactiques douteux. En face, le bloc défensif bordelais, compact, concentré et solidaire, s'est mis en évidence, insistant sur ses habitudes collectives quand l'absence de Ribéry se faisait cruellement sentir en face. Même si Bordeaux aurait dû être sanctionné d'un penalty et jouer à dix après une faute de main de Ciani (32e), ce Munich-là n'avait tout simplement pas le niveau suffisant. «Par rapport à l'année dernière, on voit que la chance a tourné», estime le latéral droit Matthieu Chalmé, en référence à la défaite contre la Roma la saison passée (1-3), quand l'exclusion sévère du Brésilien Henrique avait tout changé après une entame prometteuse.
«Quelque chose de très fort»
La qualification a aussi été le fruit d'un froid réalisme italien matérialisé par le duo Chamakh-Gourcuff retrouvé, d'une rigueur tactique allemande et d'un sens de l'abnégation dans le combat typiquement britannique. Comme si les hommes de Laurent Blanc s'étaient inspirés des leçons reçues. Le nul ramené de Turin (1-1) en septembre en était le premier exemple, les deux victoires face aux Bavarois la confirmation. «On m'aurait dit qu'on serait déjà qualifié pour les huitièmes après le quatrième match, je vous aurais pris pour des fous», reconnaît Blanc. «C'est quelque chose de très fort. Cela prouve qu'on progresse. Cela fait deux ans qu'on fait cette compétition, on sait la difficulté que l'on a, que les clubs français ont», ajoute-t-il en comparant cette performance à celle de Lyon à Liverpool. «C'est un exploit très confortable et de bon augure pour la suite», salive de son côté le président Jean-Louis Triaud.
Pour ce déplacement à l'Île de La Réunion, la Fédération française de football prend en charge 20 personnes, soit 16 joueurs et quatre accompagnateurs. Le départ est fixé le lundi 16novembre de Roissy pour un retour le mardi26. Un arbitre de la métropole et un accompagnateur, Daniel Cleenewerck, responsable de la commission de la Coupe de France, feront également partie de la délégation.
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