Assemblée générale de la Ligue de Bretagne, hier à Lannion. Le Graët : «Je crois aux hommes»
Marquée par l'allocution très incisive de Noël Le Graët, l'assemblée générale de la Ligue de football, hier à Lannion, a permis de mesurer la motivation des dirigeants bretons face à la crise des licenciés et du bénévolat qui sévit actuellement.
Tout de suite après les interventions de Christian Marquet, le maire de Lannion, et Jean-Claude Hillion, celui de la LBF, son allocution a saisi la vaste assemblée. Devant les quelque 600 personnes qui s'étaient massées au Centre des Ursulines, Noël Le Graët a redit sa religion. «Je crois aux hommes. Soyez fiers d'être des dirigeants de football. Il faut arrêter de se plaindre et repartir sur de bases nouvelles», s'est enthousiasmé le désormais ancien président d'En Avant. L'assemblée annuelle de la Ligue de Bretagne n'avait jamais accueilli en son sein un président de Fédération française. La présence du Guingampais était évidemment symbolique. Pour les footballeurs bretons, bien entendu, qui forment toujours, malgré la baisse du nombre de leurs licenciés, la quatrième ligue de France. Pour Noël Le Graët lui-même, qui a construit sa victoire depuis son fief d'Armorique et honorait ici sa nouvelle fonction au plus près du football amateur.
Des états généraux du football breton
Jean-Claude Hillion l'a dit sans ambages: «Nous attendons beaucoup de vous». Et d'espérer, «une équipe de France qui donne envie, une Fédération sans affaire et davantage à notre écoute...» Hier matin, malgré la crise actuelle, les débats furent d'ailleurs courtois. Voire sereins. Persuadé que le ballon ne tournera rond que si le dialogue s'instaure, Jean-Claude Hillion a annoncé la tenue d'États généraux du football breton à l'automne, inspirés de ceux qui ont eu lieu à l'échelle hexagonale. «Une bonne décision, a approuvé Noël Le Graët. Il faut réfléchir tous ensemble aux actions à mener.» À l'automne également, une AG extraordinaire reviendra ou non sur le mode d'élection de la prochaine équipe dirigeante. «Scrutin plurinominal ou scrutin de liste? On en débattra», promet le président de la LBF.
La responsabilité des clubs de CFA 2
«Là où il y a une volonté, il y a un chemin», a rappelé Daniel Gilles, le vice-président du conseil régional, en paraphrasant Lénine. L'agrandissement et la rénovation du centre technique régional Henri-Guérin, berceau de la préformation en Bretagne, participera également de cette volonté. Sur le terrain, enfin, cette volonté sera plus nécessaire que jamais du fait de la restructuration des championnats nationaux. À l'horizon 2014, il y aura en effet 26 clubs de moins en National, CFA et CFA2 confondus. Selon les comportements des clubs bretons en CFA2, cela ne sera pas sans conséquence au niveau de la DH et de la DSE. Dans le cas extrême (et assez improbable) où les cinq derniers du prochain championnat de CFA2 seraient tous Bretons, cela entraînerait ainsi six descentes de DH en DSE. Reste à souhaiter qu'à l'ouest, la courbe des résultats n'épouse pas celle des licenciés. «J'ai besoin que nous, Bretons, formions une Ligue exemplaire», a prévenu Noël Le Graët. Rendez-vous dans un an pour vérifier cette exemplarité.
Le président de la Fédération à l'écoute
Troisième meilleur 13e de CFA 2, et donc sauvé si l'on s'était référé au règlement du début de saison, le Lannion FC a été repoussé à la 6e place de son mini-championnat après que les règles furent changées en février. En perdant le bénéfice de ses deux succès sur Quimper, le 16e et dernier de la classe, le LFC a ainsi vu ses espoirs de maintien s'envoler. Pas entendu par la commission fédérale des championnats amateurs la semaine dernière, Lucien Cornic remettra mardi «en main propre» le nouveau dossier qu'il est en train de constituer à Noël Le Graët. «Il y a des éléments nouveaux. Le président va le faire étudier par le comité exécutif de la Fédération et nous le rencontrerons samedi», se satisfait Lucien Cornic. Bien sûr, aucune promesse ne lui a été faite. «Mais, cette fois, je sais que la Fédération va se pencher sérieusement sur notre cas».
LICENCIÉS: - 8,5%. La chute du nombre de licenciés n'a pas été éludée. Le record historique date de la saison 2006-2007. Mais les 166.967 adhérents sont aujourd'hui bien loin pour les bénévoles bretons puisque cet exercice 2010-2011 s'est soldé par une forte baisse: 141.682 licenciés contre 154.791 l'an dernier soit un recul de 8,5%. Un chiffre qui renvoie à la saison 1997-1998 (146.613). Par districts, la répartition est ainsi faite: Ille-et-Vilaine, 43.128 licenciés; Morbihan, 32.507; Côtes-d'Armor, 28.177; Finistère Nord, 21.814; Finistère Sud, 16.054.
ARBITRES: - 6,7%.
Bien sûr, cette chute du nombre de licenciés touche toutes les composantes du football breton. Le nombre d'arbitres passe ainsi de 1.730 à 1.614 en un an. Chez les joueurs, la chute est énorme chez les U7 (1.692 apprentis footballeurs de moins soit une perte de 25%!). La catégorie U16 est la seule à résister (+1,4%) avec les U14 (-0,5%).
COUPE DE FRANCE: COMME AVANT. Cela mérite d'être redit, la Coupe de France va redevenir telle qu'avant. Finis les niveaux, revoilà les divisions. Il suffira à nouveau de deux divisions d'écart pour que le «petit» soit certain de recevoir le «gros». Autre nouvelle approuvée à l'unanimité: la finale de la coupe de Bretagne n'aura plus lieu aussi tard que cette saison. Sa date a déjà été fixée au 3juin, la fin du championnat de DH étant, quant à elle, prévue le 20mai.
Le foot féminin français en plein paradoxe
Sur les quelque deux millions de licenciés que compte la Fédération française de football, un peu plus de 60.000 sont des joueuses. La comparaison avec le million de licenciées allemandes est cruelle, et pourtant c'est bien Lyon qui s'est adjugé la dernière Ligue des champions féminine aux dépens des Allemandes de Potsdam. A priori, l'équipe de France ne joue pas tout à fait dans la même cour que la Mannschaft féminine, double championne du monde en titre, mais les filles de Bruno Bini veulent un résultat lors de ce Mondial et attendent avec impatience leur troisième match de poule face à l'Allemagne, le 5juillet. «60.000 licenciées, au vu de ce que fait l'élite, c'est loin d'être suffisant, c'est même indécent», regrette Marilou Duringer, chef de la délégation des Bleues et ancienne membre du Conseil fédéral. A la FFF, l'objectif 100.000 licenciées d'ici trois ou quatre ans est affiché. Mais beaucoup de retard a été pris par rapport aux pays les plus en pointe et la tâche semble immense. «Un plan de développement conçu avec la DTN est en cours, avec pour objectif notamment d'avoir des compétitions féminines dans toutes les catégories d'âge. Il y a aussi un projet de féminisation des instances, explique Marilou Duringer qui, outre la question de la pratique sportive à l'école, pointe «un vrai manque de considération» et un durable «problème de mentalité». «Il faudrait aussi installer des équipes féminines dans la plupart des clubs professionnels», ajoute-t-elle.
Pensée parasite
Lyon est aujourd'hui l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur club européen. Montpellier et le Paris SG ont des sections féminines performantes, comme à un degré moindre Toulouse et Saint-Etienne. Marseille, de son côté, ne lancera son équipe féminine que la saison prochaine. Mais la question des clubs se pose en fait bien avant l'échelon professionnel. Autorisées à jouer avec les garçons jusqu'à 14 ans, les filles qui veulent continuer doivent ensuite trouver une équipe féminine. C'est là que tout se complique. Face à la confidentialité de leur discipline, les meilleures joueuses françaises sont conscientes de la nécessité de faire parler d'elles et de leur sport, en premier lieu par des résultats. A ce titre, le sacre européen de Lyon, diffusé en direct sur une chaîne de la TNT, a créé un certain intérêt médiatique qui pourrait se confirmer avec le Mondial allemand. «Dans la conquête des clubs et du public, ça avance. Et si la Coupe du monde est un succès, ça peut influer. Elles doivent jouer et séduire», estime Marilou Duringer. Bruno Bini ne veut pas en revanche que ses joueuses se sentent en mission. «C'est mon boulot de l'éviter. Elles n'ont pas à porter sur leurs épaules toute la misère du football féminin. Il ne faut pas que ça devienne une pensée parasite», estime le sélectionneur.
DH. Lannion, Quimper Kerfeunteun, Paimpol, TA Rennes, OC Cesson, Elven, Plaintel, Plouzané, La Vitréenne (B), Plouvorn, FC Quimperlé, Rannée-la-Guerche, Ploërmel, SC Morlaix. DSE. Groupe A: Lannion (B), Stade Briochin, Landerneau, Plabennec (B), Saint-Renan, Stade Brestois (C), Quimper Kerfeunteun (B), Concarneau (B), Larmor-Plage, Carnac, Stade Pontivyen, Pluvigner. Groupe B: Guichen, Chartres, CPB Bréquigny, Montgermont, Chantepie, AS Vitré (B), AGL Fougères, US Saint-Malo (B), Frémur-Fresnaye, US Langueux, Vannes OC (C), Questembert. DSR. Groupe A: Légion Saint-Pierre, Guilers, Guipavas GDR, Landivisiau, Lannilis, Plouguerneau, Plouvorn (B), Bégard, Servel-Lannion, SSO Ploufragan, Paimpol (B), Stade Briochin (B). Groupe B: Douarnenez, Plouhinec, Pont-L'Abbé, Plobannalec-Lesconil, Ergué-Gabéric, Carhaix, Trégunc, FC Quimperlé (B), Quéven, La Montagne (B), FC Lorient (C), CEP Lorient. Groupe C: Ploemeur, Vannes Ménimur, GSI Pontivy (B), Noyal-Pontivy, Guénin, Baud, Theix, La Gacilly, Stade Rennais (C), CPB Bréquigny (B), Saint-Jacques, Mordelles. Groupe D: Argentré, Châteaubourg, Romagné, Saint-Grégoire, La Chapelle-des-Fougeretz, Montauban, Vignoc-Hédé-Guipel, Combourg, Dinan-Léhon (B), Lamballe, CO Briochin, Hillion. DRH. Groupe A: AS Brest, Gouesnou, Dirinon, Coray Glazick, Châteaulin, Quimper Kerfeunteun (C), Fouesnant, Melgven, Ergué-Armel, Rosporden, Penmarc'h, US Quimperlé. Groupe B: Rostrenen, Grâces, Cavan, Ploubazlanec, Saint-Thégonnec, Cléder, Lesneven, Plabennec (C), Ploudaniel, Plourin-lès-Morlaix, Santec, Saint-Pol-de-Léon. Groupe C: Vildé-Guingalan, AS Ginglin Saint-Brieuc, Plancoët, Plérin, Quessoy, Lanrelas, Plouha, Gazélec Saint-Brieuc, Langueux (B), Uzel-Merléac, Rance foot, Dinard. Groupe D: US Saint-Malo (C), ASJC Saint-Malo, Pacé, Breteil, TA Rennes (B), OC Cesson (B), AS Vitré (C), Servon, Val-d'Izé, Betton, Saint-Brice-en-Coglès, Retiers. Groupe E: Guichen (B), Atlantique Vilaine, Bains-sur-Oust, Guer, USSAC Saint-Abraham, Ruffiac, Marzan, Séné, Saint-Avé, Ploeren, Moréac, Saint-Co Locminé (B). Groupe F: Pluméliau, Languidic, Mendon, Quiberon, FC Auray, Belz, Vigilante Keryado, FOLCLO Lorient, FC Lorient (D), Guidel, ESSOR Port-Louis. PH. Groupe A: Monterblanc, Saint-Nolff, La Gacilly (B), Malansac, La Vraie-Croix, Muzillac, Cruguel, Malestroit, Loyat, Guégon, Elvan (B), Ploërmel (B). Groupe B: Pluvigner Kériolets (B), Camors, Baud (B), AS Pluvigner, Riantec, Vannes Ménimur (B), ASTO Vannes, Saint-Jean-Brévelay, Bignan, US Séné (B), Plescop, Noyal-Pontivy (B). Groupe C: Caudan, Lanester, Gestel, SP Lorient, Plouay, Clohars-Carnoët, Moëlan-sur-Mer, US Concarneau (C), Ergué-Gabéric Amic., Gourin, Scaër, Mellac. Groupe D: Stade Landernéen, AS Plougastel-Daoulas, Landerneau FC (B), Brest Lambézellec, Étoile Saint-Roger Le Relecq, Treffiagat-Le Guilvinec, Plonéour, Plozévet, Telgruc, Châteaulin (B), Pen Ar Bed, Crozon. Groupe E: Brest Beneton, Bohars, ASPTT Brest, Plougonvelin, Plouzané (B), Portsall, Milizac, Lanhouarneau, Plouescat, Taulé, Guiclan, Plouguerneau (B). Groupe F: SC Morlaix (B), Pleyber-Christ, Plougonven, Perros-Louannec, Ploubezre, Bégard (B), Lanvollon, Saint-Nicolas-du-Pélem, Binic, Pontrieux, Pordic, Trémuson. Groupe G: Saint-Brandan, Ploeuc, CO Briochin (B), Plédran, Plessala, Ginglin Saint-Brieuc (B), La Motte, Erquy, Lamballe (B), Flora Saint-Alban, Plouguenast, Plaintel (B). Groupe H: Trélivan, Trémorel, Merdrignac, Pleslin-Trigavou, Pleudihen, Evran, Plouasne, Bédée, Château-Malo, Dol-de-Bretagne, Saint-Jouan, Plerguer. Groupe I: La Mézière, Lecousse, Saint-Grégoire (B), Gosné, AGL Fougères (B), Saint-Aubin d'Aubigné, Montgermont (B), Melesse, Thorigné, Liffré, Geveze, Romagné (B). Groupe J: CPB Rennes foot, Bruz, Chantepie (B), Domloup, Espérance Chartres (B), Noyal Brécé, Rennes Espérance, Le Rheu, Saint-Gilles, Chavagne, Bain-de-Bretagne, Brocéliande Eskouaden.
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