5 novembre 2009
Il y a deux ans, son «Safran» en avait étonné plus d'un entre Le Havre et Bahia (2e). Cette année, Marc Guillemot, qui repart avec Charles Caudrelier, espère faire encore mieux au Costa Rica.
En octobre 2007, le plan Verdier -VPLP était l'objet de tous les commentaires. Ça causait sur les pontons ! Le 20 novembre, ça causait beaucoup moins. Ce jour-là, Marc Guillemot et Charles Caudrelier venaient de terminer la Transat Jacques Vabre en deuxième position, à seulement 54 minutes du vainqueur «Foncia». Et depuis ? Depuis, il y a eu le Vendée Globe, l'assistance portée à Yann Eliès dans les mers du Sud, la perte de la quille lors des 1.000 derniers milles et cette formidable troisième place sur le podium. De quoi rendre son skipper heureux.
«On va être copié»
«Oui, forcément, je suis content de mon bateau mais il ne faut pas s'endormir. Il faut le faire évoluer car il y a d'autres bateaux qui vont arriver». Dont certains seront, dit-on, très inspirés de son «Safran». «Je sais que je fais des envieux avec mon bateau. Je sais aussi qu'on va être copié, donc il faut qu'on continue à avancer, à progresser». Et quand un skipper de 60 pieds Imoca parle de «faire progresser un bateau», entendez par-là «l'alléger». «On a effectivement gagné du poids, bossé sur le gréement». Guillemot n'a pas oublié qu'il y a deux ans, sur la route de Bahia, sa garde-robe lui avait joué des tours : «Nos voiles de portant n'étaient pas du tout au point. On avait manqué de préparation et on l'avait payé au prix fort».
«Je ne suis pas une girouette»
Pour cette neuvième édition, le Trinitain, dont le partenaire a renouvelé le contrat jusqu'en 2014, a décidé de faire de nouveau confiance à Charles Caudrelier. Par fidélité tout d'abord. «Après mon Vendée Globe, j'ai eu plusieurs propositions, dont certaines qui me plaisaient bien mais je ne suis pas une girouette. Charles était présent au début du projet, il connaît le bateau, il était logique de lui proposer de continuer». Ce duo fera incontestablement partie des favoris tout au long des 4.730 milles du parcours. Guillemot en convient volontiers: «Oui, avec ?Safran?, on a l'outil pour gagner mais nous ne sommes pas les seuls à pouvoir l'emporter».
Les pièges du golfe du Mexique
Selon lui, le nouveau parcours entre Le Havre et le Costa Rica s'annonce «très ouvert. On a 300 milles de plus à parcourir qu'en 2007. Certes, il n'y a plus de Pot au Noir mais, à la place, nous avons le golfe du Mexique avec des vents faibles au milieu des plate-formes pétrolières. Ce n'est pas forcément plus simple». Des vents faibles ? Guillemot se frotte les mains : son «Safran» est une bombe dans ces conditions-là...
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