20 janvier 2012
Thomas Voeckler, vous sortez d’une saison 2011 assez incroyable. Avez-vous eu le temps de réaliser ce qui vous est arrivé
J’ai toujours eu conscience de la valeur de mes performances. Beaucoup de gens m’en reparlent d’ailleurs. Cela dit, je ne suis pas du genre à faire des bilans ou à me retourner sur la saison passée. Je n’ai pas la nostalgie des bons moments. Pour être honnête, tout cela est déjà derrière moi. La page est tournée. J’ai toujours fonctionné ainsi, que ma saison soit réussie ou pas.
Après une saison 2011 aussi riche, on imagine que vous étiez content de souffler...
J’étais content de voir la saison se terminer, c’est vrai. Maintenant, ce n’était pas propre à ma saison 2011. J’ai toujours hâte d’arrêter et j’ai toujours hâte de reprendre la compétition. Si mon physique me le permettait, je serais prêt à recourir en décembre.
Avez-vous réussi à déconnecter du monde du vélo durant l’intersaison
Lors de mes trois semaines de vacances, en famille ou avec des amis, je suis parvenu à faire le vide et à profiter pleinement. J’adore mon sport, j’adore ce que je fais mais j’arrive assez facilement à passer à autre chose".
Il y a un an, vous étiez pourtant loin d’imaginer ce qui vous attendait...
Comme toujours, je ne faisais pas de plans sur la comète. Mais si on m’avait dit que j’allais arriver au départ du Tour de France avec huit victoires en poche, que j’allais de nouveau porter le Maillot jaune durant dix jours et que j’allais terminer 4e
Avec le recul, comment expliquez-vous pareille saison
Je ne cherche pas d’explications à cela. Ce qui est sûr c’est que je suis dans mes meilleures années. Sans être en grande condition, sans me prendre la tête, je suis parvenu à l’emporter assez rapidement dans la saison, ça m’a enlevé de la pression, ça m’a évité de cogiter et la confiance s’est installée. Quand je me suis présenté au départ du Tour de France, ma saison était d’ores et déjà réussie".
Sept ans après, comment avez-vous vécu cette deuxième "Voecklermania"
Pendant le Tour, je voyais bien que la mayonnaise prenait. Disons que je m’en rendais bien compte mais que je n’en tenais pas compte. Sincèrement, cela n’avait pas d’influence sur ma façon de pédaler. J’étais dans ma bulle, concentré sur ma course. C’était indispensable, du reste. Si on commence à penser à l’événement, vous savez... Tour de France ou pas, pour moi, il s’agissait d’une course de vélo, point. Par la suite, j’ai compris que toute cette effervescence autour de moi n’avait rien à voir avec celle de 2004 qui était pourtant un peu folle. À l’époque, il y avait cinq personnes sur dix qui me connaissaient
L’après Tour a-t-elle été facile à gérer
Grâce à mon expérience de 2004, elle n’a pas été compliquée. A partir du moment où l’on garde à l’esprit que tout ce qui va avec les performances dans le Tour de France est accessoire et que ça va toujours vite dans un sens comme dans l’autre... Bon, parfois, je reconnais que cette popularité m’a un peu agacé mais, en même temps, si j’étais resté tout seul dans mon coin et que personne n’avait cherché à me voir, j’aurais été un peu déçu aussi.
À votre avis, pourquoi êtes-vous le coureur français le plus populaire
C’est difficile à expliquer. Il faudrait le demander aux gens. Peut-être parce que je ne cherche pas à l’être, justement. Je ne joue pas de rôle, je suis resté moi-même. Je n’ai jamais cherché à plaire aux gens. Je fais du vélo comme je l’aime, avec mes convictions et si ça plaît, tant mieux. Je ne vais jamais annoncer que je vais réaliser telle ou telle performance, je ne vais pas faire rêver. Je suis un Français moyen, finalement. Ce n’est pas parce que je passe à la télé que je vais me la raconter. Je ne suis pas non plus quelqu’un qui fait de grands discours. Je suis naturel et je pense que cette proximité séduit le public. Attention, il m’arrive également d’être désagréable ou de mauvais poil. Mais, là encore, les gens le comprennent puisque tout le monde est comme ça dans la vie de tous les jours...
Revenons au Tour 2011, Thomas. Six mois après, pensez-vous que vous auriez pu le gagner
Le gagner, non. À aucun moment. C’était impossible. Je connais trop le vélo. Face à un coureur comme Cadel Evans, je n’avais aucune chance lors du dernier contre-la-montre. Je n’ai aucun regret à ce niveau-là et je n’ai jamais bluffé. En revanche, j’aurais pu terminer deuxième à Paris. Sans une grossière erreur de ma part lors de l’étape de l’Alpe-d’Huez, la deuxième place était envisageable. Ce jour-là, je me suis retrouvé en chasse-patate entre deux groupes et je n’ai pas eu la présence d’esprit de me relever pour attendre Evans et les autres. Je n’aurais jamais dû essayer de suivre Contador et Schleck à tout prix. J’ai manqué de lucidité et je l’ai payé. Si j’avais laissé échapper la victoire sur un coup comme celui-là, je crois que je ne m’en serais jamais remis. Un peu comme lorsque Laurent Fignon disait qu’il n’a jamais digéré ses huit secondes du Tour 1989. Pour moi, deuxième ou quatrième, ça ne change pas la vie...
Né le 22 juin 1979 à Schiltigheim (Alsace)
Réside à Mouilleron-le-Captif (Vendée)
Marié à Julie, un garçon (Mahé), une fille (Lila).
2001-2002
2004 : Championnat de France, A Travers le Morbihan, étape à la Route du Sud.
2005 : étape aux Quatre Jours de Dunkerque.
2006 : Route du Sud, étape au Tour du Pays Basque, Paris-Bourges, vice-champion de France.
2007 : Grand Prix de Plouay, Tour du Poitou-Charentes.
2008 : Circuit de la Sarthe, Grand Prix de Plumelec-Morbihan.
2009 : Etoile de Bessège, Tour du Haut-Var, Trophée des Grimpeurs, étape au Tour de France.
2010 : championnat de France, étape au Tour de France, Grand Prix du Québec.
2011: étape au Tour Méditéranéen, Tour du Haut-Var, deux étapes de Paris-Nice, Cholet-Pays-de-Loire, étape au Tour du Trentin, étape plus classement général des Quatre Jours de Dunkerque.
- Maillot jaune durant dix jours (et 18e) lors du Tour de France 2004.
- Maillot jaune durant dix jours (et 4e) lors du Tour de France 2011.
18 février 2012 à 15h41
12 février 2012 à 14h32
12 février 2012 à 11h44
Christophe Grenet (Evreux AC) a été sacré champion interregional vétérans de cross ce matin à Brest.
8 février 2012 à 16h20
29 janvier 2012 à 16h35