4 juillet 2009
Dans l'écrin luxueux de Monaco, le Tour de France attend un autre départ, aujourd'hui, pour une 96e édition qui multiplie les retours, en priorité ceux de l'Espagnol Alberto Contador, favori logique, et de la star américaine Lance Armstrong.
[SIG_CAPGRASN]Quels changements en un an? [/SIG_CAPGRASN]Un an après une course ternie par de nouvelles affaires de dopage et leur cortège de suspicion, la plus grande épreuve cycliste du monde démarre dans une autre ambiance. Cossue, apaisée en apparence depuis que ses organisateurs (ASO) ont fait la paix avec le pouvoir sportif international (UCI) et que le front antidopage parle d'une seule voix. Mais aussi frémissante et prête à s'enflammer, à tout le moins au plan sportif. En douze mois, le changement a touché ASO. Ses deux premiers dirigeants, Patrice Clerc et Gilbert Ysern, ont été révoqués. La ligne officielle, incarnée par le directeur du Tour Christian Prudhomme, est restée cependant la même sur l'éthique. C'est la seule issue pour restaurer une crédibilité mise à mal depuis que la tempête Festina (1998) a provoqué un tsunami dans le cyclisme et dans le monde sportif. [SIG_CAPGRASN]Que peut faire Armstrong? [/SIG_CAPGRASN]A lui seul, Armstrong cristallise les ambiguïtés de son sport. Le Texan, vainqueur dès 1999, est devenu un mythe qui exerce une indéniable fascination à en juger par la déferlante médiatique qui l'accompagne depuis son retour à la compétition début janvier. Près de quatre ans après avoir quitté le Tour sur un septième succès de rang -le record de l'histoire-, le voilà de retour. Mais, pour lui, tout a changé alors qu'il approche de son 38e anniversaire. «Je ne dois pas nécessairement gagner, j'ai déjà prouvé que j'étais un grand coureur», a estimé l'Américain dans l'Equipe. «Sur un plan personnel, je serai content si je finis dans le top 3 ou le top 5». A Monaco, il s'est retranché derrière la discipline d'équipe après avoir annoncé auparavant qu'il venait pour gagner. «Si Alberto est super, je roulerai pour lui», a-t-il affirmé. Contador, qui retrouve le Tour après une absence d'un an pendant lequel il a gagné Giro et Vuelta, a été désigné leader de l'équipe. [SIG_CAPGRASN]Quels sont les adversaires d'Astana?[/SIG_CAPGRASN] Si le peloton des 180 coureurs compte quatre anciens vainqueurs dans ses rangs - pour la première fois depuis le début des années 1990-, deux appartiennent à la formation kazakhe (Armstrong, Contador) et un autre n'affiche pas de prétentions au classement général (Pereiro). Reste le vainqueur sortant, l'Espagnol Carlos Sastre, encore prêt à surprendre. Les autres candidats déclarés ont aussi fait leurs preuves dans les grands tours, du Russe Denis Menchov, imbattable dans le dernier Giro, à l'Australien Cadel Evans, abonné à la 2e place dans le Tour depuis deux ans. Le Luxembourgeois Andy Schleck, à la tête d'une puissante formation Saxo Bank, mène la jeune génération alors que son compatriote Kim Kirchen veut grimper toujours plus haut. Mais l'équipe Astana compte, elle aussi, deux autres atouts avec l'Américain Levi Leipheimer et l'Allemand Andreas Klöden, qui sont déjà montés sur le podium final. [SIG_CAPGRASN]Où se jouera le Tour?[/SIG_CAPGRASN] Partout, ont l'habitude de répondre les candidats au maillot jaune. Dans les contre-la-montre individuels, dont la part est limitée à 56 kilomètres cette fois, et par équipe. Dans la montagne plus encore, avec l'arrivée à Arcalis dans les Pyrénées, un volet alpestre en trois actes et le Ventoux à la veille de l'arrivée, le 26juillet sur les Champs-Elysées. Mais aussi dans les autres étapes, tant le Tour est d'abord une épreuve de grand fond... dans laquelle chaque journée compte. Le contre-la-montre d'ouverture doit apporter déjà un premier verdict aujourd'hui. «Le circuit est assez dur, ce qui est tout bénéfice pour moi», a estimé Contador. Le nouveau champion d'Espagne du contre-la-montre est impatient d'en découdre, d'être sur la route où vrombissent chaque année les monoplaces de F1. Au départ des 3459,5 kilomètres les plus excitants de l'année cycliste.
Apparu très souriant au retour d'un entraînement, hier en début d'après-midi à Monaco, Boonen a déclaré vouloir «oublier au plus vite cet épisode pour se concentrer sur (ses) ambitions sportives». «Je referme définitivement le tiroir (judiciaire), pour ouvrir celui où j'avais noté mes objectifs, au cas où, et sur lesquels je dois maintenant me concentrer à fond. Je suis prêt», a-t-il affirmé. L'organisateur du Tour, Amaury Sport Organisation (ASO), qui avait récusé Boonen dans un premier temps après un contrôle à la cocaïne hors compétition (donc sans sanction sportive réglementaire) a «pris acte» de la décision du CAS. «La direction du Tour ne doute pas que la nouvelle chance qui est ainsi donnée au grand champion qu'est Tom Boonen le conduira à adopter un comportement exemplaire durant l'épreuve», ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. Pour la deuxième année d'affilée, Boonen avait été interdit de Tour par les organisateurs, après avoir été à nouveau contrôlé positif à la cocaïne hors compétition. ASO avait justifié cette exclusion par «l'atteinte à l'image du Tour». Après un premier recours en début de semaine devant le Tribunal de grande instance de Nanterre, qui s'était déclaré incompétent, le coureur et son équipe s'étaient ensuite adressés à la CAS. L'avocat de Quick Step, Jean-Louis Dupont, avait basé sa plaidoirie sur «la discrimination dont était victime Boonen». «Le Tour n'est pas une discothèque où la direction se réserve souverainement le droit d'entrée, décrétant qu'untel nuit à l'image de l'établissement, alors que tel autre - des coureurs, directeurs sportifs ou commentateurs parfois bien davantage compromis-peut entrer quand même avec la bénédiction de ASO», a-t-il ironisé, hier. Agé de 28 ans, l'ancien champion du monde est l'un des candidats au maillot vert du classement par points, un trophée qu'il a déjà enlevé en 2007. «Toutes ces semaines d'incertitude ont coûté beaucoup d'énergie mentale à Tom. J'aurais aimé qu'il prenne le départ dans de meilleures conditions. Mais il est prêt», a déclaré son directeur sportif, Wilfried Peeters.
[SIG_CAPGRASN] [/SIG_CAPGRASN]8. Pélissier (1930),Merckx (1970, 1974) et Maertens (1976). Victoires d'étapes: Merckx (34). Nombre de jours en jaune: 96. Merckx (en 7 éditions). Victoires finales: 7. Armstrong (1999 à 2005). Podiums: 8. Poulidor (3 fois 2e, 5 fois 3e) en 14 participations entre1962 et1976. Maillots verts: 6. Zabel. Maillots à pois: 7. Virenque. Plus longue échappée solitaire: 253km. Bourlon, en 1947. Plus grand écart à l'arrivée d'une étape: 22'50''. Viejo, en 1976. Contre-la-montre le plus rapide: 54,545km/h. LeMond, en 1989, sur 24,5km. Moyenne la plus élevée sur une étape en ligne: 50,355km/h. Cipollini, en 1999, sur 194,5km (Laval-Blois). Moyenne la plus élevée sur un Tour: 41,654km/h. Armstrong, en 2005. Vainqueur le plus âgé: Lambot (36 ans 4 mois 9 jours), en 1922. Vainqueur le plus jeune: Cornet (19 ans 11 mois 20 jours), en 1904. Participations: 16. Zoetemelk, entre1970 et1986 (aucun abandon).
Sur sa lancée du Tour de Suisse, l'ex-maillot jaune (vainqueur du prologue en 2004 et 2007) pense s'accommoder du parcours sélectif de Monaco, une montée de 7,5 kilomètres jusqu'à la moyenne corniche en surplomb de la Principauté puis une descente technique suivie de faux-plats pour revenir sur le port. «Sur ce circuit, il peut y avoir des différences conséquentes, jusqu'à une demi-minute entre les candidats à la victoire finale», a estimé Alberto Contador, le favori du Tour, après sa reconnaissance. L'Espagnol s'est dit très satisfait de ce parcours, plus long et plus accidenté qu'un prologue traditionnel. Dès le départ, donné sur le site du GP de Formule 1, la route monte vers le célèbre casino avant de sortir de Monaco par Cap d'Ail. Elle grimpe ensuite vers Beausoleil, une ascension classée en quatrième catégorie (Km 7,5), bascule vers Roquebrune-Cap-Martin et déroule ses quatre derniers kilomètres sur le territoire de la Principauté jusqu'à la ligne d'arrivée installée en bord de mer. Lance Armstrong sera le premier des «grands noms» à prendre le départ. L'Américain partira à 16h17, son équipe, Astana, ayant choisi de le placer parmi les premiers partants. Le premier coureur s'élancer sera le Néerlandais Kenny Van Hummel, à 16h. Du côté des Bretons, Benoît Vaugrenard (Française des Jeux) partira à 16h49, Christophe Le Mével à (Française des Jeux) à 17h50 et David Le Lay (Agritubel) à 18 h 03. Les départs seront donnés de de minute en minute, sauf pour les 19 derniers, séparés par un intervalle de 1 minute 30 secondes. [SIG_CAPGRASN]LES PRINCIPAUX D??PARTS.[/SIG_CAPGRASN] 16h17 : Armstrong; 16h37 : Leipheimer; 17h56 : F. Schleck; 18 h36 : A. Schleck; 18h43 : Moreau; 18 h 46 : Chavanel; 18 h 47'30'' : Voeckler; 18 h 49 : Ballan; 18 h 50'30'' : Moncoutié; 18 h 52 : Sanchez; 18 h 53'30'' : Geslin; 18 h 55 : Pellizotti; 18 h 56'30'' : Efimkin; 18 h 58 : Kirchen; 18 h 59'30'' : Astarloza; 19h01 : Wiggins; 19h02'30'' : Menchov; 19 h 04 : Cancellara; 19 h 05'30'' : Contador; 19 h 07 : Evans; 19 h 08'30'' : Sastre.
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