26 septembre 2009
C'est en gagnant à Rennes au terme d'un match formidable que Bordeaux a forcé son destin de futur champion de France au printemps dernier. Double buteur ce soir-là mais incertain pour les retrouvailles de demain, Yoann Gourcuff se souvient.
Un jour, lorsque seule restera la brutalité du classement, le Bordeaux 2008-09, couronné avec trois points d'avance sur l'Olympique de Marseille, aura des airs de champion inéluctable. Mais, si près du dénouement encore, on se souvient que la pente avait été forte et la route du succès sinueuse. On se souvient aussi que c'est à Rennes, un mercredi 29avril où ses adversaires étaient devant leur poste de télévision, que Bordeaux était devenu grand.
«Tout était contre nous»
Quatre jours plus tôt, Yoann Gourcuff et ses coéquipiers avaient bien pulvérisé Vannes (4-0) en finale de la Coupe de la Ligue. Mais le temps de présenter leur trophée au peuple de Chaban-Delmas le dimanche après-midi et d'aller manger un plat de pâtes, ils s'étaient retrouvés à cinq points de l'OM. Restait ce match à Rennes, où personne n'avait gagné depuis le début de saison, pour tenter de réduire significativement le gouffre avant d'aborder les cinq dernières journées. Mais après 27 minutes, Bordeaux était mené 1-0 et réduit à dix. Dix-sept ans après, Marseille allait de nouveau être champion... «Tout était contre nous, se souvient Yoann Gourcuff. Mais, à la mi-temps, on s'est dit qu'on n'avait pas le droit de lâcher. Ensuite, quand on a réussi à égaliser, on a poussé pour marquer un deuxième but. Et, en fin de match, quand Rennes a égalisé à son tour, on a encore poussé pour aller chercher la victoire.»
«Ce n'est pas arrivé qu'une fois»
Le meneur de jeu girondin omet de préciser que c'est lui qui inscrivit les deux derniers buts d'une victoire mémorable (3-2) acquise dans les arrêts de jeu. Mais un peu moins de cinq mois plus tard, il en a gardé le goût, délicieux et intense. «Logiquement, c'était impossible de revenir. Sauf que dans cette équipe, il y a un état d'esprit. Ça s'est confirmé dans les matchs d'après, où on a réussi à renverser des situations incroyables. Ce n'est pas arrivé qu'une seule fois (*). C'est génial! Ça veut dire que les joueurs font preuve d'un état d'esprit conquérant, qu'ils essayent toujours d'aller encore plus loin.» Yoann Gourcuff ne s'avance pas tout à fait jusqu'à dire que ce match a fait basculer le championnat. Mais son analyse conforte largement la thèse. «Déjà, il y a l'importance des trois points... Et puis c'est vrai qu'après, mentalement, on a senti une équipe vraiment solide, en confiance.» Une équipe championne.
(*) Au cours des cinq derniers matchs, tous victorieux, Bordeaux a été mené à deux reprises.
Yoann Gourcuff s'est refusé, hier, à indiquer s'il serait présent contre Rennes, indiquant «qu'une décision serait prise après consultation des staffs médical et technique». Le Breton, qui souffrait d'une contracture à la cuisse gauche, a passé une échographie, dont il a éludé le résultat, hier, déclarant seulement : «Aujourd'hui, je ne sens plus rien». Laurent Blanc a, lui, affirmé qu'il prendrait une décision aujourd'hui quant à la participation de son milieu de terrain. Côté rennais, le capitaine et défenseur Petter Hansson est forfait (mollet). « C'est un vrai coup dur », a lâché Frédéric Antonetti, qui devrait faire confiance à Lucien Aubey dans l'axe central. Sylvain Marveaux s'est contenté de trottiner, hier, en raison d'une petite gêne à la cuisse. Il est incertain et pourrait être remplacé par Jirès Kembo. Victime d'une entorse du genou droit il y a dix jours, Moussa Sow est, lui, de retour dans le groupe.
