9 août 2009
Pour son premier match à Brest,le jeune Nolan Roux, 21 ans, ne pouvait rêver mieux.Son but de la tête dans le temps additionnela délivré toutle stade et donné les trois pointsà Brest.
«C'est tombé sur moi, ç'aurait pu être quelqu'un d'autre. Mais, juste avant le corner, j'ai dit à quelqu'un, je crois que c'est Yoann Bigné : sur celui-là , ils sont morts». C'est facile à dire après mais cette phrase définit parfaitement ce qu'est Nolan Roux: un jeune qui n'a peur de rien et qui sent bien les coups. Il faut dire qu'avec son père, Bruno, qui fut attaquant de Division 1 dans les années 80-90 (*), Nolan a de qui tenir. Il a hérité de l'instinct génétique du buteur.
En échec à Lens
«Plus jeune, mon père me conseillait beaucoup et il me donne encore quelques petits trucs pour gêner les défenseurs, sur mon jeu de tête aussi. Il y a trois-quatre ans, je n'en mettais pas un de la tête. Et puis, quand je rentre chez mes parents, il m'arrive de regarder la cassette de mon père. Il y a tous ses buts dessus, alors je regarde». Avoir un père buteur, c'est bien joli, mais ça ne suffit pas pour faire carrière. Et ce qui frappe depuis l'arrivée de Nolan Roux, en plus d'un très bon niveau technique, c'est son aptitude au combat et son engagement dans les duels. Nolan Roux est un mort de faim. «C'est une année-charnière pour moi, je le sais. Brest m'a proposé trois ans de contrat et c'était un peu inespéré. Brest m'a accordé une grande confiance, et je n'ai pas le droit de manquer de respect au club. Et puis, j'ai aussi envie de prouver aux gens de Lens qu'ils se sont trompés sur moi», explique-t-il. Nolan Roux n'a toujours digéré ce qu'il s'est passé la saison dernière. Il a d'abord signé son premier contrat pro (trois ans), un contrat qui fut résilié il y a quelques semaines pour permettre son départ à Brest. La suite de ses aventures lensoises fut beaucoup moins drôle. «Tout s'est bien passé jusqu'en octobre, j'ai marqué en Coupe de la Ligue, j'étais souvent dans le groupe puis on m'a mis de côté sans me donner aucune explication. Je ne m'entraînais plus avec les pros, je jouais en réserve. Une fois, lors d'un travail spécifique avec les attaquants, on m'a même mis du côté des défenseurs! Je n'ai jamais rien dit même si je n'en pensais pas moins. J'ai été mis de côté et je l'ai toujours en travers de la gorge», raconte-t-il. Sur le banc vendredi soir, Nolan Roux ne s'est pas tourné les pouces. Il a observé et «toujours senti un Stade Brestois très concentré mais à qui il manquait un grain de folie». Alors, en s'échauffant vendredi soir, Nolan avait «des fourmis dans les jambes et envie de marquer les esprits». Puis, il est entré et senti «une vaguepousser derrière nous en fin de match» avec les cris du public. Sur le corner, «s'il y avait eu 7 ou 8 adversaires» autour de lui, il aurait «poussé tout le monde». Puis, il a «explosé, couru partout, et tout est parti dans tous les sens». Vendredi, le grain de folie, c'était lui.
(*) Bruno Roux, aujourd'hui entraîneur de Compiègne (CFA), fut l'avant-centre de Beauvais (84-87 et 97-99), du PSG (87-88), de Rouen (88-89), du Havre (89-93), de Rennes (93-94), de Châteauroux (94-96) et du Red Star (96-97).
«C'est une année-charnièrepour moi,je le sais.»
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