19 février 2012
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Ceux qui ont enregistré la rencontre ne la garderont sans doute pas en archive. Car pour le jeu beau et construit, il faudra repasser. Il s'agissait bien d'un match entre deux clubs avides de sauver leur peau en Ligue 1, d'une rencontre de bas de tableau pour laquelle personne ne se relèvera la nuit. «N'en déplaise aux esthètes, je suis très, très content de ce résultat», lâchait Alex Dupont avec un franc sourire. «C'est un bon point pris chez un concurrent direct pour le maintien et on continue d'avancer doucement. Pour autant, on ne joue pas pour faire match nul».
Pas le choix des armes
Un peu beaucoup quand même lorsqu'on fait sortir l'un de ses deux joueurs offensifs, Bruno Grougi, à la 68eminute, pour le remplacer par un troisième milieu récupérateur, Oscar Ewolo.
Mais, soumis à une récente et forte érosion de ses attaquants, Brest avait-il alors le choix des armes, tant son jeu offensif manquait de consistance depuis le début de la seconde mi-temps où la pression ajaccienne est venue des tribunes, avec Daf devenu la cible d'un gobelet lancé par un spectateur et qui entraîna un arrêt de jeu de trois minutes? Daf fut aussi décisif sur une percussion d'André à six mètres du but (65e), le seul véritable moment de clairvoyance des Ajacciens très dominateurs après la pause. Car ceux-ci vinrent souvent se cogner, comme des mouches à une lampe, à un duo inédit de récupérateurs Coulibaly-Guidileye, qui a été loin de tout réussir mais qui s'est bien «dépouillé» au service de l'équipe. De même qu'un autre nouveau, le coriace Khaled sur le côté droit.
Une statue à ériger
On a frôlé le hold-up à la 90e minute sur un tir électrique de Ben Basat bien détourné par Ochoa. Mais Brest n'aura pas la mauvaise réaction de s'en plaindre et il continuera à savourer la belle parade d'Elana sur le penalty d'Eduardo (83e) qui aurait dû faire basculer le match en faveur des insulaires, eux aussi peu imaginatifs.
La faute de Lesoimier était-elle volontaire? M.Cailleux ne s'est guère posé la question, comme s'il était pressé de sortir d'un match de plus en plus oppressant. «J'avais bien travaillé un éventuel penalty d'Eduardo avec Julien (Lachuer)», se bornera à confier Steeve Elana, dont la statue finira bien par être érigée au stade Francis-Le Blé, tant ses parades ont été déterminantes hier, comme c'est régulièrement le cas depuis des mois. Il aura ainsi éteint, avec le concours de Zebina, un début d'incendie allumé très vite par Tibéri et Cavalli (2e et 6e).
Si ce dernier ne fut pas très précis sur une tentative de lob (28e), il trouva en revanche très bien la tête d'Eduardo à la 43e minute. Mais Elana veillait encore au grain. Guère séduisant sur le plan offensif, Brest ne se signala durant ce premier acte que sur des tentatives de Ben Basat, souvent très esseulé. L'Israélien, qui vit son but annulé pour hors-jeu suite à un gros moment de panique de Poulard près de sa surface (29e), fut tout près d'ouvrir le score de la tête dix minutes avant la pause. Il était dit que la ligne de force de Brest allait être sa défense.
C'est bien connu: à défaut de grive, on mange du merle...
26 mai 2012 à 22h59