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National/ Guingamp - Gueugnon, ce soir (20 h). Une histoire de hiérarchie

18 mars 2011

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Les apparences leur sont largement favorables mais les Guingampais devront rester vigilants s'ils veulent battre Gueugnon et faire ainsi respecter la hiérarchie. Être grand favori impose, aussi, certaines règles.

Sur le papier, bien sûr, les contours de l'événement sont ici nets et précis. Guingamp, le troisième du National, gros aux reins solides, reçoit un Gueugnon dernier de cette même division et malade de ses dissensions depuis sa chute en 2008. Après 37 saisons de Ligue 2 sur 38 possibles.

Gueugnon ou l'énergie du désespoir

Le temps où les deux trublions secouaient gaiement la Ligue 1 et remportaient chacun une fameuse coupe (la coupe de la Ligue en 2000 po
ur Gueugnon, la coupe de France 2009 pour En Avant) est bien loin.
Il n'empêche. C'est un monde d'écart qui sépare aujourd'hui les deux cousins dont on comparait volontiers les parcours hors norme il n'y a pas si longtemps. C'est vrai en coulisses (lire par ailleurs) mais aussi sur le terrain où 38 points et une foule d'impressions différentes les opposent. «Pour les joueurs, le foot est devenu le seul moyen de s'évader», avoue tout de go Serge Romano, l'entraîneur débarqué cet été dans cette galère. Comme souvent, l'homme a pourtant trouvé dans les déboires du moment une force insoupçonnée. Au bord du gouffre, ses joueurs se sont agrippés la main plutôt que de sauter dans le néant. «Cette grosse solidarité me plaît bien», apprécie le finaliste de la coupe de France 2005 avec Sedan. Lors des dernières sorties, elle n'a pas été suffisante pour contrarier le sort. L'équipe de Saône-et-Loire reste sur cinq défaites consécutives. «Mais contre Amiens, Rouen et Strasbourg, on aurait mérité mieux», précise l'entraîneur, plombé par la malchance ou l'inefficacité de ses attaquants (seulement 20 buts inscrits en 29 matchs). Pour autant, «à l'entraînement, ça travaille bien. Les joueurs ont besoin de se faire voir et on veut tous rester unis». Le coach promet même que, ce soir, son équipe va «également proposer du jeu» même si à l'aller, «Guingamp futla meilleure équipe que nous ayons rencontrée.» Le 2octobre, En Avant l'avait en effet emporté 2-1, au coeur de la période la plus faste de sa saison. Un autre coup de crayon à ajouter au papier qui fixe les apparences. Et une occasion supplémentaire pour Jocelyn Gourvennec de rappeler à tout son monde le risque que son équipe encourt.

La 100e de Bakari Koné

Sans le «sérieux et la solidité» sans cesse exigés, même ce genre de match a priori déséquilibré peut vous échapper. «C'est un match classique à domicile. Ce sera à nous de faire le jeu et d'être les plus forts.» Sans Mathis, le tempo devra être comme toujours rythmé si l'équipe veut bonifier le point pris à Gap. Les Guingampais restent sur trois matchs sans prendre de but mais n'ont toujours que trois points de marge sur le quatrième, Strasbourg, qui recevra demain Beauvais dans un match au sommet. Gagner est indispensable. Ça l'est d'autant plus qu'un certain Baki Koné fêtera ce soir son 100e match sous les couleurs guingampaises. pas mal pour un «gamin» de 22 ans devenu le pilier ce nouvel En Avant. Lui, plus que tout autre, sait que c'est en forgeant que l'on mate des Forgerons. GUINGAMP: El Kharroubi - Ringayen, Koné, Bassila, Lévêque - Diallo, Bellugou, Charrier, Giresse - Knockaert (ou Soly), Scarpelli. Remplaçants: Anceaux (g.), Colleau, Imbula, Hamroun, Douniama, Soly ou Knockaert. GUEUGNON: Borel - Berthomier, Uras, El-Attaria, Michaud - Jamaï, Michelini, Famery - G.Vairelles, Citony, T.Vairelles. Remplaçants: Markut (g.), Perre, Everson, Blanc, D.Vairelles. Arbitre: M.Dominique.

  • Laurent Rivier

FC Gueugnon, monument en péril

Samedi dernier, lors de la défaite contre Cannes (2-4), ils n'étaient pourtant que 200 inconditionnels dans les gradins du stade Jean-Laville à soutenir leur équipe. Les deux buts de Tony Vairelles, le joueur et directeur sportif, n'ont pas suffi aux Forgerons pour stopper l'hémorragie. Derniers de la classe, les Bourguignons filent tout droit vers le CFA même si Serge Romano se raccroche aux éventuels points retirés à Plabennec (pour avoir aligné l'attaquant N'Zinga) et aux onze matchs qu'il reste à disputer pour continuer à y croire. «Sur le terrain, depuis quelques semaines, on est monté d'un ton», juge même l'entraîneur. En coulisse, en revanche, la situation est plus que jamais ubuesque et le dépôt de bilan (qui signifierait la relégation en DH) dans toutes les têtes. «Depuis décembre, les terrains d'entraînement ne sont même plus entretenus», dit un Romano cette fois fataliste.

Vairelles a mis 300.000 EUR

Tony Vairelles, le repreneur du FC Gueugnon à l'été 2009, vit d'ailleurs très mal la situation. «Depuis mon arrivée, j'ai mis 300.000EUR dans le club. Aujourd'hui, c'est tout juste si on ne me reproche pas de m'être engagé.» L'ancien Nancéen et Lensois (37 ans), candidat auparavant aux reprises de Cannes et Sète, en veut particulièrement au conseil général de Saône-et-Loire qui a retardé le versement de la dernière partie de sa subvention, soit 235.000 EUR à juin voire à septembre. «Je ne sais pas à quoi jouent les collectivités, souffle-t-il. J'ai l'impression qu'on attendait de moi que je mette tout mon argent pour combler le déficit avant de me dire au revoir.» Estimé au moins à 300.000 EUR, ce déficit a été creusé par Jean-Philippe Demaël et l'ancienne équipe dirigeante. «Ils ont pris le club pour leur joujou», s'offusque Tony Vairelles. Certains ont dénoncé la mainmise du clan Vairelles (Guy, le père, est président; Diego et Giovan, les frères cadets, jouent également en équipe première). «C'est la seule façon de me toucher. Mais c'est mon argent que j'ai investi et c'est normal que je m'entoure de gens de confiance.»

Une fusion miracle?

Pour Serge Romano, les Vairelles sont victimes d'une «coalition» Évoqué en cas de dépôt de bilan, un rapprochement avec Montceau et Louhans apparaît aujourd'hui comme la seule porte de sortie pour le club bourguignon, déjà repêché in extremis en National l'été dernier. «On m'en parle depuis que je suis là, je n'y vois aucun inconvénient, mais il faut que les choses soient bien amenées», juge Tony Vairelles. L'ex-international aux 8 sélections, auteur de 24 buts il y a deux ans avec le club luxembourgeois du F91 Dudelange, veut garder espoir. «Mais c'est vrai que la situation devient lassante et qu'on n'a jamais pu se concentrer totalement sur le sportif.» Un monument, érigé en 1940, est en danger.
  • L.R.
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