30 janvier 2012
Qu'a-t-il manqué aux Guingampais?
Beaucoup de choses, à commencer par cet esprit qui vous fait, a minima, ressentir la solidité du collectif. «Les Istréens ont mérité leur victoire car ils ont été plus généreux, ils ont davantage collé à la réalité en livrant un vrai match de compet'», constate Jocelyn Gourvennec, plus déçu par le «comportement et l'investissement» de ses joueurs que «sur le plan du foot». L'entraîneur en voulait pour preuve la débauche d'énergie de l'Istréen Julian Palmieri, habituel milieu excentré, qui s'est «dépouillé» à un poste d'arrière gauche qui n'est pas le sien. «J'espère que sa prestation va en inspirer certains.»
Les joueurs ont-ils des circonstances atténuantes? Certes, le terrain était bosselé mais il l'était pour les deux équipes. Évidemment, l'ambiance était «bizarre», dixit Anthony Knockaert, le silence faisant loi dans les tribunes du stade Parsemain, malgré les encouragements de la poignée de supporters guingampais. C'est vrai, aussi, que le Mistral n'était pas facile à dompter pour qui veut pratiquer un jeu au sol. «Mais s'il faut lutter plus et jouer moins, alors il faut le faire, s'exaspère Gourvennec. Tous les joueurs du monde ont, un jour, dû s'adapter à des circonstances particulières. C'est une simple question de mentalité.» Ces vertus morales sont, on le sait, encore plus importantes en déplacement. Or, cette défaite est la quatrième de suite, coupe comprise, hors du Roudourou. «Depuis un petit moment, on est un gros cran en dessous à l'extérieur. On a été solide, on ne l'est plus», prévient le coach.
Y avait-il penalty? La faute de Baisama Sankoh sur Nassim Akrour est bénigne. Le Sierra-Léonais de souche a surtout eu le tort d'user de ses bras pour repousser l'attaquant Marocain qui s'était empressé de lui mettre son corps en opposition. «Ce penalty, c'est n'importe quoi», disait ainsi Fatih Atik. Ni lui ni personne ne contestait pourtant la domination istréenne qui sévissait à ce moment-là, juste après l'heure de jeu. Il y avait même comme un sentiment de fatalité chez ces Guingampais qui, au mieux, auraient pu ramener un nul de ce long voyage. «Ce penalty est un peu généreux, il ne pouvait être accordé qu'en faveur d'une équipe qui joue à la maison, mais on n'a pas été à la hauteur de nos ambitions», coupe Jocelyn Gourvennec.
Les Guingampais avaient-ils déjà autant déçu? Oui, à Boulogne (0-2), où c'était même «pire», estime l'entraîneur. La défaite sur la Côte d'Opale avait, à l'époque, eu des valeurs thérapeutiques puisqu'elle fut suivie de la fameuse série de huit matchs sans défaite (6 victoires, 2 nuls). Bien sûr, tout le monde signerait pour un tel remake. Mais les deux prochaines rencontres, déjà, en diront un peu plus sur l'avenir d'En Avant puisqu'il s'agira de se frotter à Reims (2e) puis à Troyes (5e), deux équipes à la fois bien classées et en forme. L'enjeu est clair: ou bien les Guingampais se complaisent dans le confort du milieu, là où la vie est douce mais rarement excitante, ou bien ils s'enivrent de l'ivresse des sommets, là où la vie est rude, l'air rare, mais le décor si somptueux. La montagne ne demande qu'à être gravie. Ne pas essayer de s'y attaquer, c'est courir un grand risque, celui de se décevoir!
15 mai 2012 à 15h07
11 mai 2012 à 18h56