Ligue 2 (23e journée). Nantes - Brest, ce soir (20 h 30) Le sombre bilan de Furlan
En chute libre, le FC Nantes, 10e à 14 points du Stade Brestois, mais à 7 longueurs du podium seulement, joue déjà une partie de sa saison ce soir contre les Finistériens.
On avait quitté Jean-Marc Furlan dépité avant les fêtes, à l'issue de la défaite lourde de sens à la Beaujoire face au voisin angevin le 22décembre. Ce soir-là, celui qui n'était en poste à la Jonelière que depuis trois semaines avait parlé de «chantier gigantesque», de «choses hallucinantes sur le terrain» et d'une «équipe au maximum de ses capacités du moment». Un discours alarmiste donnant plus l'impression de donner un os à ronger aux médias que de défendre son groupe. L'expérimenté Jérôme Alonzo avait ajouté: «Janvier va être déterminant pour la suite de la saison. Soit on sort la tête de l'eau, soit on plonge totalement...» On a vu. Eliminé très vite des deux coupes nationales, le FC Nantes court toujours après le succès en 2010. Pire, les Canaris ont concédé deux défaites face à des adversaires luttant pour le maintien (Clermont, Istres). Un raccourci que beaucoup, à commencer par Furlan, ont noté: ce FC Nantes-là, déjà qualifié de «pire équipe de l'histoire du FC Nantes», court bien plus vers une relégation en National que vers un retour en L1. Cette semaine, David De Freitas, promu capitaine des Jaunes, a confié qu'il donnerait tout pour le club, en précisant qu'il «ne serait sans doute plus là l'an prochain...»
Décisions à géométrie variable
Changer d'entraîneur en cours de saison implique toujours une phase de transition. Nantes ne le sait que trop. Dès son arrivée, Jean-Marc Furlan a identifié trois brebis galeuses: le défenseur haïtien Jean-Jacque Pierre, Djamel Abdoun et Claudiu Keserü, pourtant si efficace l'an passé avec Tours. Ce dernier vient d'être prêté à Angers tandis que le deuxième a finalement réintégré le groupe. Des évictions compensées par la promotion de jeunes (El Mourabet, Bonnes, Hanni)... exclus du groupe pour la réception de Brest. Cherchez l'erreur... D'autres changements interpellent: la mise sur la touche de Darcheville, celle sur le côté gauche de Zerka, la confiance aveugle envers Ba ou Tall. Pour sa défense, Furlan n'a pas encore disposé d'un effectif au complet. Mais là encore, l'intensité de ses entraînements en décembre ne semble pas étrangère à ces blessures en série. Et puis, les dirigeants nantais ont encore ajouté des joueurs à un effectif déjà pléthorique: des inconnus (El Adoua, Djilobodji) ou des éléments barrés dans leurs clubs (Camara, Lejeune) qui n'apportent aucune garantie immédiate. «Jusqu'à preuve du contraire, pour jouer au football, il faut des joueurs, a déclaré dans la semaine le président Waldemar Kita, sans convaincre. Nous ne les empilons pas. Nous essayons de bâtir un groupe complémentaire en palliant les insuffisances que les techniciens ont pointées.»
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Fort d'un début d'année convaincant, dans la lignée de sa poule aller, le Stade Brestois se rend, ce soir, à la Beaujoire, avec l'objectif de faire un grand pas de plus vers la Ligue1. Mais, aussi, pour écrire l'une des plus belles pages de sa saison. Après avoir repoussé l'idée d'une possible montée avant Noël, puis après avoir avoué l'objectif «de finir dans le tiercé de tête» après la victoire face auHavre (2-1) pour la reprise en janvier, Alex Dupont, malicieusement, a lancé un nouveau défi à son équipe lundi soir. «Les neuf points d'avance sur le quatrième ne m'intéressent pas, ce sont les quatre points de retard sur Caen que je regarde», a-t-il dit. Comme un inventeur qui veut tester la fiabilité de la machine infernale qu'il a construite. Ou comme un entraîneur de foot qui veut repousser le plus loin possible les limites d'une équipe qui, par déduction, ne les a pas encore atteintes. Maintenant que tout est en place sur le terrain, Dupont peut désormais se plonger sur ce qui se passe dans la tête de ses ouailles. Car beaucoup de choses vont maintenant se jouer là-haut. «Je ne veux pas que mes gars rentrent sur la pelouse en pensant avoir déjà gagné le match, a-t-il déjà prévenu lundi soir. Je ne veux pas voir une seule fois ce décalage dans les têtes et, croyez-moi, j'y veillerai». Ce ne devrait pas être pour ce soir. Pour Brest, ce match est avant tout une belle occasion de briller.
Nantes - Brest, ce soir (20h30) Brest en meurt d'envie...
Depuis lundi, le Stade Brestois, grâce à sa victoire face à Arles (3-1), est assuré de jouer en Ligue2 la saison prochaine. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce maintien, écrasé par l'espoir d'une montée, sera passé totalement inaperçu, ce qui est tout de même paradoxal pour un club qui a ramé pendant trois saisons sur les cinq dernières de Ligue 2 pour se sauver. Mais le Stade Brestois a autre chose en tête depuis un moment.
42 points en 23 matchs!
Il compte ce matin 42 points, soit seulement trois de moins qu'après les 38 rencontres de la saison dernière! Et, ce soir, il ne jouera que son 23ematch de la saison. Il n'en reste donc plus que seize pour accomplir ce rêve de fou qui prend corps jour après jour, match après match, et qui pourrait encore se rapprocher de la réalité en cas de victoire aujourd'hui. Le Stade Brestois ne va pas à Nantes en claironnant, en crânant et encore moins en tremblant. Il arrive à la Beaujoire avec, tout d'abord une totale confiance, installée désormais dans les têtes de joueurs qui n'ont connu qu'une fois la défaite en plus de cinq mois! Il s'avance aussi avec la ferme intention de faire un grand pas de plus vers la terre promise. Et il a aussi une énorme envie: celle d'écrire, dans ce beau théâtre où l'on ne joue plus que des tragédies, l'un des plus beaux chapitres de cette saison remarquable à tous points de vue.
«Les quatre points de retard sur Caen... »
Après avoir repoussé l'idée d'une possible montée avant Noël, puis après avoir avoué l'objectif «de finir dans le tiercé de tête» après la victoire face auHavre (2-1) pour la reprise en janvier, Dupont, malicieusement, a lancé un nouveau défi à son équipe lundi soir. «Les neuf points d'avance sur le quatrième ne m'intéressent pas, ce sont les quatre points de retard sur Caen que je regarde», a-t-il dit. Comme un inventeur qui veut tester la fiabilité de la machine infernale qu'il a construite. Ou comme un entraîneur de foot qui veut repousser le plus loin possible les limites d'une équipe qui, par déduction, ne les a pas encore atteintes. Ahmed Kantari, le patron de la défense, ne disait pas autre chose quand il avouait, après le match face auHavre, avoir le sentiment que «les joueurs progressaient à chaque match».
«Pas voir de décalage dans les têtes»
Maintenant que tout est en place sur le terrain, Dupont peut désormais se plonger sur ce qui se passe dans la tête de ses ouailles. Car beaucoup de choses vont maintenant se jouer là-haut. Les principaux soucis du coach, désormais, seront les suivantes: surveiller constamment la flamme qui porte cette équipe, l'entretenir si elle vacille et être prêt à la rallumer si elle s'éteint brutalement. «Je ne veux pas que mes gars rentrent sur la pelouse en pensant avoir déjà gagné le match, a-t-il déjà prévenu lundi soir. Je ne veux pas voir une seule fois ce décalage dans les têtes et, croyez-moi, j'y veillerai». Ce ne devrait pas être pour ce soir. Pour Brest, ce match est avant tout une belle occasion de briller.
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Il est quand même terrible, ce Nantes - Brest. Ce match entre un grand club qui se meurt et se détruit et un petit qui revit et se reconstruit. Entre un club qui, en début de saison, ne pouvait que remonter et qui est aujourd'hui plus proche de la descente, et un autre qui n'espérait que le maintien et qui est tout près de grimper. Entre un club de Ligue 1 avec une équipe de Ligue 2 et un club de Ligue 2 avec une équipe qui joue comme une Ligue 1. Entre, d'un côté, une équipe pourrie par une gestion calamiteuse d'un effectif surchargé et pollué par les états d'âmes de joueurs qui arrivent, partent ou se verraient bien ailleurs, et de l'autre, une «bande de potes qui s'éclate», comme dit Bouard. Entre, d'un côté, un flamboyant deuxième du classement et, de l'autre, un moribond dixième, séparés ce matin de 14 points! Ce constat ne donne pas le vainqueur du match. Mais il souligne une phrase qui figurerait en bonne place dans le dictionnaire des citations du football: «Dans le foot, tout va si vite, dans un sens comme dans l'autre... »
D.
Yoann Bigné, victime d'une entorse à la cheville, reprendra avec le groupe lundi et devrait retrouver le terrain, mercredi, à Toulouse en Coupe de France. Les nouvelles sont beaucoup moins bonnes pour Thomas Cotty qui, touché au cartilage du ménisque, est à Cap Breton jusqu'au 17février et pour Eric Sitruk, qui en a pour six semaines en raison d'une désinsertion au niveau de la cuisse. QUAND GERVAIS MARTEL parle DE NOLAN ROUX
Interrogé sur le site officiel de Lens sur le recrutement de son club, le président Gervais Martel a tenu des propos surprenants concernant son ancien joueur, l'avant-centre de Brest, Nolan Roux: «Ce qu'il fait avec Brest est remarquable (...) Je suis devenu supporter de Brest puisque je les suis à chaque match en Ligue 2. Nous n'avons pas fait d'erreur en le laissant partir, il reste la propriété du Racing Club de Lens à hauteur de 50%», a-t-il déclaré. Des propos formellement démentis par le président Guyot, hier soir: «Ça m'ennuie car je m'entends très bien avec Gervais Martel mais Nolan a résilié son contrat avec Lens à l'amiable et s'est engagé avec Brest pour trois ans en début de saison».
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