12 février 2012
Cela restera certainement comme «l'anti-geste» gagnant de la journée. En mettant sa main gauche en opposition en dehors de la surface alors que le ballon de Sahar filait vers ses buts, Fabien Audard a pris le rouge plutôt que le but du break, changeant certainement le cours de la rencontre hier après-midi à Auxerre. On jouait depuis vingt minutes dans un froid polaire et Lorient était déjà mené, ayant cédé sur corner à la suite de la première véritable incursion auxerroise. On ne parierait pas, en effet, que cette équipe lorientaise aurait eu la capacité, même en égalité numérique, de remonter un handicap de deux buts. Surtout face à une formation bourguignonne dont le jeu de contres est l'unique raison de vivre, voire de mourir bientôt, tant la formation dirigée par Laurent Fournier se laisse aspirer dangereusement vers le vide. Mais tous les footballeurs le savent, tant qu'il n'y a un but d'écart, il reste au moins l'espoir.
Et Emeghara surgit
Alors, à défaut de pouvoir développer leur football, en infériorité numérique et sur un terrain rendant cahotique la circulation de balle, les Lorientais ont eu le mérite de prendre de vrais risques après la pause, quitte à se faire punir en contre-attaque, et d'afficher de la consistance sur le plan physique, à défaut d'étaler beaucoup de talent. Ils en ont été pleinement récompensés au bout des arrêts de jeu, lorsqu'Emeghara, très discret jusque-là, est venu répondre au but initial de Boly dans une parfaite symétrie. Cette égalisation, arrachée avec l'énergie d'un espoir entretenu par la fébrilité et la maladresse adverse, n'aurait pu exister sans un petit coup de pouce arbitral, une main de Lamine Koné en pleine surface n'ayant pas été sanctionnée. Elle a également été rendue possible par la baraka affichée par un Benjamin Lecomte s'imposant six fois après la pause au devant d'attaquants bourguignons plus maladroits que véritablement malchanceux.
Au crédit des braves
Ce retour presque inespéré est surtout à mettre au crédit de ces «soldats» qui, s'ils ne sont pas les plus fins techniciens de la formation lorientaise, n'hésitent jamais à monter au combat, à payer de leur personne pour entraîner dans leur sillage des coéquipiers nettement plus pénalisés par les conditions de jeu. Il fallait l'envergure athlétique d'un Koné, la volonté sans failles d'un Romao, le volume physique d'un Lautoa ou d'un Gassama pour se sortir indemne d'un tel bourbier. Alors, compte tenu des circonstances, ce point du nul avait, dans l'avion du retour, comme un petit goût de victoire pour des Lorientais qui savent bien qu'ils trouveront rapidement des conditions qui leur permettront plus aisément de mettre leurs actes en adéquation avec leurs idées. En attendant, au coeur d'un hiver congelé, ils sauront largement s'en contenter.
27 mai 2012 à 07h54

27 mai 2012 à 07h57
26 mai 2012 à 19h06
26 mai 2012 à 18h37