14 août 2009
Avant de fouler pour la première fois le stade lorientais sous le maillot tango, demain face à Montpellier, et d'entamer son 352e match au plus haut niveau, Olivier Monterrubio se livre, raconte sa passion pour la Formule 1 et son goût singulier pour la pêche.
Il y a des trophées que l'on ne peut estimer, et qui ne décorent surtout pas le dessus des cheminées. Une truite d'une bonne quarantaine de centimètres, piégée à la force des poignets, dans des cuissardes trop lourdes pour sauter de joie. C'était la dernière prise d'Olivier Monterrubio, pêchée de haute lutte dans les eaux froides d'une Suisse aussi belle que montagneuse.
Cravacher pour s'imposer
Trois mois plus tard, les douces collines et l'horizon préalpin ont laissé place aux parois humides de l'Atlantique, larges falaises sillonnées par ses souvenirs de jeunesse. Nantes, Rennes, le titre de champion de France et une popularité naissante. Un tour de l'Ouest parsemé aussi d'obstacles. «De toute façon, partout où je suis passé, il y a toujours eu des moments difficiles», lance alors, comme une évidence, le plus expérimenté des Lorientais (33 ans depuis samedi). Au coeur d'une Beaujoire contestataire, il lui a fallu faire ses preuves, dès l'âge de 17 ans, avant d'affronter cinq ans plus tard les quolibets d'un public rennais mécontent de voir débarquer cet «ennemi nantais», tout juste empanaché du titre de champion de France. «Puis à Lens, comme à Sion, j'ai dû à nouveau gagner ma place. Mais j'y suis toujours parvenu, grâce au travail.»
«Dans le bolide de Damon Hill»
Plus de 300 matchs et 77 buts plus tard, le voilà donc de retour chez les Celtes. Le cheveu s'est argenté, raccourci, mais les passions extra-footballistiques sont restées les mêmes. Celle de la pêche, héritage familial qui le replonge, le temps d'une journée, dans la douceur de son Tarn natal. Celle du tennis, aussi, et de la Formule 1. Immodérée. «Je peux me lever à 4h du mat' pour suivre un Grand Prix, et je ne manque jamais les qualifications à la télé.» Chez lui, brille d'ailleurs un casque pas tout à fait comme les autres, celui de Fernando Alonso, offert par sa femme. Pour sa trentième bougie, il s'est également délecté de quelques tours de circuit à Magny-Cours, «dans le bolide de Damon Hill», précise l'homme, d'un naturel discret, et qui sous le capot ronge encore les regrets du passé. «La descente avec le RC Lens, et le fait, aussi, de n'avoir jamais participé à la Ligue des Champions.»
Canari à l'orange
Demain, Monterrubio enfilera la tunique orangée, sous l'oeil d'un Gourcuff qui l'a déjà connu une saison à Rennes. «C'est d'ailleurs pour retravailler avec Christian que je suis venu à Lorient. C'est un mec qui transpire le foot, et j'aime ça.» Comme toujours, son pied gauche orientera la mécanique. Et comme à Lille la semaine dernière, il voudra servir l'offrande à Marama Vahirua. Mobilité, anticipation, courses et passes dans les espaces, comme au bon vieux temps. Vous avez dit flash-back ?
«Je peux me lever à 4 h du mat' pour suivre un Grand Prix.»
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