28 avril 2009 à 08h28
Bertrand de Gaullier des Bordes, en détresse depuis hier 5H30 GMT (7H30 française) sur la transat à la rame "Bouvet-Rames-Guyane", n'a pas été retrouvé ce matin malgré les recherches entreprises depuis près de 20h par le voilier accompagnateur de l'épreuve.
Commandant de la base des fusiliers marins et commandos de Lorient, l'officier de 45 ans avait déclenché lundi ses deux balises de détresse alors qu'il se trouvait sur son canot à rames de 8 m, à quelque 450 km de l'arrivée à Cayenne en Guyane et à l'horizontale des côtes de l'Amazonie brésilienne.
Des secours diligentés
Le voilier accompagnateur de la course, le "Melody" avait immédiatement fait route vers lui et était arrivé sur zone à 17h GMT (19h française) lundi, suivant les positions émises par la balise Argos du rameur.
Pendant les deux heures de jours restantes, les recherches n'ont rien donné. Dans la nuit, un patrouilleur de la marine brésilienne arrivé sur place vers 22H30 GMT (OH30 française mardi), s'est joint aux recherches nocturnes qui sont pour le moment restées vaines.
Plus de contact depuis 22 heures
Cela fait donc 30 heures que l'officier qui a vraisemblablement chaviré dans une mer agitée, n'a plus repris contact avec la terre, son téléphone satellite devant être immergé.
Selon la direction de course, il ne doit pas non plus disposer de fusées de détresse qu'il aurait vraisemblablement actionnées dans la nuit pour être localisé. Aux premières heures de l'aube (dans 5 heures), un avion de la Marine brésilienne doit également participer aux recherches.
Un précédent cette année
Un premier concurrent, Rémy Alnet, avait été victime de la même mésaventure le 17 avril et avait pu être récupéré par un tanker dérouté après 30 heures passées sur la coque de son canot retourné.
Sept des vingt-deux rameurs partis le 8 mars de Saint-Louis du Sénégal sont toujours en course. Le vainqueur de l'épreuve, Patrick Hoyau, 47 ans, a franchi la ligne d'arrivée le 19 avril.
Avant hier, Bertrand expliquait à l’organisation qu’il se dirigeait dangereusement vers l’Amazone. Alors qu’il se trouvait à quelques 230 milles nautiques de Cayenne, il leur avait expliqué avoir mouillé son ancre pour ne pas se laisser entraîner vers le fleuve. Il attendait d’être rejoint par un bateau pour un remorquage vers le nord.
Or, peu de temps après ce message, hier 27 avril à 5H30 TU, Bertrand déclenche sa balise Sarsat.
A 6H00 TU, il déclenche sa balise Argos.
7H00 TU : Le Mélody Nelson, voilier accompagnateur de la course, fait route vers la position d’Easydentic
13H15 TU : Un navire de patrouille brésilien part du port de Nacapa, situé sur la rive gauche de l’Amazone.
19H00 TU : Le Mélody Nelson est sur zone.
22H00 : Le navire de patrouille brésilien est sur zone.
Un avion brésilien a, par ailleurs, survolé la zone en fin d’après midi, sans succès.
Les deux bateaux se sont concertés afin d’organiser les recherches sur l’eau. Il leur était difficile de trouver Bertrand de Gaullier la nuit dernière. Ils attendent le lever du jour pour poursuivre les recherches.
9H00 TU ce matin: Un avion devait décoller et se rendre sur zone.
Depuis le début de la course, Bertrand était handicapé par une tendinite aigue du bras droit mais avait, néanmoins, décidé de poursuivre sa route. Pour autant, la douleur était si intense qu’il nous avouait, samedi, ne plus pouvoir bouger les doigts de sa main droite.… Par ailleurs, il naviguait, depuis quelques temps, dans des vents défavorables et une mer difficile moyennant quoi il avait chaviré deux fois ces quatre derniers jours, le bateau s’étant redressé en faisant des 360°. Habitué, de par son métier, à vivre des situations périlleuses, Bertrand a géré tous ces problèmes avec beaucoup de sang froid.
