18 octobre 2009 à 19h51
Le Britannique Jenson Button et son écurie Brawn GP ont été sacrés champions du monde de Formule 1, respectivement chez les pilotes et les constructeurs, au terme du Grand Prix du Brésil remporté par l'Australien Mark Webber (Red Bull), ce dimanche à Interlagos.
Jenson Button, auteur d'une deuxième moitié de saison très timide après un début tonitruant, a forcé son destin pour terminer cinquième au Brésil. Cette place, conjuguée à la quatrième de Sebastian Vettel et la huitième de Rubens Barrichello, ses deux derniers concurrents au championnat, lui assure le titre. Le Britannique, qui ne devait pas perdre plus de quatre points sur son coéquipier et six sur l'Allemand, a fait preuve de panache, multipliant les dépassements tout au long de la course.
Belle gueule
Agé de 29 ans, le Britannique a atteint son "but dans la vie depuis qu'(il a) 8 ans". Le bonheur est intense pour celui qui est devenu une icône du sport mécanique Outre-Manche quand il n'était encore qu'un simple pilote de Formule 3 britannique. La faute à sa belle gueule, ses yeux bleu-vert et son allure de jeune premier. Mais surtout à son talent. Button a surclassé ses rivaux depuis ses débuts sur un kart bricolé par son père. Ses premiers pas en F1, à 20 ans, chez
Williams, furent prometteurs. Il termina 8e du Championnat 2000. Il migra ensuite chez Benetton, qui devint Renault, pour deux saisons ternes. Puis se relanca en signant chez BAR-Honda en 2003, où il surclassa son coéquipier Jacques Villeneuve, qui l'avait comparé à "un membre de boys band" pour ses performances nocturnes et ses multiples conquêtes.
Button finit 3e de la saison 2004 après être monté à dix reprises sur le podium. "Nous étions les meilleurs après Ferrari. Je n'avais rien à perdre. Je pouvais aller à fond car je n'avais pas la possibilité de gagner le Championnat. J'étais agressif à chaque course", se souvient-il. Mais sa gloire est éphémère. Dès 2005, sa BAR-Honda régresse. En 2006, Button remporte malgré tout sa première victoire, chanceuse, en Hongrie. Une performance tristement isolée.
Six sur sept
Plutôt que de quitter le navire BAR en péril, le Britannique choisit de rester dans cette équipe, que Honda rachète en 2007... Mauvais choix. Les monoplaces sont peu performantes : Button ne marque que six points en 2007, trois en 2008. Le cauchemar est total en décembre, quand Honda annonce son retrait de la F1. Mais une fois de plus, Button reste fidèle à son écurie, alors que Renault lui fait des yeux doux. Avisé, il sait que Honda a sacrifié la saison 2008 pour développer la
monoplace de 2009. Sa Brawn GP, du nom de l'ancien directeur technique de Honda F1, Ross Brawn, qui a racheté l'écurie pour une livre symbolique, ne le décevra pas. Jenson Button, escorté par sa compagne, la top-model argentino-japonaise Jessica Michibata, remporte six des sept premières courses. Sa monoplace, équipée du double diffuseur, un élément aérodynamique qui lui procure davantage d'appuis, est au-dessus du lot. "Jenson n'était pas un mauvais pilote parce qu'il se battait pour les dernières places l'an passé. Il a toujours été compétitif. Cette année, il a finalement la bonne voiture", souligne Fernando Alonso (Renault).
En père tranquille
Le Britannique bénéficie en outre d'un soupçon de réussite. Quand la concurrence revient au niveau sur le plan technique, "JB" peut se féliciter d'avoir trois adversaires au lieu d'un seul : son coéquipier Rubens Barrichello et les deux pilotes Red Bull, Sebastian Vettel et Mark Webber. Les trois hommes se battent entre eux. Mais aucun ne parvient à se détacher. Button, pendant ce temps, étale ses capacités de gestionnaire, brillant par sa constance plutôt que par ses coups d'éclat.
Quand on mène confortablement le Championnat, "il ne faut rien faire de stupide, parfois manquer un peu de caractère. Il ne faut rien faire d'extrême", résumait-il jeudi. Moins fougueux, plus mûr, Button, s'est imposé en père tranquille. Tout un symbole pour cet ex-séducteur invétéré.
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