22 février 2012
Officiellement, les volcans d'Auvergne qui dominent Aubière et Clermont-Ferrand sont tombés dans les bras de Morphée en 1.550 avant notre ère. Mais un vulcanologue vous dira toujours qu'un volcan n'est jamais éteint. Telle est Marion Lotout avant d'investir, dimanche, le Stadium local de Jean-Pellez: prête à fulminer après deux longs mois de sommeil.
«Je me suis bougée»
Vendredi, lors de la Finale du Perche Élite Tour à Nevers, la Pélémoise de 22 ans a donné des premiers signes de réveil en portant son record de Bretagne en salle à 4,26m. Loin, bien loin, de ses 4,50 estivaux qui font d'elle la seule perchiste française à avoir réalisé les minima pour les JO de Londres, mais une petite victoire pour la pensionnaire de l'Insep, également investie dans sa troisième et dernière année de podologie. «Je me suis un peu bougée!», dit-elle sans détour. Déjà, trois jours plus tôt, au meeting de Liévin, la demoiselle avait retrouvé quelques sensations malgré un zéro pointé. «C'était une grosse réunion et j'avais vu des filles qui ne se posaient pas de question.» Tout l'inverse de sa propre personne qui se heurtait mentalement à son changement de perche, entamé l'an dernier. Exit les perches à 4,30m, le haut niveau exige qu'elle dompte désormais des bras de levier de 4,40m. «Elle n'a pas le choix, insiste Gérald Baudoin, son entraîneur. La saison dernière, elle a passé un cap grâce à cela. Réussir 4,10m ou 4,20m avec des perches de 4,30m, ce n'est plus son niveau.» Et ce n'est surtout plus son ambition. Car oui, oui et encore oui, les Jeux Olympiques occupent toute ses pensées. Trois Françaises goûteront en août au sautoir londonien. «J'y pense depuis le début de la saison», avoue-t-elle aisément. Derrière Vanessa Boslak qui a retrouvé tous ses moyens après quatre opérations du genou et deux années d'absence (4,52m le 14janvier à... Aubière), la Lorraine Marion Fiack (4,42m) s'est positionnée devant un peloton de cinq athlètes dont fait donc partie Marion. «Sauf qu'elle est celle qui doit forcément aller plus haut», précise Gérald Baudouin, d'une confiance sans faille jusqu'au stage effectué à La Réunion en janvier. «Marion affichait alors le même niveau que Vanessa (Boslak) mais avec des petites perches.»
«Il y a une force en elle»
La suite, on le sait, s'est perdue dans les méandres de la psychologie. «Pourtant, physiquement et techniquement, elle est très en forme. La première qualité de Marion, c'est qu'elle comprend vite, qu'elle sent les choses. Il y a une force en elle. Maintenant, son problème, c'est son irrégularité.» Sa chute essuyée à Orléans, son coup reçu sur le genou à Lyon et sa grippe de début d'année ont freiné, jusque-là, son envol. «Maintenant, je n'ai plus qu'à poser le cerveau, courir et sauter!» Alors, et seulement alors, ce volcan-là entrera en éruption. (
*) Parmi le petit contingent de Bretons qualifiés pour ces «France» élites, le Quinocéen Matthieu Garel (UACA), 3e aux bilans sur 1.500m, aura également de belles chances de médaille, surtout en l'absence de Mehdi Baala (blessé au mollet), de même que l'expatriée Jessica Cérival, favorite au poids.
19 mai 2012 à 12h29