5 juin 2011
Point d'orgue de la Semaine du Golfe, la grande parade a tenu, hier, toutes ses promesses en termes d'émotions. Quelques frayeurs sur l'eau mais surtout des instants magiques. Reportage à bord du Matthew, une réplique de la caravelle de John Cabot. [Vidéos+diapo]
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Trois mâts, 24 mètres de long, 50tonneaux. Malgré son gabarit imposant, le majestueux Matthew, réplique d'une caravelle anglaise du XVesiècle, est parvenu sans encombre à se frayer un chemin parmi les centaines de vedettes à moteur et autres semi-rigides qui se sont mêlés au défilé. Un vrai petit miracle car, à plusieurs reprises, le Matthew a bien failli emboutir de petites unités quelque peu dépassées par la force du courant et la densité de bateaux sur l'eau. Heureusement qu'un service de sécurité bien rôdé veillait au grain pour éloigner les plaisanciers les plus imprudents et prendre en remorque les petits voiliers incapables de déguerpir suffisamment vite face à l'avancée du trois-mâts.
Concentration phénoménale
C'est la concentration phénoménale de bateaux sur la Petite Mer qui provoque des situations parfois périlleuses lors de la grande parade: pas moins de 1.200 navires inscrits à la fête, auxquels s'ajoutent des centaines de bateaux «spectateurs», l'ensemble cheminant sur un chenal parfois très étroit où l'on pratique allègrement le «rase-cailloux». Le point d'orgue d'une Semaine du golfe gâtée par une météo sans nuage et une fréquentation au beau fixe. À bord du Matthew, les invités observent avec une certaine inquiétude les petits bateaux de plaisance traditionnels qui paraissent bien fragiles dans un tel bouillonnement. Mais ils profitent aussi d'un spectacle sans pareil, tout en répondant aux sollicitations des photographes qui les incitent à saluer les objectifs. Du côté de l'équipage, l'état d'esprit est autre: pas question de faire de la figuration ou de céder à la panique, flegme britannique oblige. «Ils sont très professionnels et très efficaces, tout en restant très attentionnés. Il règne une grande solidarité entre eux», témoigne Aurélie, une jeune Vannetaise enrôlée sur le tard cette semaine, après avoir sympathisé avec l'équipage.
«Tout simplement indescriptible»
Une fois passée la portion la plus critique du parcours, les hommes et les femmes du bord prennent enfin le temps de savourer vraiment ce qui se passe autour d'eux. «Ahurissant», disent les uns. «Incroyable», lâchent les autres. «Le plan d'eau était entièrement rempli et c'est tout simplement indescriptible. C'est une féerie. Je n'ai jamais rien vu de pareil en Grande-Bretagne ou ailleurs», commente, à chaud, Rob Salvidge, capitaine du Matthew. La casquette vissée sur le crâne, ce marin de 53 ans affirme ne pas avoir craint l'incident pendant cette grande parade. «Avec le sens du courant qui rentre dans le golfe, tout le monde va dans la même direction. C'est normal qu'il y a du frottement». «Chaotique mais fantastique», résume Royston Griffey, maire de Bristol et président de la société propriétaire du Matthew. «Les gens veulent profiter du spectacle et chacun s'amuse à sa manière». Le flegme britannique n'est vraiment pas une légende.
«Je n'ai jamais rien vu de pareil en Grande-Bretagne ou ailleurs».