15 septembre 2009 à 19h09 - Réagissez à cet article
L'exposition professionnelle régulière de la femme enceinte aux solvants peut multiplier par 2,5 le risque de malformations congénitales chez l'enfant, selon une étude menée en Bretagne sur plus de 3000 femmes enceintes par des chercheurs de l'Inserm.
Cette étude, conduite par Roman Garlantézec et publiée cet été dans la revue Occupational and Environnemental Medicine, est une des premières études prospectives sur le sujet, puisqu'elle mesure l'exposition aux solvants au début de la grossesse avant la survenue éventuelle de malformations, indique l'Inserm mardi dans un communiqué. Les solvants sont utilisés dans de nombreux secteurs d'activité professionnelle tels que les peintures, les vernis, les produits d'entretien et aussi dans les produits cosmétiques.
"Principalement absorbés par les voies respiratoires ou par la peau, les solvants ont la propriété de passer la barrière placentaire et peuvent de ce fait nuire au foetus", notent les chercheurs. Dans le cadre d'une étude menée en Bretagne de 2002 à 2005 sur les perturbateurs endocriniens, 3005 femmes ayant une activité professionnelle ont été suivies dès le premier trimestre de leur grossesse par des gynécologues et des échographistes pour évaluer les conséquences des expositions aux solvants.
30,2% de ces femmes avaient une exposition régulière sur leur lieu de travail à au moins un produit contenant des solvants. Elles travaillaient dans le secteur de la santé (infirmières, aides soignantes), de l'entretien, dans des laboratoires (chimistes), dans la coiffure ou l'esthétique. Il est apparu un lien entre la fréquence de l'exposition professionnelle aux solvants au début de la grossesse et l'apparition de malformations majeures. Chez les femmes les plus exposées, le risque de donner naissance à un enfant présentant une malformation congénitale était 2,5 fois plus élevé par rapport à des femmes non exposées, selon les chercheurs.
Il s'agit principalement de becs de lièvre, de malformations du rein et des voies urinaires et de malformations génitales du garçon. Pour les chercheurs, "il est essentiel d'identifier précisément les caractéristiques des solvants mis en cause dans ces anomalies du développement intra-utérin et les autres expositions présentes dans les métiers concernés".
Des analyses complémentaires sont actuellement en cours. Ils estiment en attendant que dans certaines situations "un changement de poste pourra être nécessaire le plus tôt possible".
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