28 octobre 2010 - Réagir à cet article
La Classe 40 est un mélange des genres. Amateurs et professionnels vont se retrouver sur la même ligne au départ, dimanche à Saint-Malo. Et, pour la victoire, il y a du monde.
«45 bateaux sur une ligne de départ. C'est génial», lance Yvan Noblet («Appart City»). Certes, il y a du monde dans cette Classe 40: ils seront finalement 45 puisque Pierre-Yves Lautrou a dû jeter l'éponge (lire ci-dessous), mais, en plus, il y a du beau monde. Des habitués comme Yvan Noblet justement, Tanguy de Lamotte ou Damien Grimont.
Tour du mondiste figariste, minïstes
Mais aussi un double vainqueur du tour du monde avec escales, Bernard Stamm, qui, en attendant son 60 pieds, vient faire une pige en Classe 40, un double vainqueur de la Solitaire du Figaro, Nicolas Troussel. Ou le vainqueur de la Transat 6.50 en 2009, qui a beaucoup impressionné en avant-saison: Thomas Ruyant. «Il y a plein de favoris. Si j'étais bien sur les courses d'avant-saison, ces exercices étaient complètement différents de la Route du Rhum. Là, il y a des clients: Stamm, Troussel, Manuard, Noblet, De Lamotte, Bouchard...», lance-t-il avec un grand sourire.
Une bataille d'architectes
En effet, ils sont nombreux à pouvoir prétendre à la victoire. En plus, la jauge de la classe a évolué et les bateaux sont devenus plus puissants, plus performants. Les derniers nés seront forcément plus rapides: 18 jours pour traverser? «C'est une classe avec une jauge cadre mais qui laisse la possibilité de jouer avec les architectes», explique Noblet. Le marin de Riec-sur-Bélon a opté pour un plan Verdier. Même choix pour Thomas Ruyant qui sera à la barre du monocoque d'Eric Defert... obligé de louer un autre plan Verdier. «Ce sont des bateaux très raides dans le vent médium à fort, au près mais surtout au reaching. Intéressant pour la Route du Rhum», lance Noblet. Ce que confirme le skipper de «Destination Dunkerque», avec une petite nuance: «On n'a pas vu évoluer les bateaux qui viennent de sortir comme les Pogo S2, les Akileria 2. Ils sont aussi très bons». Ils se méfieront également de Samuel Manuard, architecte du Class40 qu'il va mener et «qui a mis les volumes dans des endroits différents. On verra», comme le précise Yvan. Mais aussi les plan Rogers, Lombard ou Owen Clarks: une bataille d'architectes dans la course.
Amateurs de tous horizons
Cependant, la Classe 40, ce n'est pas que ça. C'est aussi une kyrielle d'amateurs, éclairés ou non, qui, grâce à des budgets abordables, se payent une traversée de rêve. Fabrice Amédéo («Geodis»), journaliste au Figaro, est de ceux-là. «C'est une belle opportunité de s'aligner sur des courses mythiques comme le Rhum. De se confronter à des concurrents redoutables comme Stamm ou Troussel tout en ayant des copains de jeu de mon niveau. C'est un rêve pour nombre d'amateurs. Ils partent avec la seule idée d'arriver de l'autre côté. Et seulement après, de regarder s'il y a du monde dans le sillage». Du directeur de salles de cinéma, à l'enseignant, en passant par le directeur de chantier naval, le chirurgien ou le géologue, tous rêvent de se faire une place au soleil.