6 janvier 2012 - 5 réactions
Le très probable futur candidat pour la présidentielle Nicolas Sarkozy a esquissé, hier, son programme en matière d'éducation. Au menu notamment, une redéfinition du métier d'enseignant.
«En cette période lourde d'incertitudes, l'éducation et la recherche constituent pour la France un formidable moyen de reprendre son destin en main», a assuré hier Nicolas Sarkozy. Lors de ses voeux aux acteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche, au Futuroscope, dans la Vienne, hier, le probable candidat pour la présidentielle a esquissé les grandes lignes de son programme éducatif devant 2.000 personnes. Le Président a préconisé la fin du collège unique, la redéfinition du métier d'enseignant, l'autonomie des établissements, à l'instar de ce qui a été fait pour les universités, et a évoqué l'évaluation des enseignants par les chefs d'établissements, un projet décrié dans le milieu enseignant.
Mieux avec les mêmes moyens.
Nicolas Sarkozy a cependant averti: «Dans notre situation financière, nous devons et nous pouvons, dans l'Éducation comme dans les autres services de l'État, faire mieux avec les mêmes moyens et ce n'est pas impossible». Il a ainsi répété que le projet de recréer des postes était «irresponsable», dénonçant ainsi, sans l'expliciter, un projet en ce sens de François Hollande.
La fin du collège unique.
Après «la réforme capitale de l'école primaire de 2008», les réformes du lycée professionnel en 2009 et de l'enseignement général et technologique l'année suivante, celle du collège est classée comme «priorité». «Il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique que nous connaissons », a-t-il dit. Et de proposer deux pistes de réflexion : «Recentrer la 6e et la 5e sur les fondamentaux» et «assumer la diversité des parcours en 4e et 3e» car «il n'est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l'enseignement général».
Le métier d'enseignant redéfini.
Il s'est aussi attardé sur la façon dont il souhaitait que soient redéfinis «le métier» et «la mission» d'enseignant, une volonté qu'il avait déjà en 2007 mais qu'il approfondit en suggérant que les professeurs puissent «accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements», au-delà des 18heures hebdomadaires réglementaires pour les professeurs certifiés et les 15heures pour les agrégés.
Rémunération à la hausse.
Cette redéfinition du métier donnerait lieu «en contrepartie», à «une augmentation considérable de leur rémunération», a ajouté le Président sans toutefois expliquer comment. Mais la communauté éducative lui reproche d'avoir renforcé les inégalités, via les suppressions de postes ou l'assouplissement de la carte scolaire. Et les syndicats, échaudés par les promesses de revalorisation salariale de 2007 qu'ils estiment non tenues, doutent de celles brandies à présent. Dans un communiqué, l'eurodéputé Vincent Peillon, chargé de l'éducation dans l'équipe Hollande, a estimé que le chef de l'État, après «avoir affaibli et attaqué l'école républicaine comme elle ne l'avait jamais été dans son histoire (...), semble vouloir faire son mea culpa».