25 janvier 2012 à 15h12 - 3 réactions
Vous n'êtes pas membre de l'UMP, mais un matin, vous découvrez dans votre messagerie électronique un mail du parti présidentiel ? C'est ce qui est susceptible d'arriver à 30% des internautes français. La pratique serait courante aux Etats-Unis. Pas en France, où l'on l'associerait plutôt aux spam. Voilà qui relance le débat sur la protection des données personnelles, à l'heure où Bruxelles étudie une nouvelle législation européenne et où Google révise sa politique de confidentialité.
C'est France Info qui l'a révélé ce mercredi : l'UMP a lancé une nouvelle forme de campagne électorale, via les messageries électroniques. Depuis quelques jours, explique la radio d'infos en continu, des internautes, qui ne sont pas encartés au parti présidentiel, reçoivent un mail de "Jean-François". Adressé nominativement. Un message de Jean-François Copé, donc, qui propose à l'internaute de rester en contact avec l'UMP.
30% des Français susceptibles de recevoir le mail ?
Un spam, c'est-à-dire un courrier indésirable ? Même pas, même si certains considèrent la méthode comme intrusive. En fait, l'UMP utilise les services d'une entreprise, Yespleez. Et qui, explique France Info, possède un listing d'internautes qui se sont inscrits sur des sites commerciaux pour recevoir des offres promotionnelles. La société assure qu'elle peut ainsi toucher 30% des Français !
Copé : "le même principe que pour les boîtes aux lettres"
De son côté, Jean-François Copé a expliqué, sur France Info, qu'il s'agissait "exactement du même principe que les courriers mis dans les boîtes aux lettres", et que "personne n'est obligé de cliquer pour ouvrir le mail".
Mais si vous ne voulez plus recevoir de nouvelles de "Jean-François" dans votre messagerie électronique, il faudra tout de même cliquer au moins deux fois : une pour ouvrir le message, l'autre pour refuser d'en recevoir d'autres.
Un projet de loi ambitieux présenté à Bruxelles
Cette nouvelle pratique de campagne intervient alors que le débat sur la protection des données personnelles est relancé, notamment à Bruxelles. La Commission européenne présente ce mercredi une proposition de législation qui imposerait aux grands groupes du web d'obtenir le consentement préalable des internautes pour l'utilisation de leurs données. Un projet ambitieux mais qui pourrait ne jamais jamais voir le jour, compte tenu de la difficulté à le mettre en oeuvre.
Google révise sa charte de confidentialité
Quant à Google, il a réaffirmé son engagement à ne pas communiquer de données personnelles à des tiers. Il a annoncé ce mardi soir une révision profonde des conditions d'utilisation de ses services et de sa politique de confidentialité. D'ici le 1er mars, chaque internaute possédant un compte Google devra accepter le nouvelle charte.
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