15 février 2012 à 21h23 - 8 réaction(s)
Les réactions pleuvent depuis l'officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy à un second quinquennat. Tour d'horizon.
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François Hollande : "quel bouleversement !"
"Le président candidat est désormais candidat président. Quel bouleversement !" a ironisé le candidat socialiste
devant quelques 10.000 personnes selon le PS réunies au Zénith du Grand-Quevilly. "Cette nouvelle, nous la connaissions depuis des semaines, depuis toujours ! La vérité c'est que le président candidat est candidat depuis 5 ans, à peine élu il était en campagne, à peine entré il était déjà sortant. Citant une phrase que François Mitterrand aurait prononcée au moment où Valéry Giscard d'Estaing se déclarait ("plutôt que présenter sa candidature, il aurait mieux fait de présenter ses excuses"), le député de Corrèze a poursuivi: "Je ne sais pas si la formule vaut encore, mais c'est vrai qu'il y aurait des excuses à formuler". "Car qui va mieux depuis 5 ans ?", à part "le peuple des possédants, des dirigeants", a-t-il interrogé. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce n'est "pas un bilan, c'est un fiasco", a-t-il encore estimé, fustigeant un chef de l'Etat "qui divise", marqué par "le repli, le rejet, la peur".
Sur la stratégie de son rival, il a mis en garde contre "un candidat sortant qui tentera de faire de ses faiblesses une force". "Il prétendra que les recettes de l'austérité sont des remèdes du 21e siècle, qu'il faut oublier le bilan, que la crise est passée par là, que tout s'efface, que seul l'avenir compte".
Nathalie Arthaud : "le président du Fouquet's sera le candidat des riches"
"Sarkozy est bien sûr candidat à la même politique au service des riches, il veut remettre ça pour cinq ans. Sarkozy a gouverné pour les riches, il sera candidat pour les riches!", a ajouté la candidate trotskiste. "Ce soir, il a expliqué qu'il allait être à l'écoute du peuple. En réalité, il restera, comme il l'a toujours été, à l'écoute exclusive du grand patronat". "Le Sarkozy-candidat est fidèle en tous points au Sarkozy-président. Il fait mine de combattre le chômage, mais ce n'est pas les licencieurs qu'il accuse, ce sont les chômeurs", selon la candidate de Lutte Ouvrière.
"Quant à son couplet sur la "France forte", c'est la force des profits des grands groupes industriels et des banques qui poussent sur l'exploitation toujours plus féroce", poursuit-elle.
Jean-Luc Mélenchon : "le disque rayé des ritournelles libérales"
"Ca ressemblait à un disque rayé", a réagi M. Mélenchon. "La bonne chose" est que "nous sortons d'une période ridicule de faux suspense" sur la candidature du président. "Il nous reste donc 69 jours pour s'en débarrasser !"
"J'espère qu'il va se comporter en candidat, c'est à dire accepter le débat, le dialogue et les controverses" et "quitter cet air un peu hautain qu'il avait ce soir en prétendant qu'il n'y avait plus ni droite ni gauche, mais seulement sa précieuse personne comme centre du monde", a dit le candidat du Front de gauche.
S'agissant des referendums promis par M. Sarkozy, M. Mélenchon a estimé qu'il s'agissait d'"un numéro de pur cynisme" car "on entend quelqu'un nous dire qu'il compte donner la parole au peuple au moment même où il s'apprête à le lui refuser sur la principale question qui vaille actuellement, le nouveau traité européen".
M. Sarkozy "n'est pas très crédible quand il dit que le second quinquennat ne sera pas comme le premier (...) Il laisse un champ de ruine sociale et les Français sauront s'en souvenir".
Marine Le Pen : Sarkozy, "magicien" dont on voit "les ficelles dépasser du costume"
"Les Français doivent maintenant donner à Nicolas Sarkozy ce qu'il mérite, un carton rouge" alors que le chef de l'Etat ressort "la machine à enfumer" a déclaré la candidate du Front national. "Trop de trahisons, trop de mensonges, trop de manipulations, Nicolas Sarkozy doit quitter le terrain". Pour la candidate d'extrême droite, "le vote Sarkozy est un vote perdu, un vote inutile pour un candidat inutile qui évidemment ne fera pas demain ce qu'il n'a pas fait pendant cinq ans" évoquant "les échecs très lourds" de son quinquennat.
"Cette fausse modestie, ces promesses multipliées, on a le sentiment" d'un "magicien dont on connaît le tour et dont on verrait les ficelles dépasser du costume, la tâche sera très difficile pour lui".
François Bayrou : "Quand le capitaine a mené le bateau sur un récif, il faut qu'il change"
"Ce qui était frappant à écouter Nicolas Sarkozy, c'est que c'était exactement les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes exemples que depuis des mois et des mois. Et ce qu'on voyait quand on était de l'autre côté de l'écran, c'est qu'en réalité le bilan est tellement écrasant", a déclaré François Bayrou sur TF1. Le leader du MoDem avait auparavant expliqué sur Canal+ que les Français se trouvaient maintenant devant une question essentielle: "Est-ce qu'on continue cinq ans avec la même équipe ou est-ce qu'on change ?".
"Toute la zone euro, avec le Portugal, l'Espagne, la Grèce... a eu, en une année, un déficit de 7 milliards et nous la France, toute seule, 70 milliards. Nous perdons en un mois ce que l'Europe perd en un an. Quand le capitaine a mené le bateau sur un récif, on dit qu'il faut un changement", a-t-il lancé.
Régissant au slogan de campagne du président candidat "La France forte", le leader centriste a souri: "Si on veut définir la France aujourd'hui, dire qu'elle est forte, il me semble qu'il y a un petit hiatus", a-t-il ironisé.
Nicolas Dupont-Aignan : Sarkozy "empêtré dans ses contradictions"
Le candidat de Debout La République à l'Elysée, souligne une contradiction "entre ses paroles de candidat et ses actes de président". "Contradiction sur le respect de la parole du peuple français, puisque Nicolas Sarkozy restera dans
l'Histoire comme celui qui a trahi le vote des Français lors du référendum de 2005, en faisant passer par le Parlement le traité pourtant massivement rejeté par le peuple", a-t-il estimé. "Contradiction sur la valeur travail puisque jamais la France n'aura perdu autant d'emplois industriels que sous Nicolas Sarkozy", a ajouté M. Dupont-Aignan. "Contradiction enfin sur sa France forte puisque la France ne peut pas être forte si elle n'est pas libre".
Eva Joly : il faut le "chasser" de l'Elysée
"C'est clair qu'il faut une alternance. Il faut absolument que nous chassions Nicolas Sarkozy du palais de l'Elysée", a déclaré Eva Joly sur France 2. "Tout ça pour ça", a-t-elle aussi lancé. "Il ne nous a rien dit. C'était le grand vide, pas un mot sur l'écologie, pas un mot sur la crise environnementale", a souligné la candidate écologiste.
Nicolas Sarkozy "est dans le déni du bilan de son mandat et dans le déni du fait que sa politique a détruit les emplois dans notre pays. Il est dans le déni qu'il déstabilise notre pays".
François Fillon : la candidature de Sarkozy est "celle de l'intérêt national"
"Ce soir, le débat présidentiel est véritablement lancé", a estimé le Premier ministre. M. Sarkozy "se tourne vers les Français avec conviction et coeur. Il s'engage pour une France forte et protectrice", poursuit-il. Selon lui, la candidature du président sortant, "c'est celle de l'intérêt national pour sortir de la crise et tenir notre rang dans la mondialisation". "La modernisation économique et sociale engagée depuis 2007 constitue un socle pour aller plus loin", poursuit-il, ajoutant que "par delà son expérience, Nicolas Sarkozy incarne cette énergie réformatrice qui réinvente en permanence la République". "Pour construire cette France forte, je m'engage pleinement au côté de Nicolas Sarkozy", conclut le Premier ministre, en allusion au slogan de campagne de M. Sarkozy.
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