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Présidentielle. Bayrou votera Hollande, un choix historique

3 mai 2012 à 20h30 - 20 réactions

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En annonçant jeudi qu'il voterait François Hollande au second tour de la présidentielle au nom de ses valeurs, François Bayrou a fait un choix historique. Il rompt avec des décennies d'alliance entre le centre et la droite, avec des conséquences imprévisibles sur l'échiquier politique. "Il est des moments dans l'histoire où l'engagement devient vital. Je crois que le moment est venu de franchir des pas décisifs", a expliqué François Bayrou lors d'une allocution au siège du MoDem. Toutefois, il n'a donné aucune "consigne générale" à ses électeurs, libres de choisir "en conscience".

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"Je ne peux pas voter blanc, cela serait de l'indécision, et dans ces circonstances, l'indécision est impossible. Reste le vote pour François Hollande, c'est le choix que je fais", a déclaré le député et président du MoDem, éliminé au premier tour de la présidentielle (9,13%). "Il s'est prononcé de manière claire sur la moralisation de la vie publique dans notre pays, il aura fort à faire. J'ai dit ce que je pensais de son programme économique. Je ne partage pas ce programme", a ajouté François Bayrou.

 

Pas de consigne générale de vote
En guise de message à ses électeurs, il a affirmé "tenir" à la "diversité" de sa formation, le Mouvement démocrate. "Cette diversité, elle est notre nature propre. C'est pourquoi je ne donnerai pas de consigne générale de vote, chacun de mes amis, chacun de mes électeurs s'exprimera en conscience." "Je sais qu'il y aura des expressions différentes et je les respecterai", avait encore dit François Bayrou, avant d'annoncer son "choix" personnel.

Pour le prochain quinquennat, "devant une crise inéluctable, il n'y aura pour la nation qu'une attitude possible: une unité nationale qui réunira des femmes et des hommes venus d'horizons différents pour que le pays puisse se ressaisir. Cette unité nationale ne se ressaisira jamais si chacun reste dans la logique des camps anciens", a estimé le dirigeant centriste.

"Je ne deviendrai pas un homme de gauche"
"Je ne suis pas et je ne deviendrai pas un homme de gauche. Je suis un homme du centre et j'entends le rester, et je suis certain que le jour venu il faudra aussi qu'une partie de la droite républicaine soit associée à ce qu'il faudra faire pour que la France s'en sorte", a pronostiqué le troisième homme de la présidentielle de 2007. Cette année-là, dans l'entre-deux-tours, il avait laissé entendre qu'il ne voterait pas Sarkozy, sans toutefois se prononcer pour Ségolène Royal (PS). Plus tard il avait révélé avoir voté blanc.

Un appel à Hollande
"Par ce choix, je rends possible pour la première fois depuis longtemps une union nationale", s'est félicité le député des Pyrénées-Atlantiques, avant de dire qu'il "appartiendra à François Hollande, s'il est élu, de réfléchir à la situation et de prendre en compte cette nécessité pour le pays".

"Si (François Hollande) en reste à la gauche classique et au programme qui est le sien aujourd'hui, je serai un opposant, dans une opposition vigilante, constructive mais vigilante, et il faudra une opposition déterminée quand il s'agira d'empêcher les erreurs annoncées", a-t-il annoncé, "il est des moments dans l'histoire ou l'engagement devient vital".

Sarkozy s'est "livré à une course-poursuite à l'extrême droite" 
"Nicolas Sarkozy, après un bon score de premier tour, s'est livré à une course-poursuite à l'extrême droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs, dans laquelle ce que nous croyons de plus profond et de plus précieux a été bousculé et nié dans son principe", a déclaré le président du MoDem.

"L'obsession de l'immigration dans un pays comme la France, au point de présenter dans son clip de campagne un panneau "Douane" écrit en français et en arabe, qui ne voit à quels affrontements, à quels affrontements entre Français, cela mènera ?", a demandé le député béarnais. "La ligne qu'a ainsi choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale", a dénoncé M. Bayrou.

  • J.B. avec l'AFP.

Le choix des huit candidats éliminés au 1er tour pour le duel final :

Marine Le Pen (17,9%) : BLANC
Jean-Luc Mélenchon (11,1%): HOLLANDE
François Bayrou (9,13%): HOLLANDE, à titre personnel
Eva Joly (2,31%): HOLLANDE
Nicolas Dupont-Aignan (1,79%): AUCUNE CONSIGNE
Philippe Poutou (1,15%): HOLLANDE
Nathalie Arthaud (0,56%): AUCUNE CONSIGNE
Jacques Cheminade (0,25%): HOLLANDE

Les réactions

François Hollande : "Je pense qu'il a pris consicence que le candidat sortant divisait et que je rassemblais, qu'il y avait un risque pour le pays, s'il devait être reconduit cinq ans de plus", a expliqué le candidat PS à l'Elysée, au micro de RMC. "Ca ne veut pas dire qu'il rejoint ma candidature. Je respecte son indépendance, sa liberté. Et je ne prends pas ce vote comme un ralliement en aucune façon. C'est au contraire un vote d'indépendance et n'en tirez pas les leçons qui pourraient être faciles, a-t-il ajouté. "Il n'y a eu aucune discussion entre nous, aucune négociation", a-t-il assuré. "C'est un choix d'homme libre indépendant, qui s'exprime en tant que responsable politique sans engager sa propre formation. C'est un choix citoyen d'un homme qui considère que pour son pays il y a une solution à éviter", a-t-il dit.

 

François Fillon : "L'avis de M. Bayrou, c'est l'avis d'un homme seul qui s'exprime. Ce choix c'est le sien, ça n'est pas le nôtre. Et comme vous le voyez ici il y a beaucoup d'enthousiasme".  Cette décision est motivée par le "dépit personnel", selon le premier ministre. 

Jean-François Copé : Le secrétaire général de l'UMP a dit regretter "profondément la décision de François Bayrou", affirmant qu'il n'en comprenait "absolument pas les motivations". "Je pense qu'elle est plus motivée par un dépit personnel que par des vraies raisons de fond". Selon le patron du parti présidentiel, "ce qui nous rassemble entre lui (M. Bayrou) et Nicolas Sarkozy est infiniment supérieur à ce qui peut nous séparer, notamment sur le plan économique, sur le plan de la réduction des déficits budgétaires, qui est son cheval de bataille, qui est le nôtre et qui est à l'opposé de ce que préconise François Hollande".

Hervé Morin (Nouveau Centre) : "Je regrette vraiment car je pense qu'il y a peu de choses en commun entre la folie de la dépense publique des socialistes, les prélèvements obligatoires supplémentaires, et le projet politique de François Bayrou." "Il va jusqu'au bout de ce qu'il a entrepris en 2007 et qu'il n'avait pas osé faire entre les deux tours de 2007".

Ségolène Royal (PS) : "Je salue la prise de responsabilité qu'exprime François Bayrou. Il a pris la mesure de l'enjeu et il a considéré qu'il fallait que les valeurs humaines l'emportent sur les valeurs financières et que cet humanisme centriste n'était plus compatible avec le sarkozysme."

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) : "Je me réjouis de voir se diviser la droite. La décision de monsieur Bayrou part d'un honnête sentiment républicain que la violence des discours glauques de Nicolas Sarkozy insupporte.""La déroute du candidat UMP est très bien engagée. Bien sûr je ne suis pas naïf. Je tiens à l'oeil l'ami de la règle d'or", a ajouté Jean-Luc Mélenchon à l'égard de François Bayrou. 

Martine Aubry (première secrétaire du PS) : "Je pense que s'il ne partage pas l'ensemble de notre projet, il considère aujourd'hui que la ligne a été passée, celle qui nous distingue entre républicains et les autres. C'est un choix de valeurs, un choix que les démocrates et les humanistes peuvent partager", a souligné la maire de Lille.

Jean Arthuis : Le sénateur centriste a estimé jeudi soir sur le JDD.fr qu'avec le choix de François Bayrou de voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle, "les projets" de reconstruction de la "famille centriste" vont se "trouver singulièrement compliqués". Le président de l'Alliance centriste "regrette" la décision du leader du MoDem qu'il avait soutenu durant la campagne présidentielle, mais il doute "que cela puisse avoir un impact considérable".

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20 réactions

  • gouet224
    Tchmil
    P Desproges
    il disait aussi :A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 21h17 - Signaler un abus
  • MarieC
    aux urnes!!!
    Mr bayrou met un coup de pied dans la fourmilière ,c 'est le seul moyen de se sentir vivant apres sa defaite ,il fallait s'y attendre!!
    le destin du pays ne se limite pas au vote d'un seul homme, ses disciples doivent se reprendre et voter du bon coté cette fois ci !!!
    Ajouté le 04 mai 2012 à 18h54 - Signaler un abus
  • BRISE
    Et pourquoi pas ....
    Et pourquoi pas ....organiser, pour feter çà un diner de C....
    Ajouté le 04 mai 2012 à 16h42 - Signaler un abus
  • Tchmil
    bon choix.
    Ce sont 2 hommes (Bayrou et Hollande) qui ont des valeurs humaines.
    Ça se comprend tout à fait.

    Je ne sais plus qui disait "il y a plus d'humanité dans les yeux d'un chien qui remue sa queue que dans la queue de LePen quand il remue son oeil", mais on pourrait la faire avec Sarkozy aussi.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 15h22 - Signaler un abus
  • mismo
    Qu'elle que soit
    la décision qu'aurait prise F. Bayrou, il se serait pris, de toutes façons, une volée de coups de bâton.
    La palme de la critique revient ici à Jacobin75 qui apporte une nouvelle fois la preuve qu'il excelle dans le maniement de la langue de bois ( justement ).
    Pour moi qui ai voté Bayrou le 22 avril, et qui m'aprête à faire comme lui le 6 mai, ces critiques stupides me feraient presque regretter ma décision.
    Personnellement, à la place de Bayrou, je me serais tu, je me serais fait oublier, et j'aurais laissé les français se débrouiller ( pour ne pas dire autre chose ) avec leurs mauvais choix politiques.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 13h54 - Signaler un abus
  • gouet224
    moi président
    j'aurai(s) ? une attitude exemplaire http://www.slideshare.net/lemalpensant/article-du-sunday-time-sur-franois-hollande-et-son-chauffeur
    TRAVAIL ILLEGAL : SCANDALE AUTOUR DE HOLLANDE (SUNDAY TIMES)
    Ajouté le 04 mai 2012 à 11h24 - Signaler un abus
  • Jad
    Le tube du printemps !
    Jacques Dutronc interprète très bien la chanson "l'opportuniste",
    il peut maintenant en faire un nouveau "tube" intitulé "François Bayrou".
    Ajouté le 04 mai 2012 à 11h02 - Signaler un abus
  • loq 29
    le forum
    Intéressant ce forum, j'en prend comme exemple un habitué, Jacobin 75, que j'ai souvent critiqué et avec lequel je dois avoir très peu de points de convergence. Et pourtant aujourd'hui je ne peux qu'apprécier son commentaire sur la danse des centristes, tous les espoirs sont permis et bonjour à lui.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 10h57 - Signaler un abus
  • gilb
    L'intolérance
    de l'UMP. Je ne savais pas que Ruth Elkrief et son collègue T Arnaud avaient été agressés par des UMPISTES. Lorsqu'on sait la neutralité affichée de Ruth et Olivier Mazerole sur BFMTV, on comprend que cela peut déranger certaines personnes qui n'aiment pas être contrredites. Merci de faire correctement votre travail.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 09h45 - Signaler un abus
  • PILOTE
    La bizarrie de Bayrou
    Il ne faut pas oublier que lorsque monsieur Bayrou était ministre de l 'éducation national . Il avait installé dans les murs du ministère la pricipale organisation syndicale des ensseignants: la FSU regroupant le SNI UPP pour le primaire , et le SNES pour le secondaire . Il avait dèja un penchant pour un seul Syndicat .qu'il reconnaissait donc comme le seule représentatif , il se trouve que ce syndicat était reconnu etre de gauche . Ce n'est donc pas une nouveauté; Le ministre successeur avait d ailleurs mis ce syndicat dehors , à son arrivée.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 08h57 - Signaler un abus
  • kreizleon
    Logique ...
    ...et même évident.
    Ceux qui s'attendaient à autre chose n'ont rien compris.
    Autant les mettre tous dans le même train.
    Perdu pour perdu personnellement en ce qui le concerne.
    La politique de la terre brûlée, avant de tout quitter.
    Ajouté le 04 mai 2012 à 07h54 - Signaler un abus
  • Coutard
    Surprise????
    Ce n'est pas une surprise! Quand on a les fesses entre deux chaises....et qu'elles s'écartent..soit on disparait, soit on se raccroche....Bayrou coulera, comme la France....sous la passerelle du Capitaine Hollande!
    Ajouté le 04 mai 2012 à 07h47 - Signaler un abus
  • Jacobin75
    La danse des centristes
    Et on peut apprécier, comme d'habitude, le comportement des centristes qui attendent que le train soit bien entré en gare avant de monter dedans au dernier moment... Trois jours avant le vote décisif, M. Bayrou découvre, d'une façon touchante, vers où penche son coeur.. Qui pourra encore être dupe de ce comportement ?
    Courir vers la victoire uniquement au moment où elle est acquise par d'autres, prendre le train en marche, se tourner mécaniquement vers le plus fort, tout cela ne va pas redorer le blason du centre français, centre mou, qui fait semblant d'être modéré et d'être neutre, mais qui cherche d'abord à se faire bien voir par les puissants du moment, étant incapables par eux-mêmes, et tout seuls, d'accéder au pouvoir. Quel courage politique ! J'espère que les Français vont apprécier et que la prochaine fois, M. Bayrou et ses amis n'obtiendront pas 8 %, mais seulement le tiers ou le quart, ce qui serait encore beaucoup
    Ajouté le 04 mai 2012 à 06h33 - Signaler un abus
  • Job Lakebars
    Ca ne m'étonne pas...
    Franchement, le contraire m'aurait étonné. Bayrou n'a eu de cesse de critiquer les écarts de N. Sarkozy avant et pendant la campagne. L'annonce de son ralliement au panache noir du président sortant m'aurait été totalement incompréhensible...
    Pour les déçus du centre bien à droite, vous aviez le centriste sarkozyste Morin. Pourquoi misiez-vous sur Bayrou ?
    Ajouté le 04 mai 2012 à 00h18 - Signaler un abus
  • don diego de la vega
    @fridu
    Huffingtonpost... C'est pas là que bosse Mme DSK ?
    Bizarre que les UMPistes trouvent que les journalistes ne sont pas tous clairs ?
    Ajouté le 03 mai 2012 à 23h59 - Signaler un abus
  • Elro
    @Elisa1007
    Une trahison ? Envers qui ?
    Le Modem n'a jamais fait alliance avec l'UMP. Depuis 5 ans, il se situe dans l'opposition.

    Si trahison il y a, c'est Sarkozy envers les centristes. Il n'a rien fait pour eux pendant 5 ans, préférant l'extremisme. Les "centristes de l'UMP" ? Seulement des opportunistes qui ne veulent qu'on leur offre une place bien chaude avec un bon salaire.

    La décision de Bayrou et du Modem est logique.
    Ajouté le 03 mai 2012 à 23h27 - Signaler un abus
  • fridu
    Un bon choix.
    Nous comprenons que mieux la réaction de M.Bayrou..... quand on voit les derniers agissements des "militants " Ump à Toulon, et au Trocadéro ........

    "La journaliste Ruth Elkrief et son collègue Thierry Arnaud, qui couvre pour BFM TV la campagne de Nicolas Sarkozy, ont été pris à partie par des militants UMP à la fin du meeting de Toulon ...."

    http: //www.huffingtonpost.fr/2012/05/03/ruth-elkrief-bfmtv-thierry-arnaud-ump-toulon_n_1475070.html?ref=france#comments
    Ajouté le 03 mai 2012 à 22h06 - Signaler un abus
  • Elisa1007
    Incompréhension totale !
    Pour nous c'est une trahison, c'est la fin du MODEM...
    ADIEU Mr Bayrou
    Ajouté le 03 mai 2012 à 21h54 - Signaler un abus

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