24 janvier 2012 - 7 réactions
François Bayrou, hier, à Brest, a voulu prendre le contrepied de François Hollande. Le candidat du PS avait affirmé dimanche que son adversaire est «la finance». «Mon ennemi à moi, a lancé le président du MoDem, c'est le chômage».
En campagne, hier, dans la région brestoise, François Bayrou a voulu placer cette journée sous le signe de la mer. La mer, tout d'abord, sous son enjeu militaire avec un passage le matin par la base des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de l'Ile-Longue. «François Hollande (qui y est annoncé lundi prochain, NDLR) aura une semaine de retard», s'amuse le président du MoDem qui, plus sérieusement, se déclare «impressionné» par cette visite et assure que «c'est l'Ile-Longue qui permet à la France de garder son siège de membre permanent du conseil de sécurité de l'Onu». Rien de moins.
La mer, ensuite, en tant que source d'énergies renouvelables et inspiratrice d'innovations technologiques, l'après-midi, avec une présentation d'Ifremer, suivie d'une observation de l'hydrolienne «L'Arcouest», en réparation à Brest, en compagnie de responsables de DCNS. La mer, enfin, en tant que gisement d'emplois, avec un rendez-vous avec les représentants syndicaux des salariés de la Sobrena, entreprise emblématique de la réparation navale brestoise et placée en redressement judiciaire.
«C'est important!»
L'emploi, justement. Le candidat centriste profite de sa rencontre avec la presse, pour réagir au premier meeting de François Hollande, dimanche, au Bourget, au cours duquel celui-ci avait désigné la finance comme son principal adversaire. «Je n'ai pas été surpris par ce meeting. On sait que le PS a beaucoup d'argent par rapport à nous... Mais j'ai un désaccord de fond avec François Hollande: moi, mon ennemi, c'est le chômage, avec, derrière lui, le pouvoir d'achat des Français et la lutte contre la dette de notre pays, que j'ai été le premier à dénoncer.
Pointer la finance, c'est facile, c'est laisser entendre que nos difficultés proviennent d'un responsable un peu lointain, difficile à cerner. Je pense, pour ma part, que nos difficultés proviennent d'abord des erreurs que nous avons faites». Cette réponse à François Hollande, François Bayrou tient à ce qu'elle soit reprise par les médias nationaux. Notre confrère de l'AFP est d'ailleurs instamment prié de bien vouloir la répercuter. «C'est important!», insiste même le Béarnais.
Foi de centriste
Mais quid de ses solutions? «Je les ai développées en septembre dans mon livre "2012, état d'urgence". Il faut recommencer à produire en France où on a laissé se défaire le tissu des PME et TPE. Je propose un "éco système" pour les entreprises et encourager les Français à consommer français par un nouveau système de labellisation.» En progression depuis deux mois dans les sondages, François Bayrou retient surtout que «42% des électeurs souhaitent que je sois présent au second tour.
Sur les quatre candidats qui peuvent y être, seuls troispeuvent gagner, puisque la présence de la candidate d'extrême droite assure automatiquement la victoire de l'autre. Je suis l'un de ces trois et des enquêtes de second tour non publiées me donnent même des résultats encourageants...». De quels instituts? Le candidat refuse d'en dire plus mais assure être plus confiant en ses chances en 2012 qu'il ne l'était en 2007. «En cinqans, tout a changé...», assure-t-il.

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