Suscinio. Le château deviendra domaine
Rien ne se voit, mais le château de Suscinio, propriété du conseil général, s'apprête à vivre une grande mutation. Regard sur l'avenir du site payant le plus visité du Morbihan, avec Annick Guillou-Moinard, vice-présidente chargée de la culture.
Est-ce une « révolution » qui se prépare à Suscinio ?
C'est en tout cas une évolution majeure, un changement de dimension. En 1840, Prosper Mérimée a inscrit Suscinio sur la première liste des monuments historiques en tant que ruine. Et c'est une ruine que le conseil général a achetée en 1965. Huit millions d'euros d'investissement l'ont transformé en château. Qui aurait imaginé revoir un jour une toiture sur Suscinio ?
L'enjeu d'aujourd'hui est de transformer ce château en domaine.
Il va donc se passer des choses hors les murs ?
Nous avons deux réflexions en cours.
La première concerne la centaine d'hectares de marais qui appartient pour 80 % au Département et 20 % à la commune de Sarzeau. Il y a encore quelques dizaines d'années, on ne voyait pas cet espace comme un environnement exceptionnel recélant une faune et une flore très riches.
La deuxième concerne les bâtiments de l'association du Moulin Vert qui pourraient être le lieu d'accueil du site, un lieu aussi pour les classes du patrimoine et peut-être enfin pour les pavements médiévaux. Auparavant, il faudra bien sûr reloger l'association.
Où en sont aujourd'hui ces réflexions ?
Nous avons commandé une étude au cabinet Dominique Macouin Consulting. C'est un travail de 18 mois dont nous aurons les conclusions provisoires à Pâques 2009 et le rapport définitif fin 2009.
Nous lui avons demandé une réflexion sur l'accessibilité du site, l'accueil du public et l'aménagement de la cour, l'utilisation des locaux du Moulin Vert, la valorisation des marais... Ces questions incluent la place des voitures sur le site, la création de sentiers piétonniers...
Pour l'instant, beaucoup de choses, du parking aux sanitaires en passant par les locaux d'accueil se font « a minima » pour le public.
Le château de Kerguéhennec, également propriété du Département, est clairement ancré dans l'art contemporain. Quelle sera l'identité de Suscinio ?
La première idée était d'en faire un musée. Cependant, si nous avons lancé une étude, c'est parce que le public revient peu. Avec 100.000 visiteurs par an, Suscinio est le site payant le plus visité du Morbihan, mais rares sont ceux qui reviennent tous les ans. Il faut renouveler les propositions au public. Nous nous orientons donc vers des expositions annuelles autour de la vie du château, de la cour de Bretagne, sans être trop restrictifs. L'exposition actuelle en est un exemple. Nous réfléchissons à la fois sur cette programmation et sur les spectacles que nous accueillons.
Quand ce « domaine » verra-t-il le jour ?
Le bâti est terminé depuis 2002 avec les travaux de charpente et toiture sur le logis Ouest. Des crédits pourront être trouvés dans les budgets sociaux et de voirie pour le relogement de l'association du Moulin vert et les aménagements nécessaires. La taxe sur les espaces naturels sensibles nous offre des financements non négligeables. Quand les orientations politiques seront définies, à la fin de l'étude, le projet devrait se mettre en place dès 2010-2011.