21 octobre 2009
Les deux sites vannetais de Pôle emploi, Jude et Armor, ont dû fermer leurs portes, hier, à la suite de la grève de la majorité de leurs salariés. En cause, la fusion ANPE-Assédics, dont l'application passe mal.
En se rendant, hier, sur les sites de Vannes-Jude et de Vannes-Armor de Pôle emploi pour effectuer leurs démarches, les chômeurs ont trouvé porte close. Au mieux, pour les plus matinaux, ils se sont vus remettre, par les salariés grévistes, un tract développant les arguments de ces derniers en faveur de ce mouvement. Une intersyndicale nationale (CFDT, CFE-CGC, CGT, Snap, Snu, Sud et Unsa) avait prévenu dès la semaine passée: elle appelait alors à la grève pour mardi, réclamant, notamment, de «meilleures conditions de travail et de services aux usagers» à la suite de la fusion de feue l'ANPE et des ex-Assédics. Le Morbihan a déployé 100% de ses sites mixtes, au nombre de neuf, dès le début du mois de juillet.
La grève reconduite aujourd'hui à Vannes
D'après les représentants du personnel, 80% des agents étaient absents à Vannes-Jude, 90% à Vannes-Armor. Des chiffres que réfute Charles Jaulin. Le directeur territorial du Morbihan de Pôle emploi préfère évoquer les 48% de grévistes au niveau régional, sans plus de commentaires. Des remarques, les syndicalistes vannetais, qui avaient reçu le soutien d'employés venus d'Auray, de Ploërmel, de Pontivy et de Redon (Ille-et-Vilaine), en avaient pléthore. Ils ont eu le temps d'en discuter entre eux, au cours d'une assemblée générale menée, en fin de matinée, dans leurs locaux du quartier Pompidou. Avant de reconduire le mouvement pour ce mercredi, contrairement à leurs collègues lorientais par exemple. Dans l'après-midi, une délégation vannetaise constituée d'une dizaine d'éléments a rallié Rennes: au programme, des passages, avec remise d'une motion, à la direction régionale de Pôle emploi et en préfecture de région.
Les agents de Pôle emploi seraient des «cobayes»
À Vannes, les dysfonctionnements liés à la fusion des deux services ne manqueraient pas, à en croire l'intersyndicale locale. Selon Stéphanie Chesnel, élue Force ouvrière, «la direction met la charrue avant les boeufs. Nous sommes des cobayes». Ainsi, les grévistes refusent d'être formés «pendant deux ou trois joursseulement» pour compléter aujourd'hui leurs anciennes aptitudes, ces dernières ayant demandé «six mois» d'encadrement, rappelle Olivier Coudray, secrétaire départemental du Snu. Et Valérie Le Guelvoud, pour la CFTC, de divulguer une anecdote, à Vannes-Jude, il y a de cela un mois: «Des ex-conseillers à l'indemnisation devaient gérer des nouveaux demandeurs d'emploi directement dans le hall d'accueil. Un collègue a vu six personnes en l'espace de vingtminutes, d'où zéro confidentialité».
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