Recensement. La ville en décrue
Vannes a dépassé le cap des 55.000habitants. Mais le rythme de croissance de la ville s'est ralenti. Dans le bassin vannetais, c'est lahausse pratiquement partout. La palme est à La Trinité-Surzur. Enrevanche, Larmor-Baden est sur la mauvaise pente.
Selon le dernier recensement qui entre en vigueur au 1erjanvier, Vannes a 52.683 habitants en population municipale et 55.348 habitants en population totale (ou légale), c'est-à-dire en tenant compte des résidants qui n'y vivent pas de manière fixe comme les militaires, les religieux. Le rythme de progression annuelle sur les dix dernières années est de 0,2%. On est loin de l'évolution fulgurante des années 1980 (+1%) et des années 1990 (+1,4%). En dix ans, la population municipale a grandi d'un peu moins de 1.000 habitants. Explication de cette décrue: un solde naturel (naissances/décès) en baisse de moitié et un solde migratoire (arrivées/départs) qui a également fortement diminué. Ce qui ne signifie pas que la ville soit moins attractive. La force d'attraction s'exerce au niveau de l'agglomération où les communes de la première et deuxième couronnes sont en progression plus importante. «En Bretagne, nous sommes la ville moyenne qui ne perd pas de population», commente le maire, David Robo. Lorient et Saint-Malo sont en baisse, Saint-Brieuc et Quimper ne bougent plus. «Nous avons des chiffres encourageants avec des naissances et des décès stables, l'arrivée d'étudiants et de nouveaux habitants, ajoute David Robo. Sur ces nouveaux arrivants, 60% viennent pour un emploi et 20% pour leur retraite. Ça tord le cou au schéma classique qui veut que Vannes est une ville de seniors. Certes, la progression s'est ralentie mais l'agglomération a grossi». Pour David Robo, Vannes va continuer à voir sa population progresser. «Nous avons lancé l'opération Anru pour le renouvellement urbain de Ménimur et le projet Nord Gare où 800 logements sont prévus à terme», souligne-t-il.
Besoins de logements
La ville ne manquera pas de place pour recevoir de nouveaux résidants. Elle a des réserves foncières et de gros potentiels en habitat sur des espaces à reconstruire, comme les anciennes cliniques, rue Texier-La Houlle et la faculté de Droit, rue de la Loi. Le départ de la CPAM va laisser aussi une tour vide. A démolir ou à réaménager? Et plus loin sur le boulevard de la Paix, le déménagement de la Cité administrative vers l'ancien arsenal et la destruction de ce bâtiment libérera de la place. «Vannes doit construire entre 300 et 400 logements par an pour pouvoir maintenir sa population», indique Georges André, premier adjoint, vice-président au logement à Vannes-Agglo. «Le nombre de personnes par logement, actuellement de 1,67, ne cesse de diminuer sous l'effet de phénomènes sociaux que sont la décohabitation des ménages et le vieillissement», explique-t-il. La nécessité de réduire les déplacements, la plus grande qualité des logements collectifs et les objectifs de densification vont aussi apporter de nouveaux habitants en ville. «Le choix pour un logement se fera en fonction des lieux d'activités et de loisirs», prédit Georges André.
Larmor-Baden : l'équation difficile
Larmor-Baden est en déclin démographique. 814 habitants au recensement 2012, 954 il y a dix ans, soit une baisse de 1,6% par an. Quelles sont les solutions qui s'offrent au maire, Denis Bertholom?
Pourquoi cette baisse?
C'est le problème des communes littorales. En plus, nous n'avons aucune réserve foncière. Deux chiffres qui traduisent bien la situation: nous avons un peu plus de 800 habitants, mais 950 électeurs, parce que 50% de nos résidences sont secondaires.
Que pouvez-vous faire?
Il faut une politique volontariste du logement. Nous avons acheté un terrain en 2008. Mais, pour faire aboutir un dossier comme celui-là, il faut du temps, et il s'agit de bien cibler l'aménagement à faire, à quel coût et pour quelle destination, car vous pouvez faire des maisons qui peuvent être revendues quelque temps après comme résidences secondaires. Le budget de la commune est en plus restreint. 800.000 EUR, le prix où se vendent certaines maisons.
Quelles sont les possibilités de construction?
Notre commune fait 4km² en bordure du littoral, si bien qu'on ne peut pas construire partout. On refait actuellement le Plu où on évalue le nombre de constructions possibles. Il y a du potentiel mais pas tant que ça. Nous avons un site unique et on ne peut pas densifier.
Des possibilités existent pour les jeunes ménages?
Là aussi, il faut une politique volontariste. Les gens choisissent l'école ou la garderie en fonction de leur déplacement. Nous avons un partenariat avec Baden sur un multi-accueil. On a lancé une maison des assistantes maternelles avec 19enfants. Le problème reste l'achat de la maison. À 400.000 EUR au prix moyen, c'est impossible pour des primo-accédants. Ceux qui s'installent le font après la vente d'une première maison ou par le jeu d'une succession familiale. Ce qu'il faudrait, c'est pouvoir mener une politique de locations à l'année. - Des petites communes en forte progression.
Meucon: près de 900 habitants en dix ans. Monterblanc:+1.000 habitants, Locmaria Grand-Champ:+500 habitants. Ou encore Lauzach, Berric. - Dans des communes plus importantes également.
Progression forte aussi ces dix dernières années : Ploeren (+1.770), Theix (+ 1.736), Sarzeau (+1.500) Questembert (+1.290), Plescop (+1.000), Muzillac (+840). Saint-Avé, deuxième commune du pays de Vannes, a dépassé les 10.000 habitants et a progressé en dix ans de 1.788 habitants. Progression moindre pour Séné: 660 habitants et Arradon. - Dans la presqu'île de Rhuys,
Arzon voit sa population baisser. En revanche, le Tour-du-Parc affiche son dynamisme avec+4,1% par an. l'Ile-aux-Moines (601 habitants) perd des habitants, tandis que l'Ile d'Arz (250) en gagne légèrement.
«En phase de création on se sent seul »
La Trinité-Surzur : championne en démographie
C'est la commune record en progression démographique. LaTrinité-Surzur est passé en dix ans de 571 à 1.143 habitants, soit 7,2% de hausse par an. Et encore ce chiffre du recensement ne reflète pas la réalité puisqu'il est fondé sur une statistique de 2009. «Nous sommes en réalité à 1.300 habitants», indique le maire, Lucien Ménahès. Depuis deux ans, des maisons se sont construites et cette année 51 logements sociaux ont été livrés. Mais LaTrinité va mettre le pied sur le frein. Le nombre de maisons nouvelles sera limité à quinze par an. «On tournait autour d'une trentaine», dit Lucien Ménahès. La situation de la commune, au bord de la voie express, sa proximité avec Vannes, le prix du terrain - actuellement de 120 EUR/m² - moindre que dans la première couronne du fait d'un retard à l'allumage au moment de l'envolée démographique des années 90, font que LaTrinité attire des jeunes ménages désireux d'avoir leur maison.
Record de naissances
Tout cela a nécessité deux agrandissements de l'école qui accueille actuellement 155 enfants et qui a encore des possibilités d'extension. On n'a jamais enregistré autant de naissances qu'en 2011: 26. Il a fallu aussi refaire la mairie, désormais adaptée pour 2.000 habitants. La commune a 900.000 EUR de dette, 780 EUR par habitant. «Ça reste modeste, dit Lucien Ménahès. Actuellement, on équilibre face aux travaux à faire mais on aura un retour sur investissement». Présentement, pour LaTrinité, l'autre challenge c'est quelques nouveaux commerces.
«À terme j'aimerais pouvoir m'associer »
«Je fais un métier que j'adore »
«J'espère évoluer vers le statut d'EURL»
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