Premier degré. À 400 contre les suppressions de postes
En mobilisant 400 personnes, la manifestation contre les suppressions de postes dans le premier degré a rencontré un succès mitigé. Les parents de l'école Descartes étaient en tête du cortège.
29, c'est le nombre de postes d'enseignants du primaire qui devraient disparaître à la rentrée dans le Morbihan. L'exercice est devenu une habitude de la part de l'inspection académique. Ce qui n'empêche pas les syndicats d'appeler à manifester à chaque fois qu'une nouvelle coupe sombre s'annonce. «L'inspection académique explique cette décision par la baisse attendue de 113 élèves à la rentrée. Sauf que c'est faux» soutient Martine Derrien, secrétaire départementale du SNUIPP. «Elle ne prend en compte qu'environ 20% des moins de trois ans qui sont scolarisés. Résultat: cette année plus de 400 élèves scolarisés dans le publique ne sont pas comptabilisés». Sur les 29 postes en sursis, 17 concernent des Rased, ces enseignants spécialisés qui s'occupent d'enfants en difficulté. «C'est lamentable de s'attaquer ainsi à l'encadrement des élèves qui en ont le plus besoin» s'emporte une manifestante. Il faudra attendre jeudi 2février pour connaître le détail des mesures prises par l'inspection académique et le nom des écoles concernées par les suppressions de postes.
«Un casino non, une école publique oui»
Hier matin, entre 10h30 et midi, le rassemblement n'a sans doute pas été à la hauteur de ce qu'espérait l'intersyndicale. Les 400 personnes présentes, parmi lesquelles des enseignants, des parents et des élus, ont défilé depuis le port jusqu'à l'inspection académique. Et au tout premier rang, ce sont les parents de l'école Descartes qui ont monopolisé l'attention. C'est aux cris de «Un casino non, une école publique oui» qu'ils ont défilé devant l'hôtel de ville. Des parents qui n'entendent pas que l'on ferme leur école et qui vont continuer de le faire savoir (lire ci-dessous). Ils ont reçu le soutien du collectif des parents d'élèves des écoles publiques de Vannes. «L'effectif est stable. Les parents sont contents. Il n'y a aucune bonne raison pour supprimer l'école Descartes» soutient son porte-parole Fabien Toulemonde. Lequel dénonce également «un manque d'encadrement dans les écoles publiques de Vannes».
Les parents ne baissent pas les bras
Hier dans le cortège de la manifestation contre la carte scolaire (lire ci-dessus). Mercredi, nouvelle mobilisation devant l'hôtel de ville. Samedi, défilé de la mairie à la préfecture, où une entrevue avec le préfet est espérée. Les parents d'élèves de l'école Catherine-Descartes restent mobilisés pour tenter de convaincre le maire et l'inspection académique. «L'inspecteur de circonscription nous affirme que toutes les écoles maternelles de Vannes voient leurs effectifs baisser. Ce n'est pas le cas de l'école Descartes dont l'effectif est stable depuis trois ans, en dépit du refus de l'inspection d'académie d'inscrire cinq enfants à la rentrée 2010 en très petite section (PS2). Ces inscriptions auraient permis d'ouvrir une classe supplémentaire. Par ailleurs, il est certain que les effectifs seront à la hausse à la rentrée prochaine avec les seules fratries des enfants scolarisés à Descartes», argumentent-ils. Les parents de l'école se disent aussi «surpris» par le projet de pôle enfance avancé par le maire qui, jusqu'à présent n'avait fait l'objet d'aucune annonce. Ils émettent donc «des doutes sur la réalité du projet».
Mutualiser les locaux
Plutôt qu'une fermeture, ils préconisent de «rationaliser la structure existante en mutualisant les locaux avec un centre de loisirs. Ce type de structure existe déjà et fonctionne parfaitement sur des écoles publiques comme Beaupré-Lalande, Cliscouët ou Tohannic à Vannes, mais aussi à Meucon et à Plescop. Les modifications du bâtiment seraient mineures et peu coûteuses». Dans leur communiqué, les parents d'élèves en appellent à «la responsabilité» du maire, David Robo: «Vous devez garantir aux parents le choix de l'école publique (qui n'accueille aujourd'hui que 36% des élèves de maternelle de Vannes), et d'assurer la pérennité de l'école de Sévigné dans laquelle les enfants de Descartes poursuivent leur scolarité. Le risque, à court terme, est d'amplifier la délocalisation vers la périphérie et donc la désertification du centre-ville par les familles».
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