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Vannes ville

Précarité. Un accueil pas vraiment froid

4 novembre 2009

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La municipalité vient d'ouvrir son accueil de jour dans les locaux du Centre communal d'action sociale (CCAS). Un dispositif hivernal apparu en 1998 à Vannes. En moyenne, de 150 à 200 personnes le fréquentent chaque année, pour quelque 1.500 à 2.000passages.

À l'approche de l'hiver, les températures viennent d'entamer leur chute, agrémentée, parfois, de pluie. Voilà pourquoi l'accueil de jour a ouvert ses portes, le lundi 19octobre, à l'attention des personnes errantes, sans domicile fixe, précaires... Sa fermeture est programmée pour la fin du prochain mois d'avril. Du lundi au vendredi et de midi à 17h30, au nº 24 de la rue Victor-Hugo, les SDF disposent, gracieusement, d'un appartement de 70m²: ils peuvent y prendre une douche, faire une sieste réparatrice, laver leur linge, réchauffer des plats récupérés auprès de certaines associations (la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour n'en citer qu'une), téléphoner et préparer divers documents, sur ordinateur, en vue de leurs futures démarches administratives.

L'État finance l'accueil à hauteur de 28.000 EUR

L'accueil de jour existe depuis 1998 dans la cité des Vénètes. Si son coût de fonctionnement annuel reste difficile à évaluer, l'État, via la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass), le finance à hauteur de 28.000 EUR. «Nous sommes dans une ville moyenne: logiquement, avec ce dispositif, personne ne doit nous échapper», assure David Robo, adjoint au maire en charge des affaires sociales, en faisant allusion au partenariat avec toutes les structures associatives. Le profil des personnes reçues, jusqu'à quinze en simultané, a évolué depuis l'ouverture des lieux: ceux que l'on appelait «routards» ont quasiment disparu de la circulation. Les jeunes sont de plus en plus nombreux et se montrent, globalement, de plus en plus exigeants.

Des cafés par milliers

Le CCAS a étudié le profil des accueillis du mois de décembre dernier. Une étude rendue possible par la fiche d'identification remplie par chaque nouvel arrivant: 51% disposaient d'un logement, 26% étaient SDF (ils vivaient en squat, dans un camion...) et ne bénéficiaient d'aucune prise en charge, tandis que 23% connaissaient l'instabilité et se trouvaient hébergés dans des structures spécifiques, chez des amis... Par ailleurs, certains d'entre eux étaient des habitués pour ainsi dire: sur 157personnes reçues, 69 étaient déjà connues de l'accueil de jour en 2007, soit 43%. Autres statistiques récoltées, celles portant sur l'ensemble de l'hiver 2008-2009: 5.478cafés, 850participations à diverses activités, 725préparations de repas, 281 douches et 157 entretiens individuels.

Une poignée de bénévoles

L'accueil de jour, c'est une équipe aussi. Jean-Claude Bastide la dirige, épaulé par une petite poignée de bénévoles. Et, à tour de rôle, deux infirmières du centre médico-psychologique de l'Établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé se déplacent pour tenir une permanence, chaque mardi après-midi. Sur les deux premières semaines de fonctionnement cette année, 30 personnes ont fait appel au dispositif, dont trois femmes. Pour une cinquantaine de passages au total.

  • Aurélien Douillard

«Une main de fer dans un gant de velours»

Pour Jean-Claude Bastide, à l'accueil de jour comme dans la rue, le respect demeure la «base de tout»: respect «des lieux, des bénévoles, des autres». Une règle qu'il s'applique aussi: «Je n'envoie jamais balader une personne. Ce n'est pas parce qu'ils sont dans la rue qu'il faut mal leur parler». Un caractère forgé par des années de boxe anglaise, cette «école de la vie». À 57ans, Jean-Claude Bastide a son petit palmarès: professionnel trois années durant, il prendra part à quatre compétitions nationales, pour un titre de vice-champion de France en 1981. Il arrêtera douze mois plus tard, auréolé de cinq titres de meilleur pugiliste breton dans la catégorie poids coq. Aujourd'hui, il entraîne au Boxing-club vannetais et, trois fois par semaine, fait monter certains de ses bénéficiaires sur le ring. Face aux personnes poussant la porte de l'appartement mis à disposition par Hugo Énergie, l'homme en impose. «Une main de fer dans un gant de velours», image, tout sourire, Jeanne Bernier, l'une des bénévoles. En plus, à sa façon, Jean-Claude Bastide a «galéré». Mais ne s'en plaint pas, loin de là. Né en Tunisie, il débarque à Orléans (Loiret), en 1956 et à l'âge de 4ans, avec sa mère italienne et son père français. La famille, sixenfants au total, est logée dans des baraquements «que les prisonniers allemands avaient construits». Pas de douche, ni de toilettes. Pour aller aux W-C justement, «il fallait faire 50m à pied», parfois dans le froid. Une décennie plus tard, arrivée dans un logement HLM, au milieu d'une «cité». Une forme de «paradis». À Vannes à partir de 1971, il se retrouve salarié, un temps, d'une une entreprise de transport: un accident de la route lui occasionne un arrêt d'un an. Un ami le sollicite alors pour intervenir au sein de l'accueil de nuit: «L'un de ses collègues avait pris une gifle et était parti en courant». Pas le genre de la maison: Jean-Claude Bastide viendra dès le lendemain et y restera six années. Avant d'oeuvrer au Foyer des jeunes travailleurs (FJT), puis, à partir de 1998, à l'accueil de jour.

Pour la nuit, trois mobile-homes sont installés du côté de la gare

En plus de l'accueil d'urgence qu'elle gère, aidée par la ville de Vannes, avec de six à huitplaces dans une maison sise au 28, rue Texier-La Houlle, l'Association morbihannaise d'insertion sociale et professionnelle (Amisep) met en oeuvre l'accueil de nuit: trois mobile-homes, disposés sur un terrain municipal bitumé, jouxtant le parking réservé aux élèves de l'Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), dans le quartier de la gare. Depuis dimanche et jusqu'au mercredi 31mars prochain, douze sans-abri peuvent dormir là, sept nuits sur sept, dans le cadre de la veille sociale assurée en lien avec le «115». Les sans-domicile-fixe sont reçus de 19h à 8h du matin et doivent se faire connaître, avant 18h, auprès de la Cellule d'accueil, d'écoute et d'orientation (CAEO), plus connue sous le nom de «Bac» et implantée sur l'avenue du Président-Wilson. Pour «réduire la promiscuité», l'Amisep est passée de deux à trois mobile-homes cette année. Une caravane, où dort systématiquement un veilleur de l'association, est installée juste à côté de ceux-ci. Durant la période hivernale 2006-2007, 86 personnes avaient passé une ou plusieurs nuits sur place (entre dix et quinze généralement). Elles étaient 97 en 2007-2008 et de nouveau 86 en 2008-2009. Le dispositif est financé par la Ddass. L'an passé, il a fait - 7º C au plus fort de l'hiver.
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«Logiquement, avec ce dispositif, personne ne doit nous échapper»

  • David Robo, adjoint au maire en charge des affaires sociales.

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