29 mai 2009
L'usine Michelin entrevoit le bout du tunnel à l'horizon du mois de juillet. «Fin juin, le pire sera derrière, affirme Pascal Lebled, directeur des ressources humaines. On devrait alors connaître une reprise d'activité, certes sans retrouver le niveau de 2008». Depuis le début de l'année, l'usine que dirige John Milsted subit les conséquences de la crise qui secoue le secteur automobile. La tréfilerie a ainsi subi de plein fouet le phénomène de déstockage généralisé chez les constructeurs... Mais si le marché a surréagi à la baisse, on peut s'attendre à ce qu'il surréagisse dans l'autre sens : «C'est le marché du remplacement qui va soutenir notre activité. Il va bien falloir remplacer les pneus usés», dit le DRH. Cela dit, il faudra attendre le début de l'été. En juin, comme depuis mars, l'activité devrait tourner au ralenti avec trois semaines d'arrêt et en moyenne huit jours de chômage pour 470personnes (*). Le reste du temps? C'est la formation qui l'occupe. Michelin n'a pas hésité une seconde pour intensifier cette alternative, qui a permis de limiter le recours au chômage partiel: seulement une semaine en mars.
30 formateurs
«Les deux tiers du personnel ont suivi une dizaine de jours de formation», indique Pascal Lebled. Elle est surtout proposée au personnel de production (520 personnes) et couvre de larges secteurs: la qualité, la gestion de production, la communication, l'environnement, l'organisation, l'économie, la sécurité et la prévention santé... Une trentaine de formateurs internes sont mobilisés. Certains sont même venus de Clermont. L'intensification de la formation est telle que parfois, les locaux viennent à manquer: Michelin a dû envoyer des groupes au Crifac, un organisme de formation voisin...
Ateliers vides, salles de réunions pleines
Drôle d'ambiance, très studieuse, dans l'usine qui tourne au ralenti: au centre de ressources, un salarié l'oeil rivé devant son écran d'ordinateur fait des maths... A l'étage, c'est une salle entière qui assiste à une formation sur la communication. Dans les gigantesques ateliers vides, trois salariés repeignent un cheminement au sol: réorganisation des zones de travail! En mai, 170 personnes ont passé une journée de découverte à Cholet et La Roche-sur-Yon pour découvrir la fabrication de pneus. Rien que pour ce mois, le total des jours de formation a passé la barre des 2.800: «C'est 2.850jours de chômage en moins», dit le DRH. Qu'en pensent les salariés? «La formation, c'est bien. Il faudrait en bénéficier plus tôt, quand on entre dans l'entreprise. On découvre certains aspects de l'usine. C'est mieux que de rester à la maison». (*) Michelin tient ce matin un comité d'entreprise où le DRH devrait annoncer quelques aménagements sur ces trois semaines d'arrêt.

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