5 février 2012
Vendredi à 18h30 au siège de la Croix-Rouge, route de Nantes. Rachid, Anne et Gilette finissent de charger le camion. Les trois bénévoles sont prêts pour la maraude, qu'ils vont terminer à 22h. Ils sont une trentaine à se relayer tous les soirs de la semaine, lorsque le plan grand froid est actionné. Celui-ci devrait être «maintenu jusqu'à la fin de la semaine prochaine», note Michèle Le Cadec, la présidente de la Croix-Rouge.
«Viens te réchauffer»
Sandwiches et viennoiserie que l'association caritative obtient auprès des grandes surfaces et commerces, eau chaude pour les soupes et les cafés, boîtes de conserve, croquettes pour les chiens, produits d'hygiène, vêtements chauds, duvets et couvertures de survie, achetés ou offerts par des associations ou des particuliers: «Le camion est bien rempli», constate Rachid, avant de prendre le volant. Direction la place Le Brix. Les premiers bénéficiaires les attendent dans la rue de la Coutume. Des habitués, qui connaissent les heures de passage. Il est 18h40, la température ne dépasse pas 0º. «Allez André, viens te réchauffer: prend un café», lance le bénévole de la Croix-Rouge. Toujours mieux que la bière qu'il tient à la main. «On repassera tout à l'heure, vous aurez des baguettes», leur promet-il. À l'entrée de Saint-Patern, une passante interpelle le camion de la Croix-Rouge pour leur signaler un SDF qui semble en difficulté. «Un nouveau, on ne le connaît pas», constate Rachid, qui lui propose une soupe. L'homme, assis à terre, demande du vin. Un coup de fil au 115 (urgence sociale) règle la situation: une place dans un bungalow près de la gare lui est assurée. «Ce qui est intéressant, poursuit le bénévole, c'est que les gens s'inquiètent, nous préviennent et nous donnent des renseignements».
«Ils ont envie de parler»
A 19h45, la température a encore perdu un degré, la barre des négatifs est franchie. Personne sur le parvis de la gare SNCF. «D'habitude, ils viennent à notre rencontre. C'est à cause du froid sans doute. On va aller faire un petit tour à l'intérieur». Anne et Gilette ont vu juste, trois bénéficiaires leur emboîtent le pas. La poignée de main est amicale, la tasse de café et le bol de soupe réchauffent le moral. La petite discussion encore plus. «Les gens ont besoin de manger quelque chose de chaud, mais ils ont aussi envie de parler à des bénévoles qu'ils connaissent bien. On leur apporte du réconfort», juge Michèle Le Cadec. Même si ce n'est que le temps de quelques minutes, au regret des bénévoles, qui doivent respecter les horaires de la maraude. À la gare, les trois bénéficiaires s'inquiètent de la météo, difficile pour les prochains jours. «On tourne tout le week-end, les rassure Anne. Le CCAS est ouvert aussi. Il ne faut pas rester enfermé, venez nous voir, pour boire un café et parler». La nouvelle paire de gants offerte touche l'un d'eux: «Merci pour votre générosité».

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